Les Brèves

  • CV

    01/02/1992 : Naissance à Montmorency

    Décembre 2013 : Prix du jury et du public au concours international de piano Boris Vian

    2019 : Quatrième album en préparation

Martin Joey Dine : Quand le jazz est là…

Le Loirétain Martin Joey Dine est l'un des artistes invités cette année à Jazz à l'évêché. Malgré ses 27 ans, le jazzman en est déjà à son quatrième album et s'est déjà produit de l'autre côté de l'Atlantique.

Gaëla Messerli

Avec son chapeau haut-de-forme et ses propos maîtrisés, devant son thé aux fruits rouges, Martin Joey Dine, qui a grandi en terre loirétaine, a l’allure du chapelier fou d'Alice au Pays des Merveilles, à moins que cela soit celle de Willy Wonka dans Charlie et la Chocolaterie. Un jeu d'images étudié. « C'est mon côté magicien », sourit-il. Pourtant, derrière le chapeau se cache bien un musicien de haut vol, qualifié depuis longtemps par les professionnels du jazz de « jeune prodige ». « C’est faux, j'ai vraiment travaillé, lâche celui qui termine son master dans quelques jours. J'ai 21 ans de piano, 8 diplômes et je termine mon quatrième album en quatre ans. Rien n'est inné, rien n'est acquis. »

« rien n'est inné, rien n'est acquis »

Ayant eu le déclic pour le jazz grâce à Charlie Parker, Martin Joey Dine est à un tournant de sa vie. Pas étonnant car, à même pas 30 ans, ce jazzman a déjà roulé sa bosse à Amsterdam ou à Philadelphie, aux Etats-Unis. De ses quatre mois américains, il dit : « j'ai pris une claque dans la gueule. Cela fait du bien de se faire remettre en place. Le niveau est très élevé. Tant mieux, je cherchais à côtoyer cette excellence. » D’autant plus que là-bas, le jazz fait vivre son homme. « On m'a appelé pour jouer une dizaine de fois », raconte-t-il. Après l'expiration de son visa, il est donc revenu à Amsterdam, « l'une des meilleures scènes de jazz en Europe. » C'est là-bas qu'il a finalisé ses études et a rencontré Marta Arpini, qu'il a invitée à se produire à Orléans avec lui. « Je sais qu'elle va sublimer mon travail », souligne-t-il.

Comme un saltimbanque

De retour en France et une fois ses examens terminés, l'artiste veut terminer son nouvel album, qu'il espère voir sortir avant la fin de l'année. Au menu : des chansons d’amour, mais aussi un morceau dédié à ses amis du Football Club de Meung-sur-Loire, décédés dans la nuit du 26 au 27 avril lors d’un violent accident à Saint-Ay. Pour produire ce disque, Martin Joey Dine a prévu de mettre en place une « troisième campagne de financement participatif », puisqu’il déplore « le manque de moyens alloués en France à la culture et à la musique jazz. »

Ce retour studieux en France marque aussi un tournant dans la vie du musicien, qui souhaiterait se tourner vers l’enseignement. Une envie de transmettre son art, mais aussi de stabilité pour celui qui travaille plus de 45 h par semaine aujourd’hui, mais pour « moins d’un SMIC. » Ce chantre du jazz, qui aime passionnément « cette musique », est d’ailleurs las de « vagabonder comme un saltimbanque », même s’il sait qu’il côtoiera toujours son lot de gares et d’aéroports : cela fait partie du métier. Cette recherche de stabilité n’est pas que financière : l’homme cherche encore sa moitié et, de manière moins romantique, un agent pour gérer ses tournées…

"J'ai beaucoup de chance "

Les projets ne manquent donc pas pour Martin Joey Dine, qui a les yeux tournés vers la prochaine conférence TEDx d’Orléans. À l’avenir, l’artiste aimerait également donner une dimension sociale à son travail. « Le jazz est une musique qui parle à tout le monde » commente celui qui a été « honoré » de jouer dernièrement à l’Argonaute. Pour l’heure, il apprécie l’instant présent. « Tous les jours, je me dis que j’ai beaucoup de chance d’être en vie et de faire ce que j’aime ! » Un plaisir qu’il partagera avec le public dans les jardins de l’évêché à Orléans, le 21 juin, à 12 h 30. ?

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