Les Brèves

  • Attention, bouchons ?

    Si le succès des filles se maintient, les infrastructures pour les accueillir ne sont pourtant pas extensibles. Certains clubs de foot refusent déjà du monde en début de saison, faute de place et de moyens pour accueillir lors des rentrées de septembre gamines et gamins confondus. Dans les Ligues, on compte évidemment sur les retombées de la Coupe du monde féminine pour faire fructifier les efforts entreprise depuis quelques années déjà. « Avec la Fédération Française de Football, nous avons signé une convention d’objectifs pour développer le football féminin, éclaire Antonio Teixeira. Nous allons être notés en fin d’année. Si on est au-dessus des objectifs, nous aurons plus d’argent. Il y aura ainsi 600 M€ qui seront distribués aux Ligues qui auront bien travaillé… » Le président de la Ligue Centre-Val de Loire prévient donc : « il va falloir être attentif, savoir fidéliser ces jeunes filles et aider les clubs. Et sur ce point, les collectivités auront leur rôle à jouer. »

Dans le Centre-val de loire, les filles touchent au but

Football en région

Le début de la Coupe du monde de football féminin en France confirme une tendance lourde depuis quatre ans : les filles sont de plus en plus nombreuses à taper dans le ballon dans la région.

benjamin vasset

On ne veut surtout pas leur porter la poisse, mais quand même : si jamais l’équipe de France de foot féminin devient championne du monde dans moins d’un mois, les clubs de foot locaux risquent d’être confrontés à un afflux de petites filles en shorts et en crampons. En 1998, les gamins rêvaient d’embrasser la carrière de Zidane ; l’été dernier, M’Bappé et Griezmann déclenchaient des vocations ; en juillet prochain, Amandine Henry, Eugénie Le Sommer ou Wendy Renard pourraient être les nouvelles idoles des jeunes spectatrices et spectateurs présents dans les stades français lors de ce Mondial 2019.

Un effet post-Mondial ?

« On va arriver à un point charnière », note ainsi Antonio Teixeira, le président de la Ligue du Centre-Val de Loire, pour qui l’essor du football féminin est déjà perceptible depuis quatre-cinq ans : « depuis la saison 2015-2016, on a pratiquement doublé les effectifs de filles. Elles étaient 4 856 cette année-là, et on en est aujourd’hui à plus de 8 000 dans toute la région. »

Et l’évolution est encore plus flagrante sur les derniers semestres. « Dans la globalité, nos effectifs ont augmenté de 2,2 % entre cette saison et la saison précédente. Mais chez les filles, cette hausse est de 10,6 % ! C’est une très belle évolution. Le football féminin a vraiment le vent en poupe. » Et toutes les catégories d’âge sont concernées : +19 % de licenciées chez les « toutes petites » (U5, U7, U9), +22 % d’augmentation chez les U12-U13, +7 % chez les U14 et les U15, +11 % chez les U16-U17-U18, et +7 % enfin chez les seniors sur l’ensemble du Centre-Val de Loire. « Et pourtant, nous sommes partis de très loin, explique le président de la Ligue. Historiquement, nous n’étions pas un territoire où le foot féminin était en pointe. Je parle par exemple du Cher, que je connais bien : en 2010, nous n’avions pas de compétitions pour les filles, pas de techniciens, c’était très pauvre. Aujourd’hui, ce département a dépassé la barre des 1 000 licenciées. »

« Chez nous, le football féminin a le vent en poupe »

Antonio Teixeira, président de la Ligue du Centre-Val de Loire

Selon Antonio Teixeira, ce boom serait d’ailleurs visible dans chacun des départements du Centre-Val de Loire, avec des effectifs particulièrement conséquents dans l’Indre-et-Loire et le Loiret, où les licenciés footeux sont déjà les plus nombreux. Petit bémol cependant : dans le Loir-et-Cher, La Nouvelle République écrivait en février dernier que le « football féminin ne décollait pas » dans ce département. « Depuis quatre ou cinq ans, on note une progression régulière de 4 à 5 %. C’est bien, mais on est largement en deçà de la moyenne nationale », témoignait un entraîneur local.

Restructurer les compétitions

Un gros travail de structuration a cependant été nécessaire pour amorcer cette hausse générale, avec une sensibilisation accrue dans les écoles, une formation accrue de techniciens et d’éducateurs, désormais aussi, un référent sur le foot féminin dans chaque district. Et comment cela se passe sur le terrain, dans un sport où l’expression « mettre ses c... sur le terrain » a traversé les générations depuis des décennies ? La mixité est en fait de mise jusque chez les U13 ou les U15 et, selon Antonio Teixeira, cela ne pose pas le moindre problème. « Le football, c’est ça : la mixité et le vivre-ensemble. » Et après ? Sur ce point, les choses sont en train d’évoluer dans l’organisation des compétitions. « Désormais, on autorise des U15 filles à jouer dans les championnats de garçons, indique Antonio Teixeira. Et ensuite, dans les départements, il y a des championnats féminins de foot à 11 mais aussi de foot à 8 pour favoriser la pratique. Chez les seniors filles, nous avons une division de régionale 1 en Centre-Val de Loire, et l’on risque d’avoir assez rapidement une régionale 2. »

Cela étant, aucun club du Centre-Val de Loire ne fait encore partie du championnat nationale de D1 féminine et, comme dans de nombreux sports, chacun sait à quel point il est important d’avoir une locomotive régionale pour créer encore davantage de vocations. Comme chez les garçons, l’USO Foot est aujourd’hui le premier club du Centre-Val de Loire chez les filles, qui se sont d’ailleurs brillamment maintenues en D2 cette année. Plus loin, Bourges aurait aussi un projet pour monter une équipe de filles de niveau D2 et Tours accueille, rappelons-le, un Pôle Espoirs géré par l’ancienne internationale Émilie Dos Santos. ?

Les Brèves

  • 2 000

    Le nombre de licenciées dans le Loiret

  • Orléans, le Loiret et le foot féminin

    En mai dernier, le stade de La Source a fait salle comble pour accueillir l’équipe de France de foot féminin lors d’un match de préparation à la Coupe du monde contre la Thaïlande. Un bel engouement, qui démontre l’intérêt du territoire pour le foot joué par les filles. Rappelons aussi que Grace Geyoro, d’origine loirétaine, joue actuellement le Mondial sous les ordres de la sélectionneuse Corinne Diacre. Laquelle avait comme prédécesseur lointain un certain Bruno Bini, né à Orléans en 1954 et sélectionneur de l’équipe de France féminine entre 2007 et 2013. Un autre nom du football local fait actuellement briller des joueuses de foot : il s’agit de Reynald Pedros, entraîneur de l’Olympique Lyonnais et double vainqueur de la Ligue des Champions avec les Rhodaniennes. Originaire d’Orléans lui aussi, international A dans les années 90, entraîneur de Saint-Pryvé Saint-Mesmin puis consultant média, Reynald Pedros avait été nommé par Jean-Michel Aulas en 2017 à la tête des filles de Lyon.