Les Brèves

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    Alternatiba Orléans est un mouvement citoyen « pour le climat et la justice sociale ». En 2019, il propose de faire visiter gratuitement tous les deux mois un lieu alternatif de l’Orléanais. Avant cette maison saranaise en paille, il avait ainsi fait découvrir le Pôle ESS de Saint-Jean-de-Braye.

La construction paille, ça vous tente ?

Un éco-lieu dans la métropole orléanaise

Le 18 mai dernier, un habitant de Saran a fait découvrir, à l’initiative de l’association Alternatiba, le chantier de construction de sa maison en paille.

B.V

Dans notre enfance, on nous racontait l’histoire d’un des trois petits cochons qui avait construit sa maison en paille pour se protéger du grand méchant loup… lequel souffla sur son habitation et dévora finalement tout cru sa proie. Entre les contes et la réalité des années 2020, il y a désormais un monde : selon le Réseau Français de la construction paille, 5 000 bâtiments sont en effet construits en bottes de paille en France. Et « l’on recense environ 500 nouvelles constructions chaque année. La filière française est la plus dynamique d’Europe. »

Dans la métropole orléanaise, un Saranais, Alexandre Porthault, s’est mis à la paille – et non sur la paille, nuance… – depuis deux ans pour construire lui-même sa maison grâce à ce matériau et en utilisant la technique du GREB. Selon le réseau Approche-Paille, un millier de constructions sont réalisées de cette façon dans le monde. Le principe est de bâtir une double ossature bois ; la paille assurant quant à elle les fonctions d’isolant thermique et de support d’enduit. Le but est évidemment de « réduire au maximum l’empreinte écologique et de consommer très peu d’énergie », explique Marion Brumelot, de l’Association Alternatiba Orléans, qui a organisé le 18 mai dernier une visite de ce chantier pas comme les autres.

Paille et toilettes sèches

C’est par le réseau Twiza, qui propose de découvrir l’éco-construction, qu’Alternatiba est tombée sur ce projet saranais, qui s’avère aussi être un chantier participatif. Alexandre Porthault construit certes sa maison lui-même, mais il se fait aussi aider par des auto-entrepreneurs et des bénévoles qui peuvent apprendre et se former à des techniques novatrices. La paille n’est d’ailleurs pas la seule caractéristique de cet éco-lieu. Des toilettes sèches sont installées aux deux étages de cette maison de 140 m2 habitables, située tout près du centre-bourg de Saran. Un sas situé juste après la porte d’entrée permet aussi de diminuer les déperditions de chaleur. Un puits canadien est en outre installé pour renouveler l’air de la maison, tandis qu’un poêle à bois est également prévu. « Mais il ne devrait que peu servir », tant la paille paraît être un excellent isolant naturel. Le projet d’Alexandre Porthault est, paraît-il, relativement accessible, puisque ce Saranais est juste un « citoyen-lambda qui auto-construit sa maison. » « C’est un projet qui est certes un peu long, mais qu’on peut faire tout seul », insiste Marion Brumelot. Évidemment, ce chantier n’est pas non plus un long fleuve tranquille, puisqu’Alexandre Porthault a également confié quelques difficultés, comme un retard qui l’a conduit à construire un mur en septembre, lors d’un mois humide, ce qui ne fait pas forcément bon ménage avec la paille… Mais cela forge aussi l’histoire d’un lieu qui devrait aussi être accompagné d’un projet de maraîchage. À Châteauneuf-sur-Loire, un autre chantier de maison en paille est actuellement en cours.

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