Les Brèves

    L’ANRU s’interroge sur… la femme

    Habitat et espace public

    L’ANRU 2, ce n’est pas qu’un programme de constructions et de réhabilitations, c’est aussi l’occasion pour la municipalité d’Orléans d’impulser une réflexion sur la place de la femme dans l’espace public…

    G.M

    La convention de l’ANRU 2 est l’occasion pour la municipalité d’Orléans d’initier une réflexion sur la place de la femme dans l’espace public et de proposer ensuite des politiques publiques. « Nous sommes attentifs à ce sujet depuis longtemps, commente Muriel Chéradame, adjointe à l’aménagement urbain et au logement à la ville d’Orléans. Dans les réunions déjà, la parole des femmes, lorsqu’elles sont présentes, est parfois moins visible. Même si elles interviennent, c’est souvent l’homme qui fait la synthèse, le portage de l’idée. Il y a une confiscation de la parole. Pourtant, les femmes sont tout autant usagères de l’espace public, parfois même plus ! Les femmes contribuent autant que les hommes à notre société. » D’où l’idée de lancer, dans le cadre de l’ANRU 2, des groupes de travail sur cette question de l’occupation par les femmes de l’espace public.

    Une première réunion est ainsi ouverte le 13 juin, de 14 h à 16 h, à la Maison des associations, place Sainte-Beuve, à La Source. « On va voir comment cela se passera. Le but est de mobiliser les associations mais pas seulement, la société civile plus largement, voir comment cibler les lieux où l’on rencontre les femmes… », commente l’élue, pour qui cette démarche pourrait être étendue, à l’avenir, à d’autres quartiers. « Villes au Carré (centre de ressources de la politique de la Ville) s’intéresse à ce sujet et va travailler dessus, ainsi que la sociologue Claudy Vouhé. » De quoi impulser ensuite des initiatives « à traduire à travers les différentes politiques de la Ville » dès fin 2019.

    Pieds d’immeubles et jogging

    Concrètement, pour l’élue, il y a un aspect sécuritaire sur lequel s’interroger, mais pas seulement. « On dit que la présence féminine pacifie l’espace public, mais c’est réducteur », tempère Muriel Chéradame, qui prend pour exemple une réflexion à mener sur l’implantation de certains commerces au pied des immeubles. « Une boulangerie, ce n’est pas la même chose qu’un café. Ce genre de lieu de rassemblement peut poser problème pour celles qui habitent à côté car, sans le vouloir, elles donnent leur adresse... Certaines jeunes femmes font des détours à cause de cela. » Autre réflexion potentielle : « on peut réfléchir une piste de jogging sécurisante pour que les femmes puissent faire leur jogging à La Source. »

    « réfléchir aussi à l’implantation des commerces »

    Une affaire à suivre, donc, mais un sujet où il existe déjà quelques données, comme le rapport sur l’égalité femmes-hommes dans les quartiers prioritaires de la Région Centre-Val de Loire de 2017 par Villes au Carré dans le cadre des Contrats de plan État-Région, qui montre que 52 % de la population des quartiers prioritaires de la Métropole sont des femmes et qu’elles sont en général plus jeunes également que dans le reste de l’intercommunalité. Des quartiers où la monoparentalité féminine est également fortement représentée, tout comme l’isolement résidentiel chez les plus de 50 ans. Les femmes y sont également plus au chômage que les hommes, alors même qu’elles y sont souvent plus diplômées que leurs voisins masculins…

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