Les Brèves

  • Vers un meilleur remboursement

    Depuis le 1er avril, le prix de certaines prothèses dentaires est plafonné et certains soins comme la pose des inlays sont revalorisés. Le programme M’T dents est proposé également à partir de 3 ans contre 6 ans auparavant (bilan et soins gratuits). « C’est un changement progressif jusqu’en 2023, qui va rééquilibrer les choses. Certains actes n’avaient pas été revalorisés depuis plus de 30 ans ! C’est bien pour tout le monde », estime le docteur Favre.

« Il nous faudrait 50 dentistes de plus ! »

UN MANQUE DE DENTISTES FLAGRANT DANS LE LOIRET

La désertification médicale dans le département ne se limite pas aux médecins généralistes : elle touche aussi les dentistes. Un point sur la situation et l’avenir de la profession avec le docteur François Favre, président du conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes du Loiret.

G.M.

Entre la difficulté de trouver un rendez-vous chez un dentiste pour un nouvel habitant et celle de se faire soigner le week-end, rare sont les personnes qui n’ont pas été confrontées au manque de dentistes dans le département. « On est dans le même bateau que les médecins, constate François Favre, président du conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes du Loiret. Et le pic des départs à la retraite ne sera pourtant atteint que dans cinq ans avec la vague des papy-boomers... »

Le département compte actuellement « entre 270 et 280 praticiens actifs, mais il nous en faudrait 50 de plus ! » Actuellement, les dernières installations de dentistes dans le Loiret sont celles de praticiens majoritairement étrangers. « Nous avons un tiers de praticiens venant de Roumanie, un tiers du Portugal et un tiers de France. » Et l’avenir, pour la démographie médicale, est justement plutôt à aller chercher du côté des facultés étrangères. « On compte sur les jeunes Français qui sont allés faire leurs études à l’étranger pour contourner le numerus clausus et souhaitant revenir s’installer, explique François Favre. Nous savons qu’ils se renseignent justement sur les zones où il y a des besoins. Notre rôle est de rendre attractif le département. »

Plus d’étudiants en odontologie ?

Une unité d’odontologie a été ouverte, il y a trois ans, au niveau de l’hôpital de La Source, permettant d’accueillir un semestre des étudiants de 6e année venant de la faculté de chirurgie dentaire de Nantes. Ceux-ci effectuent une partie de leur cursus dans l’unité d’odontologie, qui permet un accès aux soins dentaires au public, mais aussi dans les cabinets libéraux. Objectif : susciter des envies d’installations locales chez les étudiants. Pour l’heure, même si l’unité « est dans un rythme de croisière », « l’impact est assez timide » sur le plan des installations. « Il y a des collaborations, des remplacements, mais seulement deux ou trois installations en trois ans… »

« un tiers des nouveaux praticiens viennent de roumanie, un tiers du portugal et un tiers de france »

Pour le président de l’Ordre, le problème est, comme pour les étudiants en médecine, que les futurs dentistes passent finalement peu de temps dans la région orléanaise. « Ceux qui restent ont de la famille ici ou ont fait des rencontres, poursuit François Favre. Les étudiants en général s’installent plus facilement là où ils ont fait leurs études. » On en revient donc à l’éternelle absence des facultés de médecine et dentaires dans le département…

Pour tenter d’inverser un peu la vapeur, François Favre souhaiterait que l’unité d’odontologie orléanaise accueille les étudiants « une année entière », mais il voudrait aussi obtenir la venue d’étudiants de la faculté dentaire de Clermont-Ferrand, en plus de ceux de Nantes. De quoi multiplier les possibilités d’installations. Pour inciter les jeunes dentistes à choisir le Loiret, le conseil de l’Ordre compte aussi renforcer sa présence sur les réseaux sociaux et y montrer l’attractivité locale. En tout cas, pour le représentant des dentistes loirétains, ceux qui cèdent leur cabinet ont à cœur de transmettre leur patientèle à leurs successeurs.

Quid des urgences ?

Même si le département compte un hôpital et une unité d’odontologie, il n’existe pas de véritable service d’urgence dentaire, seulement un dispositif de garde, le dimanche et les jours fériés. Une activité gérée par un dentiste de garde régulateur et trois praticiens actifs du département. « Chaque praticien voit une vingtaine de patients par garde, révèle François Favre. Cela représente 60 à 80 urgences à chaque fois. C’est beaucoup d’urgences, mais l’on récupère aussi souvent des personnes qui n’ont pas pu avoir un rendez-vous en semaine dans les cabinets. Sur Orléans, arriver à trouver un rendez-vous est encore possible en cherchant, mais en campagne… »

« chaque praticien voit une vingtaine de patients par garde »

Et pourquoi ne pas ouvrir un service d’urgence à l’unité d’odontologie ? « L’unité d’odontologie n’est pas une structure d’urgence, répond François Favre. Ouvrir un service à l’hôpital a été envisagé, mais le problème reste toujours le manque de praticiens. C’est cela, le nœud du problème ! » Pour l’heure, outre promouvoir le département pour attirer de jeunes praticiens, le conseil de l’Ordre surveille aussi la mise en place du futur service sanitaire pour le cursus en soins dentaires. « Ils auront a priori une mission de prévention à effectuer autour de l’hygiène dentaire auprès des écoles, mais aussi des entreprises. » Au niveau national, l’Ordre travaille également à l’harmonisation des formations au niveau européen. « Actuellement, pour inscrire un praticien dans les conseils de l’Ordre, c’est juste un test de langue. Là, c’est un travail en concertation entre les universités et les conseils de l’ordre des différents pays. »

Les Brèves

  • Soigner les plus petits

    Si l’on recherche sur Internet, on ne découvre qu’une seule pédo-dentiste pour tout le département ! Pourtant, dans la réalité, il existe d’autres praticiens pouvant soigner les enfants. « Certains n’affichent pas cette orientation, mais peuvent les prendre en charge. Il suffit de contacter l’Ordre pour connaître leurs noms. À l’unité d’odontologie, les jeunes enfants sont pris en charge, tout comme les personnes handicapées, notamment avec l’utilisation de méopa (gaz) ou d’anesthésie. » Une évolution est en cours aujourd’hui au niveau des conseils de l’Ordre, et « les praticiens pourront faire figurer ces orientations sur leur site Internet », explique François Favre.