Les Brèves

  • Questions pour un quartier

    Si l’aménagement futur de la friche Renault-TRW a été saluée par les élus de Saint-Jean-de-la-Ruelle, elle soulève tout de même plusieurs interrogations. Et notamment parce qu’à terme, ce lieu abritera plus de 650 habitants supplémentaires dans une zone où la circulation est déjà particulièrement dense. Et ce d’autant plus que les travaux de la fameuse Cité musicale toute proche doivent aboutir, selon le vœu d’Olivier Carré, en 2022. Christophe Chaillou et Pascal Laval, son adjoint à l’aménagement, ont émis le souhait que soit requalifiée la place Paul-Bert et que l’entrée de tangentielle se transforme en « boulevard urbain ». Des études de circulation sont également menées par la métropole pour adapter au mieux les contraintes.

    L’idée des élus est en outre de jouer à fond la carte du tram et de la ligne B, dont l’arrêt Pont de l’Europe est déjà tout proche. « On veut organiser des cheminements pour se rendre à cette station, indique Christophe Chaillou. D’autre part, le parking-relais sera, lui, installé sous la Cité musicale. » Une nouvelle station Vélo + devrait également voir le jour. 

  • De 3 083 à 4 310 €

    Ce sera, au m2, le prix des futurs logements dans le quartier. Des appartements de luxe ? « Des appartements de grande qualité », préfèrent répondre les aménageurs. 

Des premiers logements sont prévus pour 2023 !

Friche Renault-TRW à Saint-Jean-de-la-Ruelle

Enfin ! D’ici à quatre ans, des premiers logements devraient voir le jour sur les 2,6 ha de la friche Renault-TRW de Saint-Jean-de-la-Ruelle, à la tête nord du Pont de l’Europe. Un serpent de mer qui traînait depuis plus de dix ans.

benjamin vasset

Il y a deux ans pile poil, lors d’une réunion publique relativement animée, Christophe Chaillou, le maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle, avait annoncé la couleur : certes, le gros du projet de réaménagement de la friche Renault-TRW avait été tracé, mais il fallait encore que le PLU soit modifié pour permettre au site d’accueillir des logements. Cela a donc été fait il y a un mois tandis que le 22 mai dernier, Renault signait une promesse de vente concernant ce terrain racheté par un groupement d’aménageurs composé de Nexity et de Sully Promotion. Le prix n’a pas été dévoilé.

La Ville de Saint-Jean-de-la-Ruelle cédera quant à elle en juillet prochain les 0,2 ha qui lui appartenaient pour une somme d’environ 350 000 €. Quelque 380 logements devraient être construits sur ce site (voir encadré), ainsi qu’un restaurant et un hôtel 4 étoiles, proche du Pont de l’Europe, qui sera confié au mastodonte Caphôtel. Reste à savoir l’enseigne qui y sera associée.

« Dix ans de travail »…

Ce sont les principales informations qui ont donc été dévoilées la semaine dernière, lors d’une conférence de presse œcuménique qui associait des élus de Saint-Jean-de-la-Ruelle, mais aussi des dirigeants de Nexity et de Sully Promotion, ainsi que le représentant de l’atelier d’urbanisme parisien 2,3,4, qui a tracé les grandes lignes du projet. « Aujourd’hui est une étape très importante, a confirmé Christophe Chaillou. Nous allons réaliser un projet superbe et magnifique, en cohérence avec ce site unique. C’est l’aboutissement de dix ans de travail. »

C’est vrai que les choses ont traîné depuis les premières études de faisabilité. Mais Renault ne s’est pas toujours montré très pressé de vendre ; et l’un des points d’achoppement consistait notamment à savoir qui paierait la dépollution de la friche, où subsisteraient encore aujourd’hui 17 poches d’huile, héritage du passé industriel d’un site où l’on fabriquait alors des boîtes de vitesse. Finalement, c’est le groupement de promoteurs et d’aménageurs qui s’en chargera, en lien avec le bureau d’études spécialisées IDDEA. Il se murmure aussi que, pour accélérer chez Renault un dossier qui lambinait sérieusement, le sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur aurait fait jouer ses relations parisiennes.

… et dix ans pour tout boucler

Désormais, le calendrier devrait donc s’accélérer sensiblement. Des premières concertations avec les riverains devraient ainsi se dérouler d’ici la fin du mois de juin, début juillet. Une agence de communication globale, Néologis, a d’ailleurs été embauchée pour déminer les problématiques potentielles même si, selon Christophe Chaillou, « il y a plutôt une acceptation assez large du projet. »

Nexity et Sully Promotion souhaitent de leur côté déposer le permis de construire avant la fin de l’année 2019. « On aimerait engager les choses d’ici fin 2020 », a confirmé de son côté Christophe Chaillou. Les premiers logements pourraient être habités aux environs de 2023, avec une commercialisation qui pourrait commencer dans un an environ. Les travaux se dérouleront par tranches, de l’ouest vers l’est. Le maire de Saint-Jean-de-la-Ruelle espère que d’ici dix ans, la friche Renault-TRW ne soit plus qu’un souvenir, et que la zone soit entièrement construite et opérationnelle. Sera-t-il encore en poste pour couper le ruban ? Ceci est une autre question.

Les Brèves

  • En chiffres

    La friche Renault-TRW laissera place à 130 m2 de bureaux

    376 logements, dont 302 en accession et 74 en social

    428 m2 de restaurants

    530 m2 de commerces dont des équipements de santé et du fitness

    2 911 m2 consacrés à un hôtel 4 étoiles de 90 chambres environ

  • Un secteur clé

    La tête nord du Pont de l’Europe fait partie de ces « entrées de ville » que les mairies veulent choyer. C’est un « point de polarité de la métropole orléanaise », expliquent ainsi les acteurs du dossier. La friche Renault-TRW se trouve également au bord de la Loire, sur un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Autant dire qu’en termes d’architecture et d’aménagement des espaces, impossible, plus qu’ailleurs, de faire n’importe quoi. Les immeubles qui seront construits ne dépasseront donc pas la cime des arbres, a expliqué l’atelier d’urbanisme 2,3,4. « Nous souhaitons être respectueux de l’environnement, a rebondi Pascal Laval, adjoint à l’aménagement à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Et nous serons à la recherche d’une labellisation éco-quartier. »

    Hors habitations et hôtel, il est donc prévu d’amener beaucoup de « vert » dans cette zone, et de « faire rentrer les paysages de Loire dans le quartier. La valeur « paysage » sera plus importante que la valeur « bâti », précise l’atelier 2,3,4. Il y aura donc un « maximum d’appartements avec vue sur la Loire » et une utilisation massive de « matériaux pérennes et qualitatifs », des « baies vitrées encadrées », des « porches ouverts sur les jardins », des jardins partagés sur les toits, etc. L’idée sera aussi de ne pas dénaturer la promenade en bord de Loire avec, pourquoi pas, un théâtre de verdure et des jeux d’escalade.