Les Brèves

  • 8 h

    C’est l’heure à laquelle ouvriront les bureaux de vote à Orléans. Ils fermeront leurs portes à 19 h. 

Un duel LAREM / RN ?

Les forces en présence

Au milieu d’une flopée de listes de témoignages, les deux mouvements politiques devraient se partager la majorité des 74 sièges (+5) de la France au Parlement européen. Une raison pour ne pas aller voter ? Sûrement pas !  


Si la France fait fort en termes de nombre de listes présentées ce dimanche aux électeurs, sachez que l’Allemagne fait mieux : 41 seront sur la ligne de départ pour briguer les 96 sièges promis à notre voisin d’outre-Rhin. Chez nos autres amis européens, on a fait plus soft : une dizaine de listes soumises au suffrage universel dans la plupart des États membres.

Le scrutin se déroule dans quelques jours, et l’on se prépare de nouveau à des records d’abstention, qui pourraient de nouveau avoisiner, voire dépasser, le seuil des 60 %. Étonnant ? Pas vraiment. Historiquement, ces élections n’ont jamais passionné les foules, qui ne connaissent pas le nom de leurs députés européens* et n’arrivent pas à saisir l’influence des décisions européennes dans leur vie. Ce n’est pas comme s’ils payaient leurs baguettes en euros ou qu’ils achetaient des produits dont les normes de production sont souvent européennes. Mais en 2019 comme en 2014 en France, l’enjeu s’est déplacé sur des micro-polémiques, comme celles menant au passé de la tête de liste LaREM, Nathalie Loiseau. Passionnant… Christine Bousquet, professeur d’Histoire et présidente de la Maison de l’Europe à Tours (voir page suivante), juge par exemple cette campagne qui s’achève comme « inexistante et sans beaucoup d'intérêt ».

Pour ou contre l’Europe ?

Il n’empêche : comme souvent aux élections européennes, de (trop) nombreuses listes sorties de nulle part se présentent devant les électeurs. Elles rejoindront l’indifférence comme elles l’avaient quitté : sans bruit aucun. Certaines pourraient même, sur le plan national, ne pas dépasser quelques centaines de voix. Et c’est tant mieux, si l’on s’attarde par exemple sur les parcours et les thèses de deux listes d’extrême-droite indépendantes, proches des milieux identitaires ou adeptes de la théorie du grand remplacement. À l’autre bord de l’échiquier politique, la liste d’extrême-gauche conduite par Antonio Sanchez n’a quasiment pas d’idées à défendre sur le plan européen. Continuer de disserter sur les chances de l’internationale communiste au milieu de posters de Lénine leur aurait certainement évité de perdre du temps.

Pour le reste, les listes ayant une vraie chance de remporter des sièges au Parlement se divisent entre les européanistes convaincus (LaRem, UDI), ceux qui insistent sur la nécessité d’une véritable politique environnementale commune à l’échelle de l’Europe (Génération.s, EELV), ceux qui veulent, à des degrés divers, sortir des traités existants ou a minima les renégocier (LFI, PC, Place Publique) ; ceux qui ont fait de l’immigration ou du respect des frontières leur cheval de bataille (Les Républicains, RN), et ceux qui veulent carrément sortir de l’Europe (UPR, Patriotes). Vont cohabiter aussi trois listes « Gilets jaunes ». Il y a enfin l’inénarrable Nicolas Dupont-Aignan, qui lorsqu’il ne pleurniche pas devant les caméras pour se plaindre qu’on ne l’invite pas, se montre l’apôtre d’une Europe de la coopération.

Pour ou contre « l’Europe de Maastricht », c’est un peu l’antienne qu’on veut nous faire gober dans cette campagne inaudible, où l’on débat à 20 sur un plateau de télévision sur la nécessité ou non de faire rentrer la Serbie dans l’UE... Or l’Europe, c’est un peu plus que ça, comme c’est bien davantage qu’une machinerie bureaucratique où l’on débat des réglementations sur la taille des bébés-poissons ou des camemberts au lait cru. Mais ça, c’est d’abord aux électeurs de le comprendre, et à leurs futurs représentants de leur faire entrer dans le crâne. Pas gagné… Jean Monnet, reviens, ils sont devenus fous ! 

* Dans l’ancienne circonscription Massif Central – Centre : Angélique Delahaye et Brice Hortefeux (LR), Karine Gloanec Maurin (PS), Philippe Loiseau et Bernard Monot (RN)

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    Pour rappel, en 2014, la liste conduite par Brice Hortefeux (UMP) était arrivée en tête à Orléans, avec 22,82 % des voix. Le FN l’avait suivi avec 16, 66 % des voix, lui-même talonné par l’Union de la Gauche (15,81 %). L’abstention s’était élevée à 57,41 %.