Les Brèves

  • À savoir

    Histoire

    De précieuses archives

    Inaugurée par le président Carnot en 1890, l’Institution possède toutes ses archives. À commencer par le testament de Gabriel François Serenne, donateur qui est à l'origine de l'Institution Serenne. « 6 à 7 personnes viennent chaque année les consulter », témoigne la directrice. « J'ai rencontré une dame âgée qui ne savait pas pourquoi elle avait été placée ici. Elle a découvert que sa mère y travaillait… » Le lieu a été très longtemps dirigé par des instituteurs publics détachés de l'enseignement, comme on peut le deviner en feuilletant les registres annotés de remarques pas toujours flatteuses pour les pensionnaires. Jusqu'en 1974, les enfants avaient également un numéro afin d'identifier leur trousseau.

    Fonctionnement 

    Une fondation 100 % orléanaise

    Chaque année, la jeune fille figurant Jeanne d'Arc vient s'habiller à l'Institut Serenne et les enfants participent au défilé. « On n’oublie personne dans la ville, insiste Valmy Noumi-Komguem, adjoint au maire d'Orléans à la santé, mais aussi président de la Fondation Serenne. Ils sont comme les autres enfants. » En effet, le lien entre l'Institution Serenne et la Ville est historique car, par voie de testament, en 1882, monsieur Serenne a fait don de sa fortune à Orléans pour créer un orphelinat.

    Particularité : l'institution a toujours été laïque, ce qui est rare dans ce domaine. D’office, le maire est également président de la fondation, mais peut déléguer la présidence à l'un de ses adjoints. Les administrateurs sont des membres du conseil municipal. Aujourd'hui, le budget de fonctionnement de l'établissement dépend du Département au tire de l'Aide sociale à l'enfance, mais la fondation continue d'aider les enfants en finançant des projets. Même si les legs sont plus rares aujourd'hui, « il y a encore des dons. » Le mécénat est, aussi, toujours présent.  

Les enfants de Serenne

Une maison d'enfants à caractère social

Depuis la fin du XIXe siècle, l’Institution Serenne accueille des enfants à Orléans. Ce lieu, qui fut à l’origine un orphelinat, est aujourd’hui la plus grosse structure d’accueil collectif du département pour les enfants confiés aux services de l’Aide Sociale à l’Enfance. gaëla messerli 


Dans le quartier Dunois, difficile de ne pas remarquer les hauts murs de l’Institution Serenne, déridés par le sourire de Monsieur Chat. Une impression qui contraste pourtant avec l’ambiance à l’intérieur du bâtiment. 70 enfants de 4 à 18 ans vivent ici. 60 % sont des adolescents, 40 % vont en maternelle ou en primaire. La majorité sont issus de familles de la Métropole, les autres viennent du département. « Ils nous ont été confiés par le Conseil Départemental. Quand ils arrivent ici, il y a la notion de danger », explique la directrice Gwenaëlle Borot. Pour certains, ce n’est pas le premier accueil, car le placement en milieu collectif est rarement le premier choix. « Cela convient pourtant bien à certains jeunes », continue Gwenaëlle Borot.

Il est loin le temps où le lieu n’accueillait que des orphelins. « Nous n’en avons quasiment plus, mais avons encore des orphelins de père ou de mère. Ils sont sous la tutelle du Département. Pour beaucoup, les parents restent les représentants légaux. La loi évolue, ils ont un droit de regard. » Un lien parents-enfants que la structure tente de préserver mais, malgré tout, « la durée de séjour d’un an et dix mois tend à s’allonger, quel que soit l’âge. » Particularité de l’établissement : il accueille les fratries. La répartition des frères et sœurs dans les unités de vie est propre à chaque situation.

Plusieurs unités de vie

L’Institution tourne 24h/24 comme une véritable petite entreprise, avec 63 personnes dont une trentaine d’éducateurs. Le lieu est découpé en unités de vie de 15 lits par tranche d’âge (filles et garçons sont séparés chez les adolescents, ndlr). Murs colorés, décoration réalisée par les enfants avec les héros d'aujourd'hui... « On essaye d’avoir une ambiance comme à la maison », indique la directrice. Salles de jeux, espaces calmes mais aussi salle informatique – sous surveillance d'un adulte – complètent l’équipement. Il y a des repas pris en commun, mais également une cuisine dans chaque unité, « où les enfants peuvent décider de faire un repas crêpes, un gâteau… »

« 63 personnes y travaillent, dont une trentaine d’éducateurs »

Et comme Serenne accueille de nombreux enfants, une lingère gère également 300 kg de linge par jour. Un espace vestiaire a même été créé, avec des vêtements rangés comme dans une boutique par Stéphanie Dupont, chargée de l'hygiène et lingère. « Quand l'enfant arrive, il peut ainsi choisir son trousseau », dit-elle. Un rôle loin d'être uniquement de la gestion du quotidien, car les enfants aiment aussi passer un peu de temps avec elle : c’est ainsi Stéphanie qui confectionne les costumes de princesses et super-héros pour les anniversaires.

Les projets ne manquent pas non plus du côté des enfants, du concours du gâteau de l'année à la collecte de produits pour des maraudes en passant par l'environnement. Des rencontres intergénérationnelles avec une maison de retraite du quartier sont aussi programmées. En outre, la Fondation Serenne (lire encadré) a financé un jardin qui devrait être opérationnel, début juin. Des travaux en matière d'accessibilité sont également prévus fin 2019-début 2020. De quoi permettre à Serenne de continuer d'accueillir les enfants dans de bonnes conditions. 

Les Brèves

  • La vie après

    Lors de notre venue en matinée, les enfants étaient absents, école oblige. Mais les sorties sont également possibles, selon l'âge. « Les enfants de Serenne sont des enfants qui ont des problèmes, pas des enfants à problèmes, même s'il peut arriver que cela arrive », rappelle la directrice. Pour ce qui est de la vie après Serenne, pour la majorité, c'est le retour en famille. « Mais il faudrait pouvoir évaluer réellement six mois après. Certains reviennent... Cela pose aussi question à 18 ans. C'est rarement une sortie en pleine autonomie. » Comme pour la plupart des professionnels de la protection de l'enfance, la proposition de loi sur l'accompagnement des jeunes majeurs vulnérables et ses conséquences sont scrutées. Tous les jeunes majeurs issus de l'Aide sociale à l'enfance ne sortent pas avec une formation en poche. « Certains reviennent demander de l'aide. L'Institution reste pour eux un point d'ancrage. »