Les Brèves

    « Je ne suis pas pour une écologie punitive »

    Jean-Philippe Grand, Conseiller municipal EELV d’Orléans et candidat aux municipales de 2020 

    Jean-Philippe Grand a annoncé très tôt sa candidature pour les élections municipales de 2020. Future tête de liste d’un arc-en-ciel politique qui pourrait recouvrir une bonne partie de la gauche, il souhaite accélérer la mutation écologique d’Orléans, sans être dans une dimension « coercitive ». Il nous dévoile ici quelques grandes lignes de son projet. propos recueillis par benjamin vasset


    Les fêtes johanniques se sont terminées il y a une semaine. Et vous voudriez les faire évoluer…

    Oui, cela fait longtemps qu’il n’y a pas eu de réelle transformation. Le 8 mai, le cortège militaire va vers les notables et ensuite, les notables défilent devant les Orléanais. On pourrait plutôt bâtir une sorte de célébration des résistances, qui soit au-delà de la simple commémoration. Il y a d’autres choses à mettre en valeur que cette image un peu virginale de Jeanne d’Arc.

    Ces fêtes sont ringardes, selon vous ?

    Non, mais il faut les rendre plus participatives. L’idée que je propose, c’est que chaque quartier puisse accueillir une délégation de chacune des villes jumelles. Par ailleurs, j’ai toujours trouvé étonnant qu’il y ait un grand secret autour de l’invité d’honneur, avec le maire qui choisit. Ce serait bien de libérer Orléans de ce fait du prince. Pourquoi ne pas proposer aux Orléanais qu’ils choisissent eux-mêmes leur invité d’honneur ?

    Vous avez annoncé votre candidature pour les municipales de mars 2020. Quand votre projet sera-t-il fignolé ?

    On se donne cet été pour le rédiger, après des votes sur notre plateforme (ddorleans.com) qui iront jusqu’au mois de juin. Ce ne sera pas un roman. Début septembre, on le diffusera. La liste, elle, sera annoncée début janvier.

    Avec quelles forces politiques allez-vous y aller ?

    L’idée, c’est de présenter une liste de gauche progressiste, avec une majorité de candidats qui ne soit pas encartée, même s’il y aura aussi des personnes d’EELV et du PS. Hayette Et Toumi va repartir, par exemple. Corinne Leveleux ? Elle se pose encore des questions. Mais elle a été très active, et sur le principe, elle est d’accord. Pour le PC, on ne sait pas encore.

    Tout va dépendre de Jean-Pierre Sueur ?

    Jean-Pierre Sueur est le représentant le plus visible du Parti Socialiste local. Il est en soutien des discussions, et je souhaite qu’on travaille ensemble. Mais ce que je peux vous dire, c’est que les places seront distribuées en fonction de ceux qui se seront le plus investis dans le projet.

    Vous confirmez que vous serez bien tête de liste ?

    Oui. Je travaille depuis un an et demi à la construction de ce projet. Je ne veux pas faire planer une sorte d’hypocrisie ou de faux suspense.

    Si vous êtes élu, briguerez-vous aussi la présidence de la métropole ?

    Non, mais je proposerais qu’il y ait un lien fort entre le maire d’Orléans et le président de la métropole, et que ce lien soit incarné à deux. De plus, en cas d’élection, je serai à plein temps dans ce mandat de maire et je quitterai mon travail.

    Donnez-nous trois idées fortes de votre projet…

    Au niveau de l’alimentation d’abord : du 100 % bio et local dans les cantines d’ici à trois ans après 2020, sans augmenter le prix du repas pour les familles. Au niveau de la mobilité : mettre en place un Plan Vélo pour organiser un vrai maillage des pistes cyclables. Nous pensons à un encorbellement sur le pont Joffre, afin de faire une passerelle et un belvédère. En outre, tout de suite après l’élection, en mars 2020, j’assure qu’on aura une vraie voie réservée au vélo sur le pont Royal. Et on attendra un an pour voir si ça fonctionne. Si ça ne marche pas, on construira une passerelle, comme la majorité actuelle l’a prévue. J’aimerais aussi que pour 20 €, et en travaillant avec des associations, chaque Orléanais puisse disposer d’un vélo recyclé, et que la Ville puisse proposer une aide conséquente au vélo à assistance électrique.

    Êtes-vous pour la gratuité des transports en commun ?

    Là-dessus, j’ai évolué. Je pense qu’il doit y avoir une gratuité pour les jeunes (étudiants, lycéens…) et pour les personnes précaires. Par contre, pour ceux qui ont les moyens, je propose qu’on diffuse une carte ou une application qui, pour 10 € par mois, permettrait de prendre tous les transports en commun, d’utiliser les services de Vélo+ et d’entrer dans les musées.

    Encore de l’incitation, mais pas de mesures chocs…

    Je ne suis pas pour une écologie punitive. La transition écologique, elle doit se faire sans remettre tout radicalement en cause. Pour certains sujets plus « nationaux » comme le FRET, oui, il faut contraindre. Mais au niveau local, il faut développer l’offre plutôt que de faire culpabiliser. Et les politiques ont les moyens d’agir : pensez qu’à Orléans, il n’y a pas de bâtiments à énergie positive…

    Enfin, votre avis sur le chantier des Groues ?

    Concernant les Groues – comme sur la ZAC Val-Ouest, d’ailleurs –, nous proposerons un moratoire : sur le territoire métropolitain, il y a plus de 3 000 logements disponibles et 74 ha de friches. On doit commencer par les remettre sur le marché. D’ailleurs, sur la question du logement, je propose un guichet unique pour accompagner les personnes qui souhaitent réaliser une rénovation thermique. 

    Les Brèves

    • CO’MET : changer sa « destination »

      Jean-Philippe Grand n’a jamais caché son peu de goût pour le projet CO’MET tel qu’il a été « vendu » par l’actuelle majorité : « on met 120 M€ dans un projet qui serait utilisé par quelques professionnels seulement. Moi, je suis pour que tous les clubs d’Orléans jouent dans cette salle, que cet équipement soit utilisé tous les jours et tout le temps. Je rappelle qu’aujourd’hui, il faudrait construire une dizaine d’équipements sportifs pour contenter les associations… »