Les Brèves

    Grégory Richard Dans le 1 000

    Après deux premiers défis sportifs, cet ancien militaire se lance dans une course à pied effrénée de 1 000 km entre Bâle et Tours. Seul, et sans assistance. Les Orléanais pourront voir passer dans leur ville, le 9 mai prochain, l'auteur de cette performance majuscule. claire seznec


    Lorsqu’on se lance dans un footing, on s’arrête souvent quand on commence à avoir mal aux muscles, aux jambes, quand on commence à avoir le souffle court. Grégory Richard, lui, n’en a cure. Il continue, encore et encore, bien qu’il se considère comme un « sportif du dimanche ». « Le corps a une résilience énorme, affirme-t-il. J’en fais peut-être trop, de sport, mais c’est compliqué pour moi de ne pas aller dans le rouge lors d’une séance. »

    Il a commencé à courir vers l’âge de 7 ans, alors jeune enfant plutôt bagarreur, un peu tête brûlée. Après une courte pause, il a repris ses baskets il y a quelques années, avec un ami, bien décidé à faire deux ou trois marathons dans sa vie. Mais quarante kilomètres, ce n’est pas assez pour lui. Depuis toujours, il rêve de faire « quelque chose de grand » sans savoir pourquoi. Ce qu’il avait dans la tête ? Parcourir 1 000 km en courant. Histoire de s’échauffer un peu, il est parti de Villandry, en Touraine, direction Saint-Brévin-les-Pins (en Loire-Atlantique), il y a deux ans, juste après le marathon de Paris. « Là-bas, j’avais trop accéléré sur les derniers kilomètres et j’ai souffert du syndrome de l’essuie-glace, une inflammation au genou, raconte-il. Mais je suis quand même parti... Jusqu’à ce que je ne puisse plus poser le pied par terre. »

    « je ne me vois pas passer mon temps dans le canapé... »

    Ce parcours, il l’a donc fait deux fois, la première à moitié, la seconde au complet. Arrivé sur le quai de la gare, avant de prendre le train pour rentrer à la maison, Grégory Richard a décidé de faire plus et de courir un 500 km. « Je n’avais pas trouvé ce que je cherchais dans cette course, précise-t-il. L’objectif, c’est le dépassement de soi, la force mentale. » Un an plus tard, il est donc reparti, toujours avec son léger mal de genou. « J’ai enchaîné 30 heures sans dormir pour ne pas arriver sous la pluie, car je dormais dehors... » se souvient-il. Cette performance semble bel et bien incroyable. Peut-être que cette résistance à la douleur et ce désir de repousser sans cesse ses limites prennent source de son parcours de vie, « pas toujours drôle », dans lequel le sport a permis de tenir bon.

    Sous la neige à Sarajevo

    Lui qui n’aime pas se sentir emprisonné et avoir des barrières s’est pourtant engagé, minot, dans l’infanterie marine. Tireur d’élite, il a vadrouillé, une à deux fois par an, en opération extérieure. Quand, à 18 ans, on mange des rations militaires, on dort sur une dalle en béton dans une salle sans fenêtre, on se douche au robinet sous la neige à Sarajevo, ça forge le mental. « Dans l’armée, la cohésion existe vraiment, on ne peut pas laisser quelqu’un sur le côté, lance Grégory Richard. Dans le civil, on n’a pas ça. Si quelqu’un se fait agresser, on ne bougera pas de peur de se faire agresser aussi. » Son expérience militaire lui sert donc toujours, chaque jour ou presque. Il sort de sa zone de confort, apprécie les choses à leur vraie valeur sans s’y habituer. Parmi les challenges qu’il s’est lancés au cours de sa vie, on compte notamment la création d’une boutique dédiée aux produits fitness, dans le Vieux Tours, il y a sept ans. Sans diplôme, sans apport financier, avec mille idées à la seconde, il a fini par s’y poser pour conseiller au mieux les sportifs. Il dit vouloir accompagner les autres, leur permettre d’avancer et de se dépasser. Par ses défis sportifs, il souhaite également motiver ceux qui n’osent pas se lancer dans la course à pied ou dans un autre sport.

    La der des ders ?

    Son dernier coup de folie a commencé le week-end du 26 avril, au départ de Bâle, en Suisse. Avant de retrouver sa Touraine le 11 mai, il devrait passer par Orléans le 9 mai prochain, et être visible sur le pont Royal et les quais. Quelques jours avant le départ de cette aventure, il se préparait à cet immense défi. « Je marche, je cours, je renforce mes muscles », détaillait-il. Cette fois, il courra pour son fils, Maël, quatre ans, son premier fan. Cette fois, aussi, cette course de 1 020 km exactement sera « sans doute la dernière ». 

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    • CV

      1977 : naissance à Tours

      Mai 2017 : court de Villandry à Saint-Brévin

      Avril-mai 2019 : va courir de Bâle (Suisse) à Tours, en passant par Orléans