Les Brèves

  • Le lac Baïkal à 360°

    Lors de son défi, Julien Ferrer aimerait également réaliser un reportage en réalité virtuelle. « J’ai toujours la frustration de vivre mes défis tout seul ou en équipe réduite, explique Julien. Cette fois-ci, j’aimerais que les gens puissent partager cette expérience avec un reportage le plus immersif possible ! Ça pourra apporter un peu de rêve à ceux qui n’ont pas les moyens de partir, ainsi qu’aux personnes handicapées ou hospitalisées… » Budget : 15 000 €.

Julien Ferrer, une vie de défi !

Projet Eole Search

Julien Ferrer, un Orléanais de 43 ans, s’est lancé un défi fou : dépasser les 120 km/h sur la banquise du lac Baïkal, tracté par une aile de kite. Afin de réussir cette prouesse en 2020 ou 2021, il vient d’effectuer une première reconnaissance sur place, en Sibérie.

mathias perez

Julien Ferrer est ce qu’on appelle un globe-trotter. Madagascar, l’île Maurice, les États-Unis, de nombreux pays d’Europe, le Maroc, la Guadeloupe ou la Martinique… cet Orléanais de 43 ans a beaucoup voyagé et pourtant, sa récente découverte de la banquise du lac Baïkal en Sibérie est de loin la plus marquante. « Dans ma vie, j’ai fait un safari au Kenya absolument génial, j’ai eu la chance de voir des paysages à couper le souffle, mais la banquise c’est réellement extraordinaire, raconte Julien, des étoiles plein les yeux. Évoluer sur la glace avec 1 642 mètres de fond sous ses pieds, c’est vraiment marquant ! » Avec ses 636 kilomètres de long, le lac Baïkal est le plus vieux (25 millions d’années) et le plus profond du monde, et il contient à lui seul 20 % des réserves d’eau douce de la planète. Mais pas le temps de faire le touriste, Julien Ferrer était en Sibérie pour une tout autre raison. Faire une première reconnaissance pour un défi un peu fou : dépasser les 120 km/h sur une banquise, avec une aile de kite et un prototype équipé de lames. « Ce défi, c’est le résumé de ce qu’a été ma vie : le mariage du sport et du voyage », explique Julien. Car en plus d’être un grand globe-trotter, le quadragénaire est un sportif accompli. Il découvre le roller à l’âge de 20 ans, le surf en 2000, le kitesurf en 2008, le parapente en 2015, le kite-mountainboard en 2018, et il pratique le patinage de vitesse depuis quelques mois au sein de l’USO short-track.

En ressortir plus fort

Julien a donc toutes les cartes en main pour réaliser son projet baptisé « Eole Search », d’autant qu’il n’en est pas à son coup d’essai. En juillet 2018, il réalisait en effet son défi « En route to Bonneville », en parcourant 150 kilomètres avec une planche et une aile de traction sur un lac asséché dans l’Utah. « J’ai peur tous les jours : de me blesser, que ça échoue, de décevoir ceux qui croient en moi… Mais cette pression, c’est aussi ce qui me fait avancer. Quoi qu’il arrive, je n’abandonne jamais, assure Julien Ferrer. Le but de ces défis, c’est aussi de renforcer mon mental et d’en ressortir plus fort. » Il faut dire que Julien a dû se battre dès le plus jeune âge. « Ma vie entière est un défi, sourit le quadragénaire. À cause de ma dyslexie, tout est plus dur. J’ai redoublé mon CP, j’ai passé un BEP puis un BAC à 20 ans. J’ai ensuite fait une école d’ingénieur pour être, aujourd’hui, cadre dans un bureau d’études. Tout s’est fait dans la difficulté, et ma réussite est uniquement basée sur l’effort. » Cette combativité, c’est ce qu’il aimerait transmettre à ses deux enfants. « Je veux leur montrer qu’il y a plein de choses à faire dans la vie, confirme Julien. Et qu’il n’y a pas d’âge pour le faire ! »

Un message écologique

Cette première reconnaissance de 8 jours a été l’occasion de tester le prototype qui sera en contact avec la glace. « Ça nous a prouvé qu’il fallait un engin un minimum dirigeable, pour que je puisse tourner à 30 degrés, raconte Julien. On va également opter pour une position allongée afin de descendre le point de gravité. Il faut aussi que ce prototype soit assez petit pour qu’on puisse l’emmener en avion. On oublie donc tout ce qui est char à voile, et on devrait plutôt se rapprocher de la street luge. » Autre point important pour Julien, l’engin sera non polluant ! « Ce défi, c’est aussi un message écologique, assure le quadragénaire. Pour les locaux, le lac Baïkal est considéré comme « la perle de la Sibérie ». Le but est également de montrer des endroits fragiles, fortement impactés par le réchauffement climatique. Nos guides nous disaient d’ailleurs qu’ils connaissaient une fin d’hiver anormalement chaude. Il y a aussi beaucoup de touristes, et la Chine exploite le lac pour son eau… »

Sur le plan technique, le bilan de cette première reconnaissance est plus que positif. « On a été jusqu’à 40 km/h avec du matériel non optimisé, raconte Julien. C’est donc très encourageant ! » Aujourd’hui, la seule ombre au tableau, c’est le budget. La reconnaissance a coûté 16 500 €, et le défi en lui-même coûtera 18 000 €. Il ne manque donc plus qu’une seule chose à Julien : trouver des partenaires financiers ou matériel. « J’aimerais également renforcer l’équipe au niveau audiovisuel pour réaliser de belles prises de vue, ainsi qu’au niveau de la construction du prototype, explique l’Orléanais. C’est avant tout un projet humain dans lequel chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. » L’appel est lancé…

Plusd'infos

Pour suivre l’évolution du défi « En route to Baïkal » : www.facebook.com/eolesearch

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