Les Brèves

  • Se faire aider ?

    Le site addictaide.fr permet de trouver un spécialiste près de chez soi. Il existe aussi des ateliers de détox numérique, lors desquels on analyse ses digi-comportements afin de veiller à ne pas tomber dans l’excès.

Veillons à nous débrancher !

Santé mentale

Dans un monde où tout est accessible informatiquement et à portée de main, un monde dans lequel la technologie est destinée à faciliter nos démarches quotidiennes, peut-on admettre que rester branché sur nos écrans en permanence peut mener à une dépendance dangereuse pour notre santé ? L’admettre, c’est admettre que l’on a une pratique déviante des écrans mais surtout une dépendance envers eux. ambre blanes


On ne saurait nier les avantages que l’on retire de la télévision, des consoles de jeux, des smartphones ou des tablettes comme des ordinateurs qui participent majoritairement à notre vie quotidienne d’aujourd’hui, parce qu’ils créent du lien social permanent et ce en dépit de toute contrainte horaire ou géographique, parce qu’ils nous permettent de communiquer dans une autre langue, de gérer notre domicile à distance, parce qu’ils autorisent une expansion culturelle sans bouger de chez soi et parce qu’ils sont au service de l’innovation en général, on nie davantage les effets néfastes de leur surutilisation. Pourtant, les conséquences telles que les ondes nocives pour la santé ou l’incapacité à prendre du recul dans le traitement des informations délivrées, notamment chez les plus jeunes (la génération X) sont clairement identifiées. Comme dit le dicton populaire : « Si Wikipédia dit que les cochons volent, alors les cochons volent ».

L’ère du numérique

Du 18 au 31 mars se tient la 30e édition de la semaine de la santé mentale, parrainée par la ministre des Solidarités et de la Santé. Le thème étant l’ère numérique, la Clinique du pont de Gien, établissement Ramsay Générale de Santé, se mobilise pour proposer des animations qui militent dans le sens d’une utilisation positive et saine du numérique, ouvertes aux patients, à leur famille comme au grand public. La Clinique Ramsay, unique dans le Loiret, est spécialisée en réhabilitation psycho-sociale et accompagne ses patients dans leur réinsertion sociale, familiale et professionnelle après un épisode de détresse psychologique (risque suicidaire, burn-out, dépression, incapacité à être autonome, expérience en hôpital psychiatrique) en travaillant l’estime/l’affirmation de soi.

L’hyperconnexion

D’après le Dr. Akhrif, psychiatre et animateur du débat Mythes et vérités sur le cyberharcèlement (21 mars à 15 h, à la clinique), il faut s’assurer en cas de dépression ou de burn-out, qu’il n’y a pas un épisode de cyberharcèlement en jeu, au travail (une quantité disproportionnée de mails à gérer, du contenu irrespectueux, dégradant ou harcelant) ou dans la vie personnelle.

« Il existe d’autres formes de stress informatique, dont l’hyperconnexion tout simplement. Beaucoup de gens ne font jamais de pause d’écran, entre leur lieu de travail et leur domicile ». Malgré la loi sur la déconnection du 1er janvier 2017 qui autorise le salarié à faire une pause numérique sur ses heures travaillées, les risques sont sérieux et la communication sur le sujet insuffisante. Une hyperconnexion aux écrans peut révéler une autre addiction ou mener à un mal-être profond dès lors qu’un sentiment de stress s’installe parce que les écrans sont coupés. L’isolement social, la perte de confiance en soi et l’irritabilité viennent se greffer sur la problématique. Les conséquences de l’addiction aux écrans peuvent aussi être physiques : alimentation et rythme de sommeil perturbés, migraine ophtalmique, mauvaise posture… Ainsi, les opérations de prévention se multiplient ; même les assureurs anticipent les conséquences de la dépendance aux écrans sur la santé, tels qu’AXA qui dispose d’un onglet à ce sujet sur son site www.axaprevention.fr. Dès lors que la place du numérique prend une place dans la vie quotidienne au détriment de l’hygiène de vie ou de toute vie sociale, il y a matière à s’inquiéter. Dans un tel cas, il ne faut pas hésiter à s’en ouvrir à son médecin traitant.

« beaucoup de gens ne font jamais de pause d’écran, entre leur lieu de travail et leur domicile »
Dr. Akhrif, psychiatre. 

Psychologue à la clinique, Priscilla Coqk rappelle : « il faut certes apprendre à se déconnecter mais aussi à gérer la connexion : il est vital de comprendre que l’estime de soi ne passe pas par le nombre de likes sur une photo, que les échanges virtuels peuvent être faussés ». Il s’agit donc de trier et remettre en perspective les informations que le cerveau reçoit. Elle souligne néanmoins la volonté de la clinique de casser les préjugés et la stigmatisation du monde numérique en prônant la réconciliation avec ses outils : « on ne peut pas être totalement déconnecté, il faut vivre avec son temps. Soit on en fait quelque chose d’effrayant et on fuit soit on essaie de s’approprier l’outil au mieux en se protégeant soi-même ». Si bien qu’un atelier jeux vidéo/tournoi de bowling sera proposé aux patients et à leurs proches, le 23 mars, pour rappeler que ce loisir reste un facteur de lien social réel et même d’activité physique. 

Plus d'infos : Toutes les rencontres sur Ramsaygds.fr et sur www.epsm-loiret.fr/lepsm/actualites/ ?idActu=3631

Les Brèves

  • La relation des adolescents au numérique

    Dans le cadre de cette semaine dédiée à l’information sur la santé mentale, une soirée ciné-débat, lundi 25 mars à 19 h 30, est organisée afin d’aborder la cyberdépendance dans la vie des adolescents au Cinéma les Carmes à Orléans en présence du Docteur Anne-Marie Brieude, addictologue et référente médicale du Centre d’addictologie Saint-Marc à Orléans. À noter aussi une soirée dédiée à l’effet des applis de rencontres, le 21 mars, à 19 h, dans les locaux du GAGL 45, 28 bis rue Sainte-Anne à Orléans.