Les Brèves

    Hélène Le Corre Un rossignol voyageur

    Arrivée en 2017 à Orléans, la soprano Hélène Le Corre entend bien faire son nid dans la cité orléanaise. Cette parisienne aux origines bretonnes a commencé sa carrière à Vienne et revient de Cardiff. Certains ont déjà pu l'entendre avec les Folies Françoises. gaëla messerli


    Ce n'est pas dans un café viennois mais dans un café orléanais que nous rencontrons la pétillante Hélène Le Corre. Orléanaise depuis 2017, cette soprano est un véritable pigeon voyageur qui a débuté sa carrière à Vienne en Autriche. « J'y suis allée dans le cadre de mon cursus, avec un échange Erasmus. J'hésitais entre les pays germanophones et anglophones. À l'époque, je ne parlais pas anglais car à la Maîtrise de Radio France, on enseignait l'allemand et l'italien. » Mais ce n'est pas une raison linguistique qui poussa la jeune femme à opter pour l'Autriche. « Une amie m'a dit qu'il y avait Helena Lazarska qui y enseignait. » De quoi convaincre cette parisienne qui a grandi dans une famille « où ma mère chantait beaucoup. » Même si ses parents n'étaient pas musiciens, ceux-ci avaient vite repéré le talent de leur fille et l'ont inscrite au concours de la maîtrise de Radio France. « À l'époque, je ne connaissais que Les Quatre saisons de Vivaldi. » Elle se formera ainsi de 1992 à 1996, au Conservatoire de Paris et en même temps à la Musikhochschule de Vienne.

    Pamina à Schönbrunn

    Celle qui a obtenu le 1er prix du conservatoire de Paris va très vite voir sa carrière démarrer au Festival Mozart in Schönbrunn où on lui confie le rôle de Pamina dans La Flûte enchantée de Mozart. « C'était un rêve. » Un agent autrichien lui propose un contrat. Le début du succès. L'époque viennoise est une période formatrice. La jeune femme chante dans les églises qui proposent régulièrement des messes de Schubert, des cantates de Bach.... « Je me suis retrouvée une fois engagée par deux maîtres de chapelle pour la même messe à deux jours d'intervalle. »

    C'est néanmoins lors d'une répétition dans le cadre d'un concert du festival de la Chaise-Dieu à Paris qu'elle rencontre son époux. « Il était anglais, vivait en Allemagne et moi en Autriche. Nous étions tous les deux des remplaçants. » Les deux artistes se marient en 1999.

    « c'était un rêve. »

    Opéra de Lyon, opéra du Rhin ou encore opéra de Berne, Hélène Le Corre déploie son talent à l'est et expérimente la conciliation parfois complexe d'une vie d'artiste avec une vie de mère de jeunes enfants. « Avec deux enfants, il est important d'avoir au moins l'un des deux en contrat salarié. À Berne, mon mari et moi l'étions tous les deux. Il finissait ses répétitions à 18h et pour moi, c'était l'heure du maquillage. Je lui donnais alors les enfants à garder. » L 'époque bernoise est cependant heureuse pour le couple. « Mon fils qui allait à l'école française a demandé à aller à l'école locale pour pouvoir jouer avec les enfants du quartier. Il a appris l'allemand en six mois. » Mais la famille déménage ensuite à Bordeaux car « mon mari a été nommé chef de chœur à l'opéra de Bordeaux. Je suis restée Freelance et passait beaucoup de temps dans les avions. Heureusement qu'il y avait Easyjet ! » Dernière destination ensuite avant de poser ses valises à Orléans : Cardiff de 2014 à 2017 avec encore un poste de son époux. « C’était très bien pour nos enfants qui ont une double culture. » Pas de regret cependant pour la soprano quand son époux est nommé à l'opéra de Paris.

    Musique de salon

    Proche de Paris, la famille est heureuse de pouvoir s'installer à Orléans. « On a réussi par miracle à installer le piano, hérité de ma tante Suzanne, à l'étage où nous répétons. » Une aïeule qui a été pianiste et lui a laissé une malle avec des partitions. « À l'époque on adaptait les œuvres même pour orchestre. » Un raisonnement qui pousse d'ailleurs la soprano vers des projets de musique « de salon, avec moins de musiciens ». Elle travaille d'ailleurs actuellement avec Patrick Cohën-Akenine et Frédéric Désenclos. Une affaire à suivre... Cette mère de famille se tourne aussi désormais vers « la transmission » et effectue le remplacement d'une professeure de chant actuellement à Chécy. Parmi les nombreux projets d'Hélène Le Corre, il y a aussi une Académie de chant, cet été, dans un festival qu'elle connaît déjà. Le rossignol semble bien avoir fait son nid ! 

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    • CV

      27 mars 1971 : Naissance à Paris

      Juin 1997 : Premier prix du conservatoire de musique de Paris

      Juillet 2019 : Académie de chant au Festival Musique en Côte de Nacre