Les Brèves

  • Des adresses refuges à Orléans

    Orléans a lancé un dispositif d’accompagnement afin de compléter les actions existant déjà pour les victimes de violences conjugales. Depuis septembre, plusieurs adresses refuges peuvent accueillir deux à trois familles pour 15 jours. 12 femmes ont été accueillies depuis la mise en place du dispositif. Un accompagnement est prévu pendant cet hébergement en lien avec le CCAS. Un lieu d’accueil pour les femmes et les enfants ayant quitté leur domicile en urgence doit voir également le jour d’ici fin 2019. Une convention tripartite (CAF, CPAM et CCAS d’Orléans) permet de faciliter aussi l’ouverture des droits des femmes accueilli en les domiciliant au CCAS. Une action, relativement rare à l’échelle des communes, qui représente une enveloppe de 100 000 € pour le CCAS.

    Informations auprès du CCAS au 02 38 68 46 48. 

Un téléphone d’urgence pour les femmes victimes

Violences

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Préfet du Loiret Jean-Marc Falcone, Nicolas Bessone, procureur de la République d’Orléans et Loïc Abrial, procureur de la République de Montargis ont signé le protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes. L’occasion de faire un point sur la situation dans le Loiret et sur les dispositifs qui existent. g. m.


En France, ce sont 219 000 femmes qui ont été victimes de violences conjugales ou de leur ex-conjoint en 2017 a rappelé Jean-Marc Falcone. 135 ont perdu la vie. Dans le Loiret, le taux de violence est plutôt supérieur à la moyenne des départements comparables selon les autorités. En 2018, dans le Loiret, ce sont 1 308 faits de violences intrafamiliales qui ont été enregistrés pour coups et blessures et dont les victimes sont des femmes. « Un nombre en augmentation certainement à cause d’une forme de libération de la parole ces dernières années. Il y a plus de femmes qui viennent déposer une plainte dans les commissariats. » Pour le procureur d’Orléans, Nicolas Bessone, même si seulement « 7 % des victimes de violences conjugales déposent plainte », la « zone grise tend à diminuer. » L’objectif du protocole est de travailler en réseau aussi bien en matière d’action en direction du public (plaquette d’informations avec numéros locaux, portail d'Accueil en Réseaux pour l'Accès aux Droits Sociaux) mais c’est aussi un moyen de former à la détection et l’orientation (fiches contacts pour les agents d’accueils des mairies, grille de repérage des violences) ainsi qu’à la prise en charge des situations, notamment pour l’hébergement. Il y a également à travers ce protocole, un volet prévention de la récidive, avec le suivi des auteurs. 43 structures ont signé ce protocole pour les années 2019-2022.

15 à 18 % des comparutions immédiates

Au-delà du protocole, il y a la poursuite des auteurs de violences par le parquet. « On diligente des enquêtes même si les victimes ne portent pas plainte. Ce qui est souvent le cas. On entend la personne et recueille la main courante. Si les faits sont caractérisés, cela donne lieu à des poursuites » a expliqué Nicolas Bessone. « La médiation pénale n’est pas tellement utilisée car il y a souvent des phénomènes d’emprise dans ce genre de situation. Lorsque nous sommes face à des récidivistes, c’est l’incarcération immédiate et pour les faits les moins graves, le défèrement et le placement sous contrôle judiciaire. »

« il y a souvent des phénomènes d’emprise dans ce genre de situation »
Nicolas Bessone, procureur de la République d’Orléans.

Les représentants de la Justice observent également une plus grande activité sur le tribunal de Montargis que celui d’Orléans « comme pour les délits routiers. À Orléans, ce type de violence représente 15 à 18 % des comparutions immédiates et à Montargis, un peu moins de 25 %. »

Un téléphone "grave danger"

Parmi les dispositifs mis en place, dans les cas les moins graves, il existe des stages de sensibilisation des auteurs. « Il s’agit surtout de peines complémentaires. Nous en organisons 67 par an. Cela donne de bons résultats en matière de récidive. » Au-delà de l’action judiciaire, il existe aussi un dispositif, mis en place depuis 2016 dans le Loiret : le téléphone « grave danger. » Il s’agit d’un téléphone équipé d’un bouton d’urgence permettant l’envoi des services de police sans passer par le 17 et avec un traitement prioritaire. Il y en a actuellement cinq dans le Loiret, trois au niveau du Tribunal d’Orléans et deux au niveau du Tribunal de Montargis. Pour l’heure, le dispositif n’a pas été activé mais « dans l’un de mes précédents postes, une femme l’a activé alors que son ex-compagnon était derrière la porte avec une arme. L’affaire a fini aux assises pour tentative d’assassinat. Là, nous avons un cas, où l’ex-compagnon sort de prison en avril et son ancienne compagne va en être équipée » explique Loïc Abrial, le procureur de Montargis. Le dispositif ne concerne pas toutes les affaires, « il faut qu’il y ait une interdiction au niveau juridique de rentrer en contact avec la victime et l’aspect grave danger doit avoir également été évalué. » 

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  • Des numéros utiles

    • Le lieu d’accueil et d’écoute du Loiret
    Dispositif partenarial (Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF) du Loiret et Aidaphi)

    55 rue du Faubourg Saint-Vincent - 45000 Orléans 
    Tél. : 02 38 52 10 10 

    • Le 3919 : ligne d’écoute anonyme et gratuite

    • Hébergement d’urgence du Loiret : le 115

    • Dépôt de plainte dans les commissariats ou à la Gendarmerie.