Les Brèves

    Les chiens d’Orléans sortent en meute !

    Création

    C’est une nouvelle marque d’appartenance qui émerge avec des supports multiples : vêtements, goodies, bières... Et d’autres à venir. Pour Mylène Bruno, une phrase a suffi pour faire émerger l'initiative. Lancée en novembre dernier, ce sont déjà 18 000 pièces qui ont trouvé preneur. Et c’est juste un début visiblement. philippe hadef


    Créer une marque qui soit également un signe d’appartenance territorial avec une exigence de laïcité qui, de fait, mettait sur le bas-côté Jeanne d’Arc, emblème majeur et internationalement reconnue d’Orléans, voilà un pari complexe...

    Mylène Bruno a pourtant porté cette idée en espérant trouver cet élément distinctif que personne ne pourrait lui contester. Et c’est un jeune inconnu qui va la mettre sur la voie en clamant fièrement : « Je suis un chien d’Orléans, et j’en suis fier ». Le déclic était là.

    Si l’histoire retient, pour définir les Orléanais, ce terme ainsi qu’un second aussi piquant que la guêpe (logo aujourd’hui utilisé par l’USO Football), c’est bien ce canidé qui deviendra le signe distinctif « laïque » du territoire.

    Faisons un peu d’histoire...

    Une appellation dont les origines sont diverses avec parfois une connotation des plus négatives même si plusieurs textes évoquent le bruit des canons (une forme de canon spécifique appelée chien) de la forteresse orléanaise lors de la guerre de Cent Ans et notamment du blocus anglais organisé autour de la ville et du fleuve. D’ailleurs n'y a-t-il rien de plus fidèle qu’un chien ? Il y aurait d’ailleurs là, dans la fidélité au roi lors de cette tragédie européenne, une autre explication avancée pour comprendre le sens profond de ce terme.

    Mylène qui se présente comme la femelle alpha de la meute des chiens d’Orléans qui, pendant des années, a œuvré comme journaliste reporter d’images pour des télévisions locales, France 4 ou encore Eurosport, avant de se lancer dans le tatouage à Châteauneuf-sur-Loire, n’hésite pas à évoquer ces sens multiples pour ceux, peu nombreux à vrai dire, qui s’interrogent sur cette facette que certains estiment peu glorieuse.

    Une éthique de fabrication

    Mais tout ne se résume pas à la marque. L’éthique que porte Mylène est aussi l'un des atouts qu’elle met en avant « les produits locaux ou, pour le textile notamment, je suis très vigilante sur les conditions environnementales et sociales de la fabrication ».

    Pour mener à bien son entreprise, il a bien évidemment fallu trouver une part de trésorerie complémentaire. Et malgré un projet qui aurait pu être regardé avec scepticisme, « mon banquier a été enchanté de l’idée et il n’a fallu que cinq minutes pour avoir un avis favorable ».

    L’aventure a d’abord débuté par la mise en place d’une ligne complète reprenant le nom de la marque et en y associant diverses races : un chiot labrador, un doberman, un chihuahua ou encore un bull terrier... Très vite les goodies sont sortis des cartons avec notamment le logo ajouté au dos #JeMords.

    Mylène est aussi adepte des partenariats. C’est le cas notamment avec un brasseur d’Outarville qui vient ainsi de sortir une bière blanche sous la marque « Les chiens d’Orléans » laquelle a été goûtée officiellement la semaine dernière au Blue Devils, place du Châtelet.

    Des distributeurs qui se multiplient

    Le succès, lui, ne s’est pas fait attendre et la meute n’a fait que grossir au fil des jours. Depuis le 28 novembre 2018, date de la première vente, ce sont aujourd’hui 18 000 produits qui ont été vendus. « J’ai été particulièrement bien accompagnée pour la réalisation de la collection par la société Brodelec, leader sur le marché de l’impression textile numérique et qui m’a prodigué de précieux conseils ».

    Restait ensuite à se faire connaître et le bouche-à-oreille a très bien fonctionné car la femelle Alpha de cette meute sait aussi être piquante quand il s’agit d’évoquer Jeanne d’Arc en relayant notamment une boutade sur ses dernières heures : elle s’est éteinte deux heures après sa mort !

    Mais pour autant, Mylène ne ressent aucune animosité autour d’elle, y compris des membres de la ville qui ont salué récemment son initiative.

    On serait même plutôt bienveillant à son égard comme elle a pu le constater car si une boutique avait vu le jour, c’est maintenant sur Internet d’une part que l’on trouve la version dématérialisée de l’ancien lieu situé rue des Clés et plusieurs partenaires distribuent dorénavant comme La Factory, BioCoop et Le Shop. On imagine d’ailleurs que cette liste ne va que grossir au fil des semaines et des mois à venir.


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