Les Brèves

    Unité médico-judiciaire : protéger les victimes

    Protection de l’enfance

    Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de la protection de l’enfance, nommé fin janvier, a visité et assisté à la présentation d’une audition dans l’unité médico-judiciaire du CHRO. Vitre sans tain, visio-conférence mais aussi protocole adapté… tout est fait dans cette unité pionnière en France pour une meilleure prise en charge des petites victimes. G.M.


    Rien ne peut distinguer de prime abord l’unité médico-judiciaire pour les mineurs, créée en 2008 au sein du CHRO, tant la décoration et les jouets ressemblent au reste des services pédiatriques. Tout est fait ici pour permettre aux petites victimes d’être auditionnées et examinées dans les meilleures conditions. En effet, depuis 2013, une salle d’audition permet aux policiers de poser leurs questions en utilisant la vidéo pour enregistrer les réponses de l’enfant. Une vitre sans tain permet à un autre enquêteur de transcrire. Point d’uniforme, pour ne pas heurter la sensibilité des petits. Objectif : permettre une synthèse pour la justice tout en évitant à l’enfant de revivre ce qu’il a subi et surtout de devoir lui faire répéter plusieurs fois. « Il peut avoir l'impression que l'on ne le croit pas dans ce cas et se refermer » témoignent les personnels de ce service particulier.

    Des clowns dans le service

    Pédiatre et psychologue prennent ensuite le relais pour l’examen médical et aider l’enfant de deux ans jusqu’à l’adolescence. « Si un placement est décidé, parfois nous les hospitalisons 24 à 48 h, le temps de trouver une place en famille d'accueil » témoigne Barbara Tisseron, pédiatre et chef de ce service. L’an dernier, 793 réquisitions ont été faites avec ce dispositif et 196 auditions n'ont pas donné lieu à des poursuites. Autre particularité du lieu, l'intervention des clowns de l'association Le Rire médecin. « Ces enfants ont le droit aussi de rire » explique la pédiatre. « Leur intervention par contre est étudiée. Ils arrivent dans le service et s'adaptent aux réactions de l'enfant. Parfois, ils nous aident à ce que l'enfant entre dans la salle en cachant des nez de clown dedans. » Pour Nicolas Bessone, le procureur d’Orléans, ici « la Justice fait son travail sans aggraver les préjudices des uns et des autres. »

    Un équipement au Tribunal

    Au sein de l'unité, la visio-conférence permet aussi d'effectuer une confrontation entre l'enfant et l'auteur présumé des sévices, qui lui se trouve au commissariat. À Orléans, les enfants ne témoignent pas à la barre et la synthèse de l'audition réalisée dans l'unité médico-judiciaire est présentée. « Le CD peut toujours être visionné mais il est rare que la Défense le demande car c'est souvent plutôt à charge » observe Nicolas Bessone. Il n'y a que pour les adolescents qu'assister au « procès peut avoir parfois un intérêt cathartique lorsque l'accusé reconnaît notamment l'inceste. Dans l'ensemble, ce n'est pas des années de prison que les enfants recherchent mais qu'on les croit ! » Toujours dans l'idée de protéger au maximum l'enfant, Martine Brousse, présidente de l'association La Voix de l'enfant a annoncé lors de la visite du secrétaire d'État, le financement d'un dispositif de vidéo-conférence au tribunal d'Orléans. Pour Adrien Taquet qui souhaite généraliser les méthodes utilisées ici, « ce genre de dispositif innovant est absolument nécessaire. Se pose aussi la question du recueil de la parole des personnes handicapées. Il faut que l'environnement s'adapte à la victime ! »


    Les Brèves

    • Accompagner à la parentalité

      Adrien Taquet, secrétaire d'État à la protection de l'enfance a annoncé la présentation « d'une stratégie plus précise d'ici l'été » ainsi qu'une volonté de développer la prévention, « notamment par l'accompagnement à la parentalité lors de l'entretien du quatrième mois de grossesse. » Pour développer cette stratégie, il souhaite également observer ce qui existe chez nos voisins anglais mais aussi aux Pays-Bas et au Québec.