Les Brèves

    Et la dette, on en parle ?

    À chaque réaction gouvernementale à une crise, comme celle née des gilets jaunes, la réponse est souvent financière. Une augmentation par-ci, une baisse par-là, une annulation de taxe... et nous voilà repartis dans le brouillard épais de l’endettement.

    Alors qu’à chaque élection on nous rebat les oreilles avec le gouffre de la dette, on continue à distribuer à tort ou à raison en sortant de la politique prévue initialement et validée par le peuple – qui pour une part ne lit pas les programmes et ensuite s’indigne –. Finalement chacun semble croire que cet « endettement » devenu pourtant structurel est de ces épouvantails que l’on sortirait pour éviter de répondre favorablement à certains besoins qui s’expriment.

    Cet endettement est-il soulevé lors des grands débats ? Il n’est en tout cas pas au centre des discussions et cette faute est partagée.

    Pourtant, et c’est la Cour des comptes qui le souligne dans son rapport remis en ce milieu de semaine, la situation est préoccupante et la trajectoire financière du gouvernement l’est tout autant.

    Alors certes, les événements récents avec leur lot de manifestations à répétition n’ont rien arrangé : perte de chiffre d’affaires, chômage technique et probablement une flopée de TPE qui n’ont pas pu survivre au chaos... Ce sont autant de recettes en moins et autant de dépenses supplémentaires.

    Mais c’est aussi et surtout une croissance qui se ralentit et des perspectives d’avenir qui deviennent plus floues à mesure que le cap évolue vers plus de dépenses.

    Si je ne suis pas favorable aux référendums à répétition – ce qui n’engage que moi – j'aimerais néanmoins que le citoyen ait un regard plus vaste, qu’il appréhende avec un peu plus de précision l’organisation même de notre démocratie et finalement, comme dans chaque foyer, on soit en capacité de penser en fonction de nos moyens et de notre capacité à gérer la dette. Il ne faudrait pas, en effet, que les citoyens tombent dans la même dérive que nos élus d’hier qui annonçaient raser gratis sans en préciser les conséquences.

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