Les Brèves

  • CV

    3 mars 1962 : Naissance à Lille

    Septembre 2014 à août 2018 : Conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de l’Institut français de Pologne.

    Septembre 2018  : Arrivée comme conseiller diplomatique auprès du Préfet de région Centre-Val de Loire.  

Stanislas Pierret : Le goût des langues

Il parle dix langues différentes et a tourné dans un film sélectionné pour les Oscars, le nouveau conseiller diplomatique auprès du Préfet de la région Centre-Val de Loire a passé l’essentiel de sa carrière à l’Est de l’Europe.

Gaëla Messerli

Installé depuis septembre comme conseiller diplomatique auprès du Préfet, Stanislas Pierret est diplômé de l’école de Langues orientales et d’un DEA de philosophie. Un profil habituel que l’on croise peu dans les couloirs des préfectures. Son rôle : un conseil diplomatique auprès du préfet mais également un rôle d’influence au niveau culturel comme économique grâce à une expertise acquise à l’étranger… et un bon carnet d’adresses. Du « soft Power » allant de l’invitation à l’ambassadeur de Pologne pour rencontrer les différentes collectivités et universités de la région mais aussi des entreprises exportatrices à la visite du président du parlement chinois, arrivé en dernière minute. Des langues, de la culture, de l’économie et surtout de la diplomatie ! Né dans le Nord de la France, c’est avec le russe que Stanislas, fils de médecin dans une fratrie de six enfants, développe son goût pour les langues étrangères. « À l’époque, le russe était dans sa période de gloire comme le grec à un moment et permettait d’aller dans une bonne classe. Beaucoup de mes camarades avaient sinon des parents communistes. Dans mon cas, ce n’était pas par idéologie familiale. » Pour ce qui est des autres langues, il les apprendra au fil de chacun de ses postes. « J'ai des amis partout ! Quand on s'occupe de l'influence, on ne peut pas porter un projet si l'on ne parle pas la langue ! »

La conquête de l'Est

Mais c’est son séjour à Prague comme volontaire international en service de coopération qui va lui donner l’envie d’entrer dans la diplomatie. « Je me suis mis au tchèque, j'avais beaucoup de relations dans les milieux artistiques et de la dissidence. » De retour à Paris, il fonde l’Association Le Pont Neuf, une institution qui offrait des bourses aux jeunes des pays de l’Est et de l’Europe centrale « qui avaient envie de construire l’Europe ! » Stanislas devait ensuite partir pour la Russie mais finalement « cela a été Prague » comme directeur de l’Institut Français puis Budapest et la Turquie. « C’était compliqué car c’était la période de la reconnaissance du Génocide arménien. On se servait beaucoup de la culture. » La période 2008-2010 n’est pas non plus facile pour celui qui se retrouve commissaire général de la Saison de la Turquie en France avec un changement de président de la République entre-temps. Direction la Roumanie, « un pays composé d’une mosaïque extraordinaire de communautés : Turcs, Saxons, Hongrois, vieux Russes… Un pays avec un potentiel fort et une vraie francophonie. »

« servir la france est à la fois une chance et un honneur ! »

La possibilité d'une île

La dernière escale de ce parcours diplomatique à l’Est avant d’atterrir en région Centre-Val de Loire sera la Pologne jusqu’en août dernier. Un retour bienvenu car « la France change, la loi NOTRe donne un rôle important aux Régions, c’est intéressant et utile. Le potentiel de la région est intéressant au niveau du patrimoine naturel, historique et religieux mais aussi sur le plan universitaire et économique (pharmacie, luxe) » Pas mal aussi pour la famille qui est contrainte à une forme de nomadisme. « L’un de mes fils est à l’AJC Nice et aimerait devenir professionnel, on l'accompagne. » Ce nouveau Loirétain a cependant depuis longtemps un port d'attache : Belle-Île. Un lieu où il a construit « après la chute du mur de Berlin, une maison atelier » où il aime peindre. Mais là n'est pas son seul violon d’Ingres, Stanislas Pierret a également joué dans Lost in Munich, un film de Petr Zelenka, présenté en compétition aux Oscars ! À cela s'ajoute également une plume avec la publication de deux romans. Pour ce qui est de l'avenir, le conseiller diplomatique imagine qu'il sera certainement dans quelques années à l'étranger. Et s'il devait choisir sa future destination ? Il évoque les Balkans, le Caucase ou l'Asie centrale. « Les diplomates se réinventent tout le temps. Servir la France est à la fois une chance et un honneur ! » Pour l'heure, Stanislas Pierret a rendez-vous avec l'Ambassadeur de Pologne.

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