Les Brèves

  • Quelques chiffres !

    Alors que le taux des personnes âgées de 65 à 69 ans qui utilisent Internet est en progression, le nombre d’utilisateurs diminue nettement à partir de 70 ans. Il est de 66 % pour les 70-74 ans, 50 % pour les 75-79 ans, 38 % pour les 80-84 ans, et seulement de 13 % pour les plus de 85 ans (source CREDOC). Pour ce qui est du bus numérique en région Centre-Val de Loire, la moyenne d’âge des participants est de 70 ans, mais la doyenne a 93 ans ! À noter que le projet a coûté 495 000 €.

Seniors, en route pour le numérique !

Le bus numérique

Depuis maintenant un an, le bus numérique sillonne la région Centre-Val de Loire avec un seul but : accompagner les retraités dans l’apprentissage du numérique. Rencontre avec Quentin Plessis, son formateur, lors de l’escale à Saint-Denis-en-Val !

Mathias Perez

À l’heure où la plupart des démarches administratives se font en ligne, être « déconnecté » constitue un véritable handicap, et la maîtrise des nouvelles technologies devient donc incontournable. Face à ce constat, et dans le cadre de leur promotion du « bien vieillir », les caisses de retraite (Carsat, MSA, RSI, CRCAS Agirc Arrco) ont fait appel à la société Solutions Vie Pratique pour animer des ateliers numériques gratuits dans un bus itinérant. À bord de celui-ci, douze postes informatiques font face à un écran géant devant lequel un formateur prodigue ses précieux conseils. Sur le toit, une antenne satellite lui permet d’être connecté sur tout le territoire.

La région Centre-Val de Loire se classe parmi les régions les plus âgées, et les seniors restent les moins équipés en outils informatiques par rapport au reste de la population. Ils peuvent donc avoir besoin d’un accompagnement pour s’approprier les différents appareils, et être guidés dans leur utilisation.

« Vous n’êtes pas nuls ! »

« Le matin, nous proposons une session d’initiation pour les grands débutants, explique Quentin Plessis, le formateur du bus numérique. On reprend tout à zéro en apprenant à maîtriser un clavier et une souris. Certains sont véritablement tétanisés devant un ordinateur. Le but est donc de les rassurer, et de leur montrer qu’ils sont tout à fait capables. » L’après-midi, place à l’atelier de perfectionnement. Au programme : consulter sa messagerie, envoyer ou télécharger une pièce jointe, Google Traduction, et bien d’autres sujets… « Le programme reste très souple, précise Quentin. Je commence toujours par faire un tour de table, et je personnalise ensuite la formation en fonction des besoins et des souhaits du groupe. » Ce jour-là, à Saint-Denis-en-Val, les huit participants avaient en effet de nombreuses interrogations, et tous avaient une peur bleue du piratage informatique et des achats en ligne. « Mon but est justement de les rassurer à ce niveau-là, et de leur prouver qu’Internet n’est pas si dangereux que ça, raconte le formateur. Je leur montre donc comment faire des achats sécurisés, tout en leur expliquant comment déjouer les arnaques. » Un enseignement qui semble d’ailleurs porter ses fruits. « J’ai Internet mais je m’en sers très peu, explique Armelle, une participante de 70 ans. J’avais vraiment peur d’appuyer sur de mauvais boutons. La formation m’a fait beaucoup avancer et j’en ressors bien plus confiante. » Monique, quant à elle, est heureuse d’avoir découvert le site BlaBlaCar, et compte bien l’utiliser pour aller voir son fils dans le midi. « Faites vous confiance, répète Quentin tout au long de ses ateliers. Vous n’êtes pas nuls, vous êtes juste débutants. De toute façon, on ne fait jamais de vraies bêtises sur Internet, et je n’ai jamais vu d’ordinateur exploser parce qu’on avait appuyé sur les mauvais boutons ! »

Un lieu intimiste

Francis, 80 ans, ressort également satisfait de la formation. « Internet est devenu véritablement indispensable, et je vais pouvoir maintenant y consacrer bien plus de temps, sourit l’octogénaire. C’est un outil vraiment sensationnel ! » Même enthousiasme chez Monique : « C’était parfait ! L’atelier était vraiment intéressant, et le formateur était très clair ! ».

Infographiste et web-master de formation, Quentin est formateur depuis maintenant sept ans. Avant de travailler pour le bus numérique, le trentenaire formait déjà des retraités. « Ils n’ont pas les mêmes attentes que les professionnels, explique Quentin. En formation pro, on a un déroulé et on s’y tient. Alors que là, il faut être bien plus à l’écoute des gens, et on est obligé de s’adapter à eux. »

« Le but est donc de les rassurer, et de leur montrer qu’ils sont tout à fait capables. »
Quentin Plessis, formateur du bus numérique

Une question se pose alors : comment solliciter la venue du bus ? Les mairies, les associations ou tout autres partenaires qui souhaitent accueillir le bus sur leur territoire peuvent en faire la demande directement auprès du coordinateur à l’adresse suivante : contact45@sas-svp.fr. Pour les particuliers, les inscriptions se font en mairie. Son concept de bus itinérant rend la formation accessible à tous, quel que soit le lieu géographique, même dans les zones rurales très isolées. À noter d’ailleurs que le bus est équipé d’une plateforme d’accès aux personnes à mobilité réduite. « Le but est également de ramener un peu de lien social entre les gens, assure Quentin. C’est important d’être à l’écoute des participants et de les mettre à l’aise. D’ailleurs, le bus a un petit côté intimiste. C’est un lieu clos, dans lequel personne ne nous voit, et qui prête donc à la confidence. » Le bus numérique est malheureusement victime de son succès. Il est en effet complet jusqu’à mi-avril, et aucune nouvelle date n’est encore annoncée pour le Loiret.

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