Les Brèves

    Un salaire... en or

    Le grand débat national vient de prendre une première gifle. Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public, vient en effet de se faire épingler pour son salaire d’un peu moins de 15 000 euros brut. Un scandale pour celle qui a vocation à organiser et animer cette consultation des citoyens ?

    Ce qui est véritablement un scandale, ce n’est pas tant le salaire de l’ancienne ministre. C’est le fait qu’une fois sa rémunération dévoilée, cela bruisse dans les coulisses du monde politique pour finalement pousser celle qui a la légitimité, la mission et le salaire pour mener ce débat national à s’en écarter. Est-ce que cela réduira son salaire ? Non, évidemment car celui-ci n’est pas en lien direct avec le sujet qui va nous occuper théoriquement durant les trois prochains mois. C’est bien sa présidence de la Commission nationale du débat public qui lui assure cette rémunération.

    La voilà donc déchargée de cette lourde tâche. Faudra-t-il salarier une autre personne pour en démêler les premiers nœuds ? Ce serait bien là que la situation deviendrait totalement scandaleuse.

    D’autant que cette « échappée belle » de Chantal Jouanno arrive quelques jours avant le lancement de cette consultation encadrée. Une consultation dont tous pourront, grâce à un kit prévu à cet effet – et théoriquement disponible à partir du 15 janvier –, s’emparer pour organiser des réunions et faire transiter les doléances.

    Et si le débat devait initialement s’appuyer sur les communes pour soi-disant faire vivre dans la proximité ce grand questionnement national d'introspection, il est loin d’être certain que les maires de toutes les villes viennent animer ce débat très politique au-delà de la mise à disposition d’un cahier de doléances. D’ailleurs ne serait-ce pas aux représentants de la majorité présidentielle de venir animer eux-mêmes des réunions département par département ? Cela aurait au moins le mérite d’être aussi un débat interactif avec la population qui légitimement peut se poser la question de l’orientation réelle de la politique gouvernementale.

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