Les Brèves

  • CV

    7/09/1956 : Naissance à Orléans.

    1975 : Figuration de Jeanne d’Arc

    2016 : Présidente d’Orléans Jeanne d’Arc

Bénédicte Baranger : Jeanne pour tous !

Ancienne Jeanne, animatrice de pastorale… Bénédicte Baranger, la présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc qui organise la désignation de la jeune fille figurant Jeanne d’Arc lors des fêtes, défend une Jeanne universelle. 

Orléanaise pur sucre, Bénédicte Baranger assume très bien ce pedigree mais rejette en bloc l’image de quelqu’un confit dans « une tradition étriquée ». Par contre, la présidente d’Orléans Jeanne d’Arc baigne dans les fêtes johanniques depuis le berceau. « Je me souviens de mon premier défilé, j’avais 6 ans et je portais une jupe à ceinture rouge de gymnaste de l’Arago. J’ai ensuite défilé avec les Scouts et Guides de France, les Scouts d’Europe, les Paroisses… » Et en 1975, c’est elle qui figure Jeanne d’Arc. « L’invitée d’honneur était Madame Giscard d’Estaing. » Dès lors, le premier pas est fait pour entrer dans l’association Orléans Jeanne d’Arc, d’abord avec de petites tâches puis plus officiellement, en même temps que Marie-Christine Bordat-Chantegrelet (Ndlr : l’ancienne présidente d’Orléans Jeanne d’Arc) en tant que vice-présidente de l’association. Fille de tailleur, Bénédicte Baranger a toujours adoré les étoffes et la couture. « Pour moi, c’est un art ! » Un talent précieux qui lui permit d’œuvrer longtemps aux costumes du défilé. Au-delà de l’association, Jeanne d’Arc a toujours fait partie de la vie de cette mère de quatre enfants et treize petits-enfants. « Ma grand-mère avait une véritable dévotion pour la sainte et on chantait la cantate à l’étendard à tous les repas. »

De la comptabilité à la Pastorale

Côté scolarité, l’Orléanaise n’a pas grand goût pour les manuels et a passé un « Bac G2 en comptabilité. J’étais plus artiste car j’aimais la danse, le dessin, la gym et la couture » explique la fille d’artisan qui n’a pas été encouragée dans cette voie par sa famille. Après avoir été formée à Saint-Charles, Saint-Aignan et Saint-Paul, Bénédicte Baranger travaillera en cabinet comptable puis en préfecture et au syndicat des agents d’assurance. « Je m’occupais du secrétariat et de la formation. » Celle qui fêtera ses 40 ans de mariage, l’an prochain, a rencontré son époux en œuvrant dans une association luttant contre la mucoviscidose. Avec les naissances de ses enfants, la mère de famille cherche un poste permettant de les accompagner dans leur quotidien. « Par hasard ou providence, j’ai envoyé ma candidature à Sainte-Croix. Je pensais faire de la comptabilité mais ayant été responsable de scouts pendant 20 ans, on m’a proposé la Pastorale des jeunes » explique celle qui a fermé, après 16 ans de service, la porte de son bureau, le 20 décembre, pour partir à la retraite. « Au-delà de la question de la foi qui est personnelle, c’est une ouverture culturelle extraordinaire ! On échange avec les familles et l’on a un autre regard sur les jeunes que les professeurs. » Une vision qu’elle applique aussi à la Pucelle. « Jeanne d’Arc est à tout le monde ! Les valeurs qu’elle incarne sont universelles » lâche la présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc, après une année sous les feux des médias et des insultes racistes avec Mathilde, la jeune fille orléanaise d’origine béninoise qui a figuré Jeanne en 2018. Désormais, l’annonce de celle qui figurera Jeanne en 2019 se profile, avec une présentation attendue fin janvier. Quant à une éventuelle venue du Pape comme invité d’honneur des célébrations de 2020, « je l’espère très fort et j’y crois ! Jeanne incarne des valeurs d’attention à tous, de la jeunesse... Pour les catholiques, c’est une grande sainte et la patronne en second de la France. Les fêtes johanniques d’Orléans sont la réunion des trois ordres, c’est exceptionnel ».

« on chantait la cantate à l’étendard à tous les repas. »

Bénédicte Baranger regarde aussi les projets de musée d’Orléans qui laisseraient toute sa place à la libératrice de la ville mais est déjà bien occupée avec les fêtes de 2019 et celles de 2020. Une retraite bien pleine entre un voyage à Saint-Pétersbourg, une maison en Bourgogne… Et en réponse à ceux qui croient encore que la présidente d’Orléans Jeanne d’Arc est hostile au set électro : « quand j’étais jeune, il y avait un bal, sous les halles en forme de parapluies. Aujourd’hui, moi, je fais de la zumba. » Autres temps, autres mœurs mais « Jeanne toujours. »

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