Les Brèves

  • Une nouvelle formation déploie ses ailes

    Le lycée professionnel agricole de Beaune-la-Rolande dans le Loiret prévoit de lancer pour la rentrée scolaire 2020 un Certificat de Spécialisation Apiculture en alternance. Ce diplôme post-bac d’un an mêlera cours théoriques au lycée et pratique dans une exploitation apicole professionnelle en région Centre-Val de Loire ou hors région. Le contenu des enseignements est construit en partenariat avec les acteurs de la filière apicole régionale. À son issue, le diplômé pourra gérer un cheptel et conduire des ruchers.

La filière apicole a-t-elle le bourdon ?

Formation apicultrice

Apiculteur, c’est un métier de passionnés, qui ne laisse rien au hasard. Entre idées préconçues et réalité du terrain, travailler aux côtés des abeilles est pourtant encore un projet de vie pour des jeunes ou des personnes en reconversion.

Guillaume Torrent

Branche plutôt méconnue de l’agriculture, la filière apicole n’a pas forcément l’image, auprès du grand public, en adéquation avec le quotidien de ces hommes et de ces femmes qui sont à certains moments de l’année jour et nuit auprès de leurs ruches pour les besoins de leur activité. Permet-elle d’avoir un revenu décent ? Quelles sont les contraintes techniques, financières et les éléments avec lesquels il faut savoir composer ? Si être apiculteur professionnel ne s’improvise pas et demande de faire face à des imprévus climatiques ou environnementaux pouvant mettre en péril les ruches, c’est surtout un métier de passionnés par la nature, demandant une grande technicité, et très divers dans ses missions. La Région Centre-Val de Loire regroupe 4 000 détenteurs de ruches, dont 70 sont des apiculteurs professionnels. À eux seuls, ils produisent les deux-tiers du miel de la région, soit environ 1 000 tonnes par an. « Pour espérer en faire son activité principale, il faut au moins compter 200 ruches. Pour un jeune qui souhaite mener un projet de vie, 500 à 600 ruches est un chiffre minimum », souligne Didier Alessandroni, apiculteur professionnel depuis sept ans à Saint-Florent dans le Loiret, après 25 ans passés dans l’industrie du papier, et président de l’ADAPIC (Association de Développement de l’Apiculture du Centre).

S’y frotter sans se piquer

On l’aura compris, on ne se lance pas sans préparation dans l’aventure de l’apiculture professionnelle ! En premier lieu, la formation est essentielle. La plupart des apiculteurs ont un bagage agricole de type BPREA (Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole). On peut notamment préparer ce diplôme en alternance du côté de la Maison Familiale Rurale de l’Orléanais. Car, plus que dans tout autre métier, la pratique est capitale dans cette filière. Émilie Couton, diplômée d’une licence professionnelle en agriculture et installée depuis 2016 en tant qu’apicultrice professionnelle à Thaumiers dans le Cher, confirme : « J’ai effectué une année de stage chez un apiculteur, puis j’ai ensuite été salariée un an avant de lancer ma propre exploitation. La formation pratique est essentielle car c’est un métier très technique ». Une fois formé, il reste la délicate question de savoir comment monter sa propre structure, sachant qu’un investissement financier minimal de 80 000 euros est nécessaire pour ambitionner une activité professionnelle. Afin d’accompagner les personnes désirant s’installer en apiculture en région Centre-Val de Loire, l’ADAPIC est présente pour répondre aux premières questions, affiner le projet et aider à sa mise en œuvre. En somme, c’est un véritable outil pour le développement de l’apiculture sur le territoire.

Essaimer de nouveaux talents

Outre le miel, d’autres productions et services sont issus de la filière apicole, comme la gelée royale ou le service de pollinisation, que pratique Didier Alessandroni pour des clients agriculteurs à qui il loue ses colonies d’abeilles pour polliniser des champs de plantes potagères (carottes, radis, persil, etc.). Mais attention, car l’apiculture est une activité fragile ! L’abeille est depuis longtemps un indicateur des problèmes environnementaux de notre planète : « Rien n’est jamais gagné. C’est un combat quotidien. De plus, nous devons réussir à donner envie aux jeunes de prendre la relève. En tant qu’exploitant, nous accueillons des apprentis pour les former à notre métier ». L’avenir de la filière apicole se construit donc aujourd’hui. La production de miel en France en 2018 devrait atteindre environ 20 000 tonnes, une bien meilleure année que 2017. Ces chiffres encourageants ne doivent pas masquer l’inévitable concurrence des miels étrangers qui permettent de répondre à la consommation de 45 000 tonnes par an des Français. Au-delà des considérations purement économiques, il faut prendre conscience que les apiculteurs sont tels des bergers transhumants qui déplacent leurs ruches avec les floraisons et participent à un maillon essentiel de la biodiversité et de la vie des territoires ruraux.

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  • Une envie de butiner ?

    L’abeille noire du Gâtinais, située à Orville, est un rucher école pour le public adulte. Sur trois ans, un samedi par mois, on y découvre toutes les facettes de l’apiculture, de l’élevage à l’essaimage, en passant par la transhumance ou la génétique des abeilles. Le rucher école du CETA Centre Loire et Gâtinais, basé à Saint-Cyr-en-Val, accueille de son côté une quinzaine d’élèves, le samedi après-midi, pour sept sessions. Entre pratique et théorie, ces initiations à l’apiculture dans des ruchers écoles sont un bon moyen de mettre un pied dans le métier et un éventuel tremplin. Certains élèves ont ensuite passé leur BPREA pour devenir apiculteurs professionnels.

    Rucher école du CETA Centre Loire et Gâtinais
    carrel@wanadoo.fr
    Rucher école de l’abeille noire du Gâtinais
    rucherecolegatinais@gmail.com