Les Brèves

  • Les bonnes adresses du département

    Dans le Loiret, plusieurs établissements de formation de qualité sont à la disposition des personnes désirant exercer l’un des nombreux métiers de l’hôtellerie-restauration. Il s’agit du CFA de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Loiret à Orléans, du lycée hôtelier de l’Orléanais à Olivet, du lycée des métiers Jean de la Taille à Pithiviers et du lycée hôtelier Saint-Louis de Montargis.

L’hôtellerie-restauration fait-elle toujours recette ?

Formation 100 % réussite professionnelle

Pour les professionnels du secteur, c’est un peu la soupe à la grimace. Ils ont du mal à attirer et conserver les jeunes dans le métier. Pourtant, les opportunités ne manquent pas en termes de rémunérations et d’opportunités de carrière.

Guillaume Torrent

Selon les chiffres publiés par Pôle Emploi pour la période de janvier à septembre 2018, 1 237 offres d’emploi, dont 68 % en CDI, ont été proposées dans le secteur de l’hôtellerie-restauration dans le Loiret. Et pourtant, près de la moitié de ces projets de recrutement ont été jugés difficiles par les chefs d’entreprise. Ainsi, s’il semble suffire de traverser la rue pour trouver un emploi dans la restauration, on touche du doigt le problème épineux du secteur. Si on y recrute majoritairement en CDI, qu’il existe un vrai besoin de profils variés, le marché demeure toutefois en tension et les difficultés d’attirer les jeunes et de les conserver sont présentes. Gilbert Guttin, président de l’Umih 45, avance quelques explications au sujet de ce constat amer d’une profession qui ne semble plus faire rêver les jeunes : « En premier lieu, c’est un métier où l’on doit travailler lorsque les autres s’amusent. Le travail se fait en coupure avec un service le matin et un autre le soir. On voit des apprentis arrêter à la fin de leur cursus ou encore d’autres au bout de 5 à 6 ans de métier lorsqu’ils considèrent que c’est compliqué de concilier leur activité avec leur vie personnelle ». Dans le Loiret, qui compte 1 500 établissements tous confondus, il manque environ 200 serveurs et 250 cuisiniers.

Mettre les petits plats dans les grands

Du côté des centres de formation, et notamment du CFA de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Loiret, qui regroupe 1 200 apprentis dont 300 en hôtellerie-restauration, on atteste de la motivation des jeunes tout en pointant la difficulté de leur insertion sur le marché du travail. « Nous avons des offres de la part des professionnels d’un côté et de l’autre des jeunes en recherche, mais nous avons du mal à rapprocher les deux », souligne son directeur Jérôme Kohn. Toujours est-il qu’un effort est fait pour favoriser l’employabilité des apprentis de ce CFA. Les candidats sont accompagnés dans la mise en relation avec les employeurs tandis que l’accent est mis sur l’excellence et l’innovation culinaire : « Nous travaillons notamment sur la formation au service, métier qui attire moins que la cuisine, avec des modules sur la découpe du fromage, la présentation du vin ou encore la préparation du café ». Avec la réforme de l’apprentissage, qui devrait être mise en place au premier trimestre 2019, la situation pourrait par ailleurs s’améliorer puisque désormais un contrat pourra être signé à tout moment de l’année, et non plus uniquement de septembre à novembre, pour une durée de six mois à trois ans. Ce serait ainsi une opportunité pour un jeune désirant se réorienter dans son parcours d’étude en cours d’année, par exemple au mois de janvier, de choisir l’hôtellerie-restauration.

« c’est un secteur où l’on peut encore évoluer et arriver à la direction d’un établissement en ayant débuté par un cap »
Gilbert Guttin de l’Umih 45

Réunir les bons ingrédients

La profession a déjà réussi à faire changer quelque peu son image en faisant tomber quelques clichés encore trop souvent collés à sa peau comme des horaires très denses, des salaires peu élevés et des contrats à durée déterminée. « Nous travaillons à la valorisation de nos métiers afin de mieux les faire connaître auprès des candidats potentiels, de l’Éducation nationale, des familles et des partenaires de l’emploi. C’est un secteur où l’on peut encore évoluer et arriver à la direction d’un établissement en ayant débuté par un CAP », confie Gilbert Guttin de l’Umih 45. L’hôtellerie-restauration, c’est aussi un secteur dans lequel on peut vivre de sa passion et voyager pour aller exercer dans divers établissements de France ou à l’étranger. Ce sont des opportunités pour les jeunes d’acquérir de l’expérience et d’ajouter des lignes supplémentaires à leur CV. Les professionnels du secteur savent qu’ils ont encore à faire pour séduire les jeunes, potentiels futurs repreneurs de leurs établissements. C’est un travail qu’ils mènent avec l’ensemble des acteurs du tourisme car une mobilisation de toutes les forces vives est nécessaire. Au-delà de la santé et de l’attrait de l’hôtellerie-restauration, c’est en effet la question de l’attractivité touristique du département qui est en jeu.

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