Les Brèves

  • La Fête de la Science en 2019

    À l’occasion des 80 ans de l’institution et de ses 51 ans de présence à Orléans, le campus du CNRS d’Orléans La Source accueillera à l’automne prochain la Fête de la Science. L’occasion pour tous de découvrir les activités des chercheurs dans les différents laboratoires et les rencontrer.

« Le désengagement du CNRS ? C’est une fake news ! »

Marion Blin, déléguée régionale du CNRS par intérim

Depuis 50 ans, huit des dix instituts du CNRS sont installés à La Source. L’établissement, qui va fêter ses 80 ans l’an prochain, entend bien rester à Orléans et ne compte pas rompre ses liens avec l’université locale selon Marion Blin, la déléguée régionale par intérim. Entretien.

gaëla messerli

Il y a peu, la section FSU de l’Université d’Orléans indiquait que le CNRS souhaitait se désengager du site d’Orléans. Qu’en est-il véritablement ?

C’est une fake news ! Il n’y a pas d’information pour le CNRS, ni de la part de l’université ! Après, peut-être que la position du siège a été mal interprétée. Nous travaillons avec l’université aussi bien au niveau de la recherche que des moyens financiers. Nous ne nous battons pas contre, nous sommes dans la complémentarité. Notre but est que la recherche se développe et que nos chercheurs soient reconnus au niveau international.

Les fusions sont répandues à notre époque. Il n’y a donc pas de déplacement prévu en direction de la région parisienne ?

Non, il n’y a pas de projet de cet ordre. La configuration est stable, et il n’y a pas non plus de projet de grande ampleur qui est prévu dans les années à venir. En outre, la centralisation n’est pas dans la culture du CNRS.

Le CNRS est un organisme de recherche, mais des liens forts existent avec l’économie locale. Quels sont-ils ?

Les laboratoires fonctionnent avec les industriels : cela va de la simple mission à l’utilisation, pour quelques mois, du matériel spécifique et coûteux que nous possédons par des laboratoires en commun. C’est le cas du partenariat que nous avons avec l’ICOA, l’Institut de Chimie Organique et Analytique, mais aussi avec Servier, au niveau de la chimie dans le domaine pharmaceutique. Lundi prochain, nous inaugurons aussi un laboratoire commun avec l’INEM (Immunologie et Neurogénétique Expérimentales et Moléculaires) et Artimum, au niveau de la recherche concernant l’inflammation pulmonaire. Il y a aussi une grosse collaboration avec le GREMI (Unité Mixte de Recherche de l’Université et du CNRS) et l’entreprise OTIS, basée à Gien, autour d’un prototype à l’hydrogène qui sera plus écologique et fonctionnera même en cas de panne.

L’espace, la santé, les matériaux…

Les laboratoires du CNRS travaillent sur les matériaux, le spatial, les sciences de l’univers… Quel est le poids d’Orléans au niveau du CNRS et de la recherche en général ?

Le CNRS compte 17 sites majeurs de recherche, dont Orléans ne fait pas partie. Nous sommes plus petits, mais nous sommes un site d’excellence. Nous sommes l’un des rares sites qui se déploie sous forme de campus, ce qui est une force. Quand on évoque Orléans à l’échelle internationale, cela ne parle pas. Par contre, lorsque l’on évoque le spatial ou les matériaux, nous voyons que nous avons des laboratoires avec des thématiques d’excellence reconnus.

Par exemple ?

Je pense à Nançay, en Sologne, qui est une pépite avec des projets internationaux. En 2019, ce site accueillera un nouveau radiotélescope européen appelé NENUFAR. C’est un réseau d’antennes utilisant des flux européens. La collaboration avec d’autres laboratoires européens fait partie de notre fonctionnement. Nous avons également des chercheurs de renommée internationale au CNRS, comme la chercheuse en chimie bio-inorganique Eva Jakab Toth, qui a reçu, cet automne, la médaille d’argent du CNRS (pour ses travaux en matière de conception de sondes d’imagerie, notamment capables d’identifier les enzymes caractéristiques des cellules cancéreuses, ndlr).

Avec des domaines aussi variés, quel est le temps de la recherche au CNRS ?

Il est variable. Dans le domaine de la recherche spatiale par exemple, la sonde de la NASA Solar Probe, qui a embarqué un instrument mis au point par les chercheurs du CNRS, il faut compter environ huit ans pour concevoir le matériel et sept ans, rien que pour atteindre le soleil, avant de débuter la moindre analyse ! Les durées sont longues, tout comme pour la santé touchant à l’humain, de l’ordre d’une quinzaine d’années avant une mise sur le marché. Par contre, selon les contraintes réglementaires, cela peut aller beaucoup plus vite (quelques années) au niveau des matériaux.

Quel est l’avenir du CNRS aujourd’hui ? Et ses projets futurs ?

Nous avons besoin et nous allons devoir encore plus développer la recherche de financements, au niveau régional, au niveau européen, mais aussi auprès des partenaires industriels. Nous devons également favoriser le transfert vers le privé. La phase d’application de la recherche doit être amenée à se développer. En outre, aujourd’hui, les chercheurs ne pensent plus seulement à la fabrication des matériaux, mais aussi à leur recyclage. 

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  • 800

    C’est le nombre de chercheurs dépendant des laboratoires du CNRS à Orléans