Les Brèves

  • 80 000

    C’est le nombre d’habitants concernés dans les 62 communes impactées en cas d’inondation de la Loire dans le Loiret.

Et si la Loire montait ?

Exercice de sécurité civile

Des habitants évacués en car, des bulletins d’alerte inquiétants de Vigicrues, une cellule de crise ouverte en préfecture… Du 12 au 16 novembre, le Loiret et l’Orléanais testent, en version jeu de rôle, les réactions des forces de sécurité, des collectivités et des opérateurs en cas de montée des eaux. G.M


Depuis lundi 12 novembre, les services de l’État, mais aussi la DREAL, la DDT, les forces de l’ordre, les secours ainsi que seize communes du département – dont neuf dans l’agglomération – sont sur le pont. En effet, tous ont reçu les informations du bulletin de vigilance des crues de la DREAL indiquant l’arrivée d’une grande crue (fictive) sur la Loire.

Scénario catastrophe

« Cet exercice a pour but de voir comment les services doivent analyser le Plan Crues dans le département, d’affiner et réviser ce plan, commente Jean-Marc Falcone, préfet de la Région Centre-Val de Loire et du Loiret. La Loire, même si c’est un fleuve à cinétique lente – on n’a pas ce côté soudain comme on a pu le voir sur la Côte d’Azur – peut présenter un danger. » Concrètement, dans ce scénario, les services de la DREAL ont envoyé ce lundi un bulletin de crue en version scénario catastrophe. Une centaine d’agents de la DDT ont été formés pour vérifier et analyser l’état des digues sur le terrain afin d’avertir et de conseiller au mieux le Préfet qui a ouvert, dans ce type de circonstances, une salle de crise en préfecture. Forces de l’ordre, secours… Le but est de tester la coordination, mais aussi la facilité à transmettre et recevoir les informations, même pour les élus.

Neuf communes en plein test

Pour ce jeu de rôle, neuf communes de l’agglomération orléanaise participent aux opérations : Olivet, Orléans, Chécy, La Chapelle-Saint-Mesmin, Saint-Cyr-en-Val, Saint-Denis-en-Val, Saint-Jean-le-Blanc, Saint-Jean-de-Braye, Saint-Pryvé-Saint-Mesmin. À Olivet, 40 personnes testent ainsi ce jeudi l’évacuation de l’école du Plissay vers le centre du Larry. Du côté de Saint-Cyr-en-Val, c’est la disponibilité et le temps de mobilisation de la réserve communale de sécurité civile, ainsi que le montage d’une cellule de commandement, qui sont observés. À Saint-Pryvé, outre l’ouverture du poste de commandement, la municipalité surveille l’évacuation de la population vers La Chapelle-Saint-Mesmin avec des bus TAO.

« les services sont en alerte depuis lundi »

Au total, 120 personnes joueront le rôle de plastrons dans les différentes communes du département. Dans le Giennois, on testera même, en réel, la fermeture de la porte de Saint-Firmin-sur-Loire. « Il s’agit de portes métalliques destinées à protéger, explique Benjamin Beaussant, le directeur de la DDT du Loiret. Le but des digues n’est pas de bloquer la Loire, mais de temporiser le flux. On sait qu’il faut laisser la part de l’eau… » 

Les Brèves

  • À SAVOIR

    Inondations

    Les solutions du Climathon

    Les 26 et 27 octobre derniers, 35 personnes ont participé au Climathon orléanais sur le risque inondation. Quatre solutions en direction du grand public ont émergé et seront mises en place par la collectivité. C’est d’abord « Cemacrue », une mallette pédagogique à destination des enseignants du primaire à l’université, qui a reçu le prix du jury. Le prix spécial de la mise en scène a été attribué à « Taprilo », une solution en réalité augmentée qui doit améliorer la prise de conscience du risque en visualisant les hauteurs d’eau ayant déjà existé ou pouvant se produire dans son habitation. « Mission » a quant à elle reçu le prix du courage, car il s’agit d’une solution numérique de maintien de vie à domicile en mode dégradée (un réseau de citoyens référents locaux jouent l’interface entre les sinistrés et les services municipaux). Le dernier prix est enfin revenu à « Kilucru », une boîte à outils simple pour anticiper le risque inondation. En gros : améliorer sa culture de la crue et construire sa solution. « Nous mettrons en place dès l’an prochain le projet de mallette pédagogique à destination des jeunes, qui pourront transmettre ensuite l’information à leurs parents », ont promis les collectivités.


    Financement

    16 M€ pour les digues

    Avec les fonds Barnier 2015/2020, ce ne sont pas moins de 16 millions d’euros (80 % financés par l’État, le reste par les collectivités) qui ont été investis pour consolider les digues dans le Val d’Orléans. Selon la DDT, celles-ci peuvent contenir actuellement une crue de retour de 70 ans, mais l’objectif des travaux actuels est de pouvoir résister à une crue comme celles du XIXe siècle d’ici 2020.


    Prévention

    « Ne pas paniquer les gens »

    Thierry Cousin, élu à Saint-Pryvé, est le maire d’une commune fortement exposée au risque inondation. « Il faut sensibiliser sans affoler, sans paniquer les gens, dit-il. Ici, nous avons créé une réserve citoyenne de 30 personnes. 85 % de la population pourra s’évacuer elle-même mais 10 % aura besoin d’aide... »