Les Brèves

  • Un système d'alerte dès 2019

    Afin d'anticiper les évacuations au maximum en cas de crue, Orléans Métropole va mettre en place un système d'alerte par SMS et message vocal à partir de début 2019. « Nous le testons actuellement sur trois communes : Fleury, Boigny-sur-Bionne et Saint-Cyr-en-Val », explique Christian Braux, vice-président d'Orléans Métropole en charge des risques majeurs. Ce système pourra également fonctionner par rapport aux problèmes de pollution atmosphérique ou tout autre risque. « Il s'agit d'un logiciel que nous avons acheté au niveau de la Métropole et qui permettra d'avertir les populations soit au niveau de la Métropole lorsque le risque concerne l'agglomération, soit au niveau d’une municipalité. » Cet outil sera réalisé à partir de l’annuaire universel, mais aussi via la démarche volontaire des habitants. « En début d’année prochaine, il sera possible de s’enregistrer en ligne via Internet ou en mairie. »

L'Orléanais planche sur son

Face aux risques d'inondation

"PAPI" : derrière cet acronyme qui peut faire sourire se cache le Programme d'Actions de Prévention des Inondations des sept Vals de l'Orléanais. Celui-ci, qui doit être rédigé d'ici mai 2019, mobilise les élus afin d'améliorer la connaissance du risque inondation, la surveillance et la prévision des crues, mais aussi la prise en compte de ce risque en matière d'urbanisme. gaëla messerli


Une soixantaine de personnes (élus, représentants de l’État et des collectivités, DREAL...) était rassemblée à Sandillon, jeudi dernier, pour commencer à préparer le Programme d'Actions de Prévention des Inondations (PAPI) des sept Vals de l'Orléanais. Un vaste chantier porté par Orléans Métropole (avec la DDT), qui devrait être achevé dans sa version initiale pour mai 2019 avec le dépôt de labellisation, pour une mise en œuvre dès 2020. Le but étant de pouvoir obtenir un programme complet évalué pour labellisation d'ici 2022.

Mais concrètement, de quoi s'agit-il ? Ce document regroupera en fait les actions à effectuer pour maîtriser l’inondation. Cela va de la consolidation des digues à l’amélioration des déversoirs pour gérer l’entrée de l’eau dans les vals en passant par la diminution du risque dans les zones exposées (installations techniques en hauteur, amélioration du bâti lors de rénovation…). Mais il y a aussi la partie concrète de gestion de la crise : comment se préparer, optimiser la coordination et adapter sa communication aux différents publics ?

« quelles actions à effectuer pour maîtriser l’inondation ? »

Ces actions sont à définir, de même que les moyens financiers restent à établir et rechercher. Pour Christian Braux, vice-président de la Métropole en charge des risques majeurs et maire de Saint-Cyr-en-Val, « c’est un budget d’environ 60 millions d’euros en tout. Un peu plus de 40 millions si l’on compte ce qui est déjà financé dans les digues, si l’on veut pouvoir mettre en sûreté les 20 000 habitants impactés de l’agglomération environ. » Ces financements, les collectivités devront les rechercher auprès du fonds Barnier – qui est cependant déjà très sollicité au niveau français à chaque catastrophe – mais aussi via les FEDER (Fonds Européen de Développement Régional). Pour le volet pratique, l’étude Écrivals, qui s’est déroulée de 2011 à 2013 sur les Vals de l’Orléanais va servir de base de réflexion.

Forcer à évacuer ?

Aux côtés des élus, les membres des services étaient présents lors de cette assemblée comme Grégory Galvez, chef de projet Prévention des risques à la Métropole. « En cas de crue majeure, il faudrait évacuer plus de 50 000 personnes dans l’agglomération, indique ce dernier. Il y aurait la mise en sécurité des biens et des personnes, mais aussi le soutien psychologique à mettre en place derrière ». Pour ce spécialiste, il y a aussi l’après-crue à envisager pour l’habitat, mais aussi l’économie locale. « Si l’eau reste une semaine dans l’habitation, les gens ne peuvent pas revenir y vivre avant un an. »

« nous avons 72 h pour nous préparer ! »

De même, à travers des ateliers, les élus et acteurs de la sécurité ont commencé à réfléchir autour de comment se préparer de manière concrète : sensibiliser les habitants pour les rendre acteurs en cas de crise, anticiper la saturation des réseaux… « Sauf rupture de digues, nous avons 72 h pour nous préparer », ont rappelé les participants présents. Pour les représentants des pompiers, comme de nombreux élus, la problématique des habitants ne voulant pas quitter les lieux reste entière : « 20 % des personnes sont tentées de rester chez elles », indiquait Stéphanie Anton, adjointe à l’environnement à la Ville d’Orléans. « Les gens n’ont pas conscience qu’en cas d’inondation, ils n’auraient pas accès à l’eau potable, ni à l’assainissement, au gaz, et à l’électricité », ajoutait-on du côté pompiers. « En 2016, même avec le camion de pompiers devant chez eux, on a vu des habitants qui n’ouvraient pas leur porte ! Et on les a retrouvés le lendemain à l’étage », témoignait Christian Braux concernant sa commune. Du coup, les élus réfléchissent aux moyens juridiques possibles pour « forcer à évacuer ».

Enfin, les participants ont relevé une dernière problématique, et pas des moindres, sur laquelle plancher : « celui du réseau électrique et des moyens de communication. Comment faire pour alimenter une sirène de 45 chevaux s’il n’y a plus d’électricité ? » Rendez-vous est donné en mai pour connaître le résultat de ces réflexions… 

Les Brèves

  • 50 000

    C’est le nombre de personnes à évacuer dans l’agglomération orléanaise en cas de crue de la Loire.