Les Brèves

    Olivier Geffroy, taille patron ?

    interview

    Olivier Geffroy, Président des Républicains du Loiret et adjoint au maire d’Orléans?

    Nouveau patron des Républicains du Loiret depuis octobre, Olivier Geffroy explique comment il veut diriger la section loirétaine du parti. Il livre aussi ici quelques éléments d’éclairage sur les municipales de 2020 à Orléans, où il jouera un rôle, sans doute important… benjamin vasset


    Pourquoi avez-vous brigué la présidence des Républicains dans le Loiret ? Quel est votre intérêt ?

    Est-ce que j’ai un intérêt personnel ? Je n’en suis pas sûr. Le moment n’est pas simple pour notre famille politique, et j’avais deux solutions : soit laisser couler, soit prendre ma part de responsabilité. Et comme je suis convaincu qu’on a encore des choses à faire…

    Que voulez-vous apporter de neuf ?

    Rassembler. Pendant dix ans, trois sensibilités ont pu dialoguer. Mais avec les résultats électoraux, cette osmose s’est déréglée. Or, je défends l’idée qu’une synthèse est toujours actuelle. Regardez les propositions de Wauquiez et Pécresse sur l’immigration : 75 % sont convergentes. Cultiver une singularité, c’est bien, mais j’aimerais qu’on fasse l’économie de guerres fratricides. On va donc reprendre le tour des comités de circonscription, des réunions thématiques. Et refaire de la politique sur des sujets de fond.

    Comment avez-vous délogé Jean-Pierre Door, qui postulait ?

    Je ne l’ai pas « délogé ». On s’est rejoint fin août-début septembre. Disons que nous avons eu un cycle de dialogues nourris et francs (sourire). L’intérêt était d’avoir un message uni au sein de la fédé. Nous avons toujours été d’accord sur un élément central : il n’y aurait pas de bataille des chefs dans le Loiret.

    Votre parti se porte-t-il si mal qu’on le dit ?

    Nous sommes aujourd’hui à près de 800 adhérents à jour de cotisation, contre 1 800 environ un an et demi avant la présidentielle. Il y a donc un effort de renouvellement et d’ouverture à faire : soyons donc attractifs, retournons sur les marchés, faisons du porte-à-porte. Les élections municipales de 2020 vont nous permettre de reprendre langue avec les habitants du Loiret. Par ailleurs, je tiens à affirmer que les Jeunes Républicains du Loiret ne débauchent pas au Rassemblement National, comme cela a pu être dit.

    Quel est l’état de vos relations personnelles avec Laurent Wauquiez et Guillaume Peltier ?

    Je ne connais pas Laurent Wauquiez personnellement. Mais c’est le patron de la boutique et son travail commence à porter ses fruits en termes de visibilité. Sur l’Europe, il a trouvé une synthèse intéressante : une Europe qui protège, sans être populiste. Concernant Guillaume Peltier, nous nous connaissons mieux (sourire). C’est un garçon dynamique, travailleur. Il fait à la Région un travail très intéressant qui préfigure ce que l’on doit faire au niveau national.

    Soutenez-vous l’appel à la « mobilisation » du 17 novembre ?

    Sur le fonds, je comprends l’exaspération : il y a un phénomène de trop-plein. Si vous êtes aujourd’hui contribuable, retraité et et que vous habitez en milieu rural, ce n’est pas de bol pour vous, si je puis dire. Maintenant, sur la méthode, les Républicains ne sont pas révolutionnaires, ils n’appellent pas à prendre les armes...

    « Encore des choses à faire »

    Parlons des municipales de 2020. Personnellement, allez-vous repiquer à coup sûr, sachant que vous êtes un homme très occupé ?

    Si Olivier Carré me sollicite, je repiquerai bien volontiers. Six ans de mandat, c’est bien, mais il y a encore des choses à faire. Et j’ai envie de les faire.

    À la délégation qui est actuellement la vôtre, celle d’adjoint à la tranquillité publique ?

    Disons que ne pas en changer ne me poserait pas de problème… Mais attention : il n’est absolument pas question de donner à quiconque l’impression qu’il y a déjà eu une répartition des portefeuilles.

    « en local, les gens se fichent des partis »

    La majorité orléanaise actuelle, où cohabitent des ex-LR, des actuels LREM, des futurs LREM, peut-elle perdurer au-delà de 2020 ?

    Le fonctionnement actuel de la majorité ne pose absolument aucun problème sur le plan des idées municipales (il insiste sur ce dernier point). Mettre de la politique nationale aux endroits où elle n’apporte rien est une erreur de perspectives. L’enjeu, pour moi, n’est pas là car les gens, en local, se foutent complètement des partis. D'ailleurs, dans l’exercice de mes fonctions, jamais on ne me demande si je suis LR.

    D’aucuns disent que vous avez le profil d’une tête de liste. Que leur répondez-vous ? Que ça se fera un jour ?

    Ce n’est pas le sujet.

    Mais dans vos objectifs de carrière, vous vous verriez bien maire d’une grande agglomération, non… ?

    Nous avons un maire ! Je ne comprends même pas qu’on puisse me poser cette question (sourire). En politique, les « carrières », comme vous dites, ça n’existe plus. Déjà parce que vous avez le non-cumul des mandats, et ensuite parce que les Français ont un logiciel politique qui a changé. Pour ma part, je me verrais très bien faire encore un ou deux mandats municipaux et, ensuite, faire autre chose. Et puis, vous ne savez pas ce qui se passera dans le futur. Vous pouvez être moins inspiré, aussi…

    Et vous, vous l’êtes toujours, « inspiré » ?

    (Sourire). Pour le moment, oui. J’ai appris beaucoup de choses depuis que j’ai été élu en 2014. Mais je ne me sens pas pour autant indispensable.

    Et que répondez-vous à ceux qui jugent que votre profil est un peu trop clivant et que vous seriez très, voire trop proche, des réseaux catholiques ?

    (Surpris). Si la question est de savoir si je suis catholique pratiquant, je vous répondrai que cela ne vous regarde pas. Alors oui, cela fait partie de mon éducation, même si je suis, aujourd’hui, un catholique très imparfait (sic). Mais rassurez-vous : j’ai une conception très laïque de l’exercice du pouvoir. Quant au côté clivant, certains m’ont reproché au contraire d’être trop rond, alors… 

    Les Brèves

    • Entre les lignes

      Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Olivier Geffroy a beaucoup « souri », comme nous le notons souvent en didascalie. Ces mentions ne sont pas seulement liées au caractère caustique et parfois pince-sans-rire de notre interlocuteur. Mais bien à des passages où il faut, parfois, discerner la parole publique du fond de sa pensée. Comme lorsqu’il évoque Guillaume Peltier ou ses ambitions municipales…