Les Brèves

    Diesel, la grande hypocrisie

    La mairie de Paris a lancé un sacré pavé dans la mare en mettant en place les vignettes Crit’Air. Une initiative qui, finalement, aura eu pour effet de faire peur aux futurs propriétaires, craignant une généralisation de la mesure à d’autres métropoles.

    Mais concrètement, à qui profite la vignette ? Pour ceux qui n’ont pas les moyens de changer de véhicules, le problème est simple : espérer que d’autres ne franchissent pas le pas. Et si par obligation, ils doivent se rendre dans la capitale, la SNCF leur tend les bras !

    Pour ceux qui envisagent le changement – et ils sont nombreux – l’hybride ou l’électrique sont-elles des options viables ? Pour ce qui est de l’électrique, compte tenu du coût d’achat malgré la prime gouvernementale (1 000 à 2 000 € selon vos revenus), on est dans le domaine de la marginalité. Pour l’hybride... Il y a certes quelques avantages mécaniques, une consommation plus faible, mais le prix, lui, n’a pas connu la même pente descendante. Exclue de la prime, l’hybride est même le grand perdant des arbitrages financiers de l’État.

    Alors ? Eh bien, vive l’essence ! Même si le moteur se fatigue plus vite et que le volume de CO2 est plus important que les derniers véhicules diesel, peu importe ! Pour les rouleurs (+ de 20 000 km/an), le diesel restera, même avec l’augmentation du prix à la pompe, le véhicule le plus rentable et le plus écologique des véhicules accessibles financièrement. Et ce sont ses performances (15 % de carburant en moins comparativement à l’essence) qui, paradoxalement, en font une voiture bien plus écolo que l’on ne l’imagine.

    Reste une réalité : pour ce qui est des voitures, si vous avez de forts revenus, vous pouvez devenir un automobiliste respectueux de l’environnement. Pour les autres, le compromis est simple : on fait ce que l’on peut, avec ce que l’on a, comme dans des temps très anciens, où les seuls à ne pas user leurs semelles étaient ceux qui avaient des chaises à porteur. Alors oui, la planète est en péril. Mais penser que les conducteurs polluent pour le plaisir et qu’un chèque de 1 000 € va changer la donne, voilà qui est d’une hypocrisie sans nom !

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