Les Brèves

  • 27 %

    C’est la proportion de 60 ans et + n’utilisant jamais Internet en France (Baromètre du numérique 2017)

Numérique : les sEniors à la traîne ?

Inclusion numérique dans la métropole

Les seniors sont les premiers touchés par la fracture numérique. La Métropole lance ainsi une grande opération sur l’inclusion numérique, qui a pour vocation de mettre en réseau tous les acteurs, quelle que soit la population à laquelle ils sont confrontés.

philippe hadef

C’est une réalité qui ne souffre d’aucune contradiction : les seniors sont les plus nombreux à être actuellement plongés dans une forme d’exclusion numérique. Une situation d’autant plus complexe que le numérique s’impose peu à peu dans toutes les institutions. Quand on évoque la « métropole intelligente » et la « transparence des informations » grâce à l’Open Data (lire en p.4), il paraît logique qu’en parallèle, la collectivité porteuse de cette ambition s’inscrive dans une démarche d’inclusion à destination des utilisateurs. « Cela n’aurait aucun sens d’avoir une stratégie qui vise à multiplier les usages et les outils sans s’intéresser aux utilisateurs », précise Jérôme Richard, conseiller spécial au numérique pour Orléans Métropole.

« Ce ne sont pas moins de 40 % de la population qui sont aujourd’hui plus ou moins en marge de ces évolutions », continue-t-il. Les seniors sont évidemment ceux que l’on ressent comme les plus fragiles face à l’évolution technologique. D’ailleurs, dans une récente étude commandée par l’association Les petits frères des pauvres, on pouvait lire que 27 % des 60 ans et plus n’utilisaient jamais Internet.

Mais il en est de même pour les personnes aux revenus faibles qui se retrouvent dans la même situation, qu’ils soient jeunes ou poivre et sel… La Métropole d’Orléans a donc souhaité travailler sur cette cible prioritaire pour rendre d’autant plus efficiente son ambition de « smart city ». Pour cela, elle a mis en place un comité de pilotage, des référents dans les 22 communes de la métropole. Elle a réuni lundi dernier au Lab’O les acteurs (collectivités, associations, institutions...) qui travaillent tous, quelle que soit leur échelle, sur l’inclusion numérique des populations encore en marge de ce tsunami technologique.

« Répondre à tous les types d’usagers »

Carole Vidal est la chef de projet de ce sujet majeur. Elle est accompagnée dans cette démarche par une société – WetakeCare – qui possède déjà une solide expertise en la matière. La question des besoins a été très peu abordée. En revanche, l’objectif est bien de mettre en réseau pour créer des outils visibles, performants et de proximité – dans certains cas – pour répondre mieux encore aux besoins. « L’inclusion numérique n’est pas ciblée vers des publics particuliers, mais doit répondre à tous les types d’usagers », explique Carole Vidal. Mais, au niveau de la métropole – avant que peut-être l’initiative ne s’étende – il est déjà difficile de répertorier toutes les initiatives prises localement par des institutions, des collectivités ou des associations. « Il faut certes créer des outils, un maillage territorial mais aussi avoir une visibilité. Aujourd’hui, nous avons fait se rencontrer les acteurs pour entamer un travail qui permette de compléter les actions manquantes ou de densifier, par la mutualisation des moyens, celles qui existent déjà ». Ce n’était que le premier pas. Le 26 novembre prochain, un autre sera franchi avec la restitution du travail d’enquête. Restera à savoir si ce pas sera aussi grand pour les habitants de la métropole.

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