Les Brèves

  • Réformes à suivre

    D’autres évolutions devraient bientôt suivre dans le domaine de la Santé. Stéphanie Rist a par exemple affirmé que la question du reste à charge zéro pour les soins dentaires, ophtalmologiques et auditifs serait votée dans la prochaine Loi de financement de la Sécurité Sociale. Par ailleurs, un Plan Dépendance, pour les personnes âgées, devrait également être présenté en 2019.

Le plan santé expliqué dans le Loiret

Réforme du système de soins

Vendredi dernier, la députée du Loiret Stéphanie Rist (LREM) a expliqué les grandes lignes du Plan Santé 2022 présenté en septembre par Emmanuel Macron. Objectif : dans quatre ans maximum, tout le monde devra pouvoir obtenir un rendez-vous dans la journée avec un professionnel de santé.

benjamin vasset 

C’est l’un des énormes chantiers du Gouvernement. Comme l’a expliqué vendredi dernier Stéphanie Rist au cours d’une réunion publique qui a mobilisé une soixantaine de personnes, le « système d’organisation des soins en France est à bout de souffle. Il est compétent, mais pas assez efficace pour tous. » Les médecins ne veulent (peuvent) plus recevoir de nouveaux patients ; des rendez-vous avec des spécialistes sont renvoyés aux calendes grecques… et les Urgences des hôpitaux craquent de partout. Face à ce constat, Emmanuel Macron a présenté le 18 septembre un plan, sobrement intitulé « Ma Santé 2022 », dont certains effets devraient être ressentis, sur le terrain, dès l’année prochaine.

C’est l’une des 56 mesures de ce Plan : l’envoi à très court terme de 400 médecins salariés (pas par les collectivités, a priori, ndlr) dans les zones françaises sous-dotées en professionnels de santé. La Région Centre-Val de Loire et le Loiret devraient en accueillir quelques-uns. Dès 2020, pour répondre à cette question du nombre de médecins, le numerus clausus en première année de médecine va (enfin) être aboli. « Cela fait 20 ans qu’on aurait dû le faire… », acquiesce Stéphanie Rist. Voilà pour les parties (très) émergées de l’iceberg : deux mesures phares, réclamées par tous, et qui font consensus. Mais le Plan ne s’arrête pas là, car l’augmentation du nombre de médecins formés (ses effets ne seront pas mesurables avant 15 ans) ne répondra pas, à elle seule, aux demandes des populations. Pour libérer du temps médical, le Gouvernement va ainsi créer deux nouvelles professions : celle d’assistant médical, et celle d’infirmièr en pratiques avancées. « Il faut soulager les médecins dans certaines tâches, de façon à ce qu’ils puissent voir 20 % de patients en plus par an », souligne Stéphanie Rist. Agréger les compétences et les fondre dans un effort collectif : c’est, du reste, l’esprit de cette réforme. Certes, l’État va « doubler le nombre de maisons de santé en ville », mais il va surtout inciter encore plus largement aux créations de Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS), afin de mieux coordonner les parcours de santé.

Cette mise en réseau devrait désormais s’apprendre dès les années de formation de nos futurs médecins. « Il faut leur apprendre très tôt à travailler ensemble », expose la députée du Loiret, qui confirme subséquemment la création d’une Licence Santé, au cours de laquelle les étudiants auront d’abord des troncs communs puis s’orienteront progressivement vers les spécialités de leurs choix. Voilà qui enterre probablement, au passage, l’éventualité de l’implantation d’une première année de médecine pur jus à Orléans… « Les Universités d’Orléans et de Tours pourront se mettre d’accord sur la création d’une première année de Santé à Orléans », répond Stéphanie Rist, qui défend aussi l’établissement de « passerelles, par exemple entre la Santé et le droit. L’idée, c’est d’avoir des profils un peu plus différents que ce qu’on a aujourd’hui. » Parfois critiqués pour leur manque d’empathie, les médecins de demain devraient également avoir des formations plus poussées en « humanités ». « Nous voulons avoir des étudiants mieux formés sur des compétences non-techniques, précise l’élue loirétaine. Cela pourra être très utile pour les managements d’équipe, également. »

Un espace numérique personnalisé

Autre volet de ce Plan Santé : l’évolution du système hospitalier dans sa globalité. Les établissements seront désormais divisés en trois catégories : les hôpitaux d’excellence, les hôpitaux intermédiaires et les hôpitaux de proximité. Ceux-ci seront à la base du nouveau système, et obtiendront une labellisation en ce sens (ce label pourra aussi être reçu par les établissements privés, ndlr). L’esprit de cette réforme est résumé comme suit par Stéphanie Rist : « il faut avoir une médecine de bonne qualité à proximité, mais il faut aussi accepter le fait de ne pas avoir de la médecine très poussée à côté de chez soi. » Pour autant, ces hôpitaux de proximité devraient recevoir, si l’on suit la députée, des investissements conséquents pour être équipés en fonction, que ce soit en scanners, en laboratoires, etc. « On pourra également y donner des soins palliatifs », relève Stéphanie Rist. Dans ces hôpitaux de proximité, signalons qu’un nouveau statut de médecin devrait également être créé. Les modalités ne sont pas encore toutes définies, mais il serait question d’un praticien ayant un pied en ville, et un autre à l’hôpital. Et ce toujours pour faciliter la mise en réseau et la coordination entre les professionnels de santé.

Enfin, chaque Français devrait avoir, dans le cadre de la République numérique, un espace dédié sur Internet où il devrait retrouver toutes ses informations et ses données particulières (examens, opérations, vaccins, etc.) Avancer dans l’ère de la dématérialisation est donc plus qu’une réalité en marche : depuis le 15 septembre, les consultations médicales par visio-conférence – la télémédecine en résumé – sont déjà remboursées par l’assurance-maladie.

« formation : une licence santé en préparation »

Sur le papier, la feuille de route est donc tracée. L’objectif édicté est qu’en 2022, un patient devant se faire soigner pour un « problème important » puisse être pris en charge dans la journée. Mais 2022, c’est demain, et certains doutent que ce plan pour le moins ambitieux puisse présenter ses premiers fruits dans à peine quatre ans. Les transformations sont lourdes, même si les dépenses maladie augmenteront d’environ 400 M€ en 2019 pour financer le Plan.

En outre, cette évolution s’appuie d’abord sur la bonne volonté des professionnels. « Cela repose sur eux, prévient Stéphanie Rist. Et si ça ne marche pas, les gouvernements futurs devront forcément être plus dans le coercitif que dans l’incitatif… » Les Agences Régionales de Santé devront aussi s’adapter. Mais l’enjeu de ce Plan, dont certains éléments seront prochainement versés dans la loi, est multiple : mieux soigner les Français, évidemment, mais faire aussi des économies grâce à une meilleure prévention. Politiquement, le Gouvernement sait enfin qu’une réussite globale dans ce dossier pourrait jouer en sa faveur lors des prochaines échéances électorales de... 2022.

Les Brèves