Les Brèves

  • Quid des 80 km/h ?

    Même « 60 % des Français » ont grogné lors de l'abaissement de la vitesse à 80 km/h, « 70 % d’entre eux ont peur sur les routes », défend Emmanuel Barbe. Celui-ci préconise une analyse des résultats sur une période de cinq ans et balaye les arguments des détracteurs, qui voient cet abaissement comme une mesure « anti-ruralité » dans le Loiret, où presque la moitié des accidents recensés ont lieu sur un trajet domicile-travail. Mais depuis 2012, 152 personnes ont été tuées sur des routes du département à double sens de circulation, sans séparateur central. « Cela représente presque 57 % des tués », insiste Jean-Marc Falcone. Dans le Loiret, 16 radars ont ainsi été concernés par l'abaissement de la vitesse. 

Un nouveau plan contre l'insécurité routière

L’État renforce la lutte dans le Loiret…

Afin de faire diminuer la mortalité routière, un document fixant les axes stratégiques en matière de politique de sécurité routière a été signé la semaine dernière en préfecture du Loiret.

g.m

« Nous avons tous la sécurité routière en partage », a résumé Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, lors de la signature d’un document actant les axes stratégiques en la matière. Il faut dire que les chiffres sont mauvais : le Loiret est dans le rouge cette année, avec 35 tués entre le 1er janvier et le 1er octobre, contre 26 à la même époque l'an dernier. « Nous sommes réunis aujourd'hui pour lutter contre cela. Nous devons essayer de sauver des vies ! », a rappelé de son côté Jean-Marc Falcone, préfet du Loiret. Sur les 33 accidents mortels survenus en 2018, la vitesse est en cause dans huit cas. Mais les stupéfiants, l'alcool et les « mauvais comportements » sont aussi incriminés, comme la pratique de plus en plus courante qui consiste à envoyer des SMS en conduisant…

Au niveau de la Justice, les délits routiers représentent 30 % de l'activité du Parquet d'Orléans, a souligné Nicolas Bessone, Procureur de la République d'Orléans. « La conduite sous emprise de stupéfiants explose notamment, car les moyens pour la déceler sont plus précis qu’avant. Les conduites sans permis poussent aussi à des mises en danger des forces de l’ordre lors des contrôles, par peur de finir au centre pénitentiaire. » Même constat dans le Montargois, où le Parquet est mobilisé à 40 % par ce genre de délit.

De nouvelles mesures attendues

Les nouvelles technologies, comme les nouvelles formes de mobilité (trottinettes et vélos électriques), sont concernées par le document signé la semaine dernière en Préfecture, lequel encourage aussi les aménagements de voirie, la formation à la conduite tout au long de la vie et met aussi l’accent sur la prévention, notamment en entreprise ou en milieu associatif. L’autocontrôle et les contrôles préventifs font également partie des mesures à développer.

Lors de sa visite dans le Loiret, Emmanuel Barbe a aussi évoqué des mesures en réflexion actuellement, comme la pose d’un système de détection de l’alcool pour la sécurité afin d’éviter la suspension du permis dans certains cas d’alcoolémie. Le développement de sas vélo aux feux, la réforme du permis moto ou encore un projet visant à transformer en zones blanches certains segments de route lors de contrôles routiers afin de « lutter contre le crime organisé et les stupéfiants » ont aussi été évoqués. 

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