Les Brèves

    Une vedette, combien ça coûte ?

    Une saison culturelle, côté finances

    Camille cette année, Vianney en 2015… Combien touchent pour un spectacle les artistes aujourd’hui reconnus qui se déplacent dans la métropole ? b.v et g.m

    En général, ces choses-là ne se disent pas. Dans le milieu culturel encore davantage, l’argent reste un sujet tabou. Fred Robbe, le directeur de l’Astrolabe, rechigne ainsi à parler flouze et gros billets. « Je serais grillé… », décline-t-il poliment. Pourtant, un chanteur ne vient pas pousser la chansonnette gratuitement, pas plus qu’un humoriste ne distille ses vannes pour les beaux yeux d’un programmateur. Pour des municipalités comme Fleury-les-Aubrais, Chécy ou Saint-Jean-de-la-Ruelle, qui propos(ai)ent des saisons denses rythmées par les spectacles de têtes d’affiche nationale, chaque sou est, ainsi, méthodiquement compté. Et un budget précis est alloué en début d’année pour l’achat de spectacles. « Cette enveloppe est, chez nous, de 140 000 € pour 40 spectacles, hors frais de transports, hébergements ou droits d’auteur... indique ainsi Florence Parthenay, la directrice de la Passerelle de Fleury-les-Aubrais. On ne peut pas dépasser 10 000 € pour un spectacle. » Tout est négocié, même les hébergements et les repas…

    Pour dix briques, t’as quelqu’un !

    Ce budget est le fruit d’un choix politique, édicté en amont. À Saint-Jean-de-la-Ruelle, du temps où il programmait la saison culturelle de la ville, Frédéric Sallé détenait pour sa part une enveloppe de 50 000 € (tous frais inclus). Il n’a, dit-il, « jamais dépassé 7 500 € pour un artiste .» Une somme qu’il a d’ailleurs dépensée pour faire venir Général Elektriks. Pas énorme, en regard de la notoriété naissante de ce groupe d’électro-pop lorsqu’il s’est produit à Saint-Jean-de-la-Ruelle, le 22 mars 2017. Les autres cachets qu’il évoque ne paraissent pas non plus exorbitants : 4 000 € pour Blanche Cardin, 4 500 € pour Alex Lutz, 2 500 € pour Bérangère Krief (l’une des anciennes héroïnes de Bref) et même… 2 000 € seulement pour Vianney, pourtant devenu une véritable star aujourd’hui. Frédéric Sallé était-il un négociateur hors pair ? Disons qu’il pariait sur le succès d’artistes émergents dont il avait négocié la venue plus d’un an auparavant (voir p.12-13). Un laps de temps qui laissait le temps à certains artistes d’éclore après quelques passages radios ou télés… « Pourtant, personne, même Vianney, n’a tenté de renégocier un contrat signé plusieurs mois auparavant », précise Frédéric Sallé.

    Évidemment, les cachets édictés plus haut ne sont pas ceux des grandes stars remplissant un Zénith. On murmure par exemple que la venue à Orléans de la star du jazz Grégory Porter s’était monnayée en centaines de milliers d’euros en 2014, l’année où son concert à Orléans Jazz avait été… annulé pour cause de grève des intermittents du spectacle. Plus près de nous, un spectacle de la chanteuse Camille, qui passera cette année sur la scène du Théâtre d’Orléans le 7 novembre prochain, s’achète aux alentours des 20 000 €, location technique exclue. C’est d’ailleurs le prix qu’il faut environ mettre sur la table pour faire venir une tête d’affiche française confirmée, que cela soit pour chanter... ou faire rire. 

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    • AL Pacino, c’est 950 € la place !

      C’est la dernière polémique à la mode dans le milieu culturel, le prix demandé au public pour assister à une représentation de l’acteur américain Al Pacino au Théâtre de Paris, en ce mois d’octobre : 950 € (pour les places les plus chères). Un ticket d’entrée dont la valeur a choqué certains, mais qui correspond, malheureusement, à la loi du marché…