Les Brèves

  • Une halle rachetée 7,5 M€

    Construite sous le mandat de Jean-Pierre Sueur pour 3 millions d’euros, revendue 1,4 million il y a onze ans, la Halle de la Charpenterie et ses 10 000 m2 de surface sont la propriété depuis l’automne dernier de la Sempat et donc, indirectement, de la Ville d’Orléans. Qui s’en est donc (re)rendue propriétaire, l’an dernier, pour 7,5 millions d’euros.

Ce sera strike... et choucroute !

À la Halle Charpenterie d’Orléans

On sait enfin ce que deviendra une partie de la Halle Charpenterie. Pour remplacer Passion Culture, la mairie d’Orléans a dirigé son choix vers la candidature d’un mini-bowling et d’une taverne, Le Relais d’Alsace. Deux projets attendus pour début 2019.

gaëla messerli (avec p.h et b.v)

Fini, donc, le vide laissé par la librairie Passion Culture depuis plus de deux ans. En effet, la mairie d’Orléans a choisi de miser sur un autre cheval que la culture dans ce local qu’elle a racheté par le biais de la Sempat Orléans Val de Loire, la société d’économie mixte patrimoniale. Ce sera donc un bowling et une taverne alsacienne. « Il y a un an, lorsque nous avions été approchés par le Furet du Nord, il y avait eu une levée de boucliers du côté des librairies orléanaises », se défend Olivier Carré qui, avec son équipe municipale, dit également avoir entendu le message concernant les faibles marges commerciales du monde du livre et donc changé son fusil d’épaule (voir ci-contre).

Ce changement de stratégie est également assumé du côté de François Foussier, l’adjoint au commerce. « La librairie n’a pas marché, raconte-t-il. Moi, je suis libéral. Il ne suffit pas de dire : « on veut telle ou telle enseigne ». On n’a pas eu non plus vingt propositions de projets sur la culture ! » Pour l’élu, l’objectif était de renforcer l’offre de cet espace débouchant sur la place de Loire : « là, on a deux enseignes qui proposent un concept centre-ville ! Ce n’est pas une concurrence pour les sites de bowling existant déjà dans l’agglomération. Et quand bien même, la concurrence est positive lorsqu’elle est loyale. »

« Chaque enseigne aura une entrée sur la rue et un étage, car on sait très bien que les étages sont souvent moins attractifs, explique François Foussier. Pour le Relais d’Alsace, c’est une brasserie qui n’existe pas actuellement dans la métropole orléanaise. À Tours, elle est située rue Nationale et elle marche très bien. »

232 000 € de loyer annuel

Bien avant le conseil municipal de lundi dernier, où le sujet fut débattu, l’opposition PS avait estimé que la municipalité avait choisi « le premier qui voulait la Halle. C’est une opération financièrement catastrophique pour la Ville, tonnait vendredi dernier Corinne Leveleux-Teixeira. En plus, on nous avait annoncé que le lieu devait être dédié à la culture. En quoi un bowling est une activité culturelle ? On a l’impression d’un empilement d’enseignes sans sélection. Et j’aimerai bien en savoir plus sur les loyers payés par les repreneurs… » En conseil municipal, le chiffre était donné : « 232 000 € par an, au total, pour les deux », selon Olivier Carré.

« c'était le premier qui voulait la halle... »
Corinne Leveleux-Teixeira

Et les Orléanais, qu’en disent-ils ? Sur notre page Facebook, certains qualifiaient ces choix de « bonne idée », dissociant cependant les deux commerces. « Un bowling, c’est très sympa en centre-ville. Par contre, la brasserie… Il y a déjà beaucoup de restos dans le coin », réagissait ainsi une internaute. Un autre la contredisait : « un bowling ? C’est du déjà vu ! » Tout ce monde le verra en tout cas dès 2019.

Les Brèves

  • À SAVOIR / PLACE DE LOIRE

    HALLE CHARPENTERIE : Où est la culture ?

    Au moment d’évoquer, lundi dernier, en conseil municipal, l’évolution annoncée de la Sempat (Société d’économie mixte patrimoniale d’Orléans-Val de Loire), le projet de location d’espaces à la Halle Charpenterie à un mini-bowling et une enseigne de restauration a de nouveau fait réagir l’opposition. « Où est la vocation culturelle ? », a ainsi interrogé Corinne Leveleux-Teixeira, chef de file PS de l’opposition. « On reste dans le domaine du loisir pour ce qui est du mini-bowling. Et pour l’enseigne de restauration, qui n’existait pas dans le périmètre métropolitain, je pense que les 10 millions de personnes qui transitent par le centre-ville devraient permettre d’absorber cette nouvelle offre », a répondu François Foussier, adjoint au commerce.

    Concernant la dimension culturelle, Oliver Carré a ajouté : « quand nous avons reçu la proposition de la chaine de librairie le Furet du Nord, cela a très vite fuité. Les libraires d’Orléans sont venus me voir pour m’expliquer leur situation économique et les marges faibles qu’ils devaient appliquer. » Le maire d’Orléans a donc reconsidéré la proposition culturelle et changé son fusil d’épaule. « L’idée était d’élargir l’offre, pas de cannibaliser le marché au profit de cette enseigne. » Sur le plan économique, Olivier Carré a également confirmé que la Sempat n’aurait pas à souffrir de cette période de latence afin, comme annoncé, de rentabiliser l’achat du bâtiment par des loyers qui sont dorénavant perçus directement par le bras armé commercial de la Métropole d’Orléans.


    SOLIDARITÉ : Les soudeurs étincellent

    Ce week-end, 18 artistes soudeurs travailleront pour la bonne cause quais et place de Loire. Ils vendront en effet leurs œuvres réalisées en direct au profit de l’association E-Nable, qui réalise des prothèses de main à l’aide d’imprimantes 3D pour les enfants atteints d’agénésie (absence de doigts). « L’idée est venue d’un travail de soudure réalisé en commun avec des amis, raconte Serge Aubailly, sculpteur amateur et organisateur. Ce week-end, les sculpteurs découvriront leur benne contenant de la ferraille recyclée et devront improviser autour du thème de la Loire. » Début des festivités samedi, à 14 h.