Les Brèves

    Courte peine

    La surpopulation carcérale... Voilà un sujet qui mobilise chaque Gouvernement, sans qu’une solution ne soit, d’ailleurs, réellement trouvée. Un vrai marronnier, d’autant que les effets d’annonce ont été nombreux, à chaque quinquennat, et les effets concrets insignifiants, si l’on exclut la construction de nouvelles prisons en remplacement d’autres, totalement insalubres.

    Alors, trouver des peines alternatives pour 8 000 détenus – comme annoncé par le Gouvernement- pour les courtes peines, c’est bien. Mais c’est encore un cache-misère. C’est même à la limite du non-sens. Imaginez : 63 % des détenus libérés reviennent à la case prison ! Pourquoi ? Probablement parce qu’une partie de ces derniers ne sortira jamais de la spirale de la délinquance. Mais je ne peux croire qu’il s’agisse d’une forme de fatalité. J’aurais même tendance à penser que la prison, telle qu’elle est gérée aujourd’hui, est une véritable école pour malfrats en devenir.

    Plutôt que de construire de nouvelles prisons ou de trouver des alternatives ridicules pour vider les cellules, ne serait-il pas préférable d’investir dans un véritable personnel de suivi ? Des psychologues, des enseignants, des éducateurs spécialisés dans la réinsertion.

    Car une personne finissant sa peine ne retrouve pas la liberté avec passion : c’est souvent une réelle angoisse. Un ticket de train en poche et un numéro de téléphone : voilà ce que, pour la plupart, ils portent comme bagage de réinsertion.

    Investir dans l’humain, le suivi, l’analyse... Que ce passage en cellule soit un moment de réflexion sur soi, sur les faits, sur l’avenir : voilà ce qui pourrait réduire le nombre de prisonniers. À moins que l’on estime que ces personnes ne soient des hommes et des femmes qui n’apporteront plus rien à la société et qu’il vaut mieux les écarter et les enfermer, plutôt que de leur donner les moyens de trouver un autre sens à leur vie.

    Les Brèves