Les Brèves

    LA FOLIE DES ESCAPE GAMES !

    Ils se multiplient à Orléans…

    Énigmes, cadenas, exploration, réflexion et coopération… L’escape game a le vent en poupe à Orléans. Mais comment ce nouveau genre de divertissement fonctionne-t-il en coulisses ? Exemple chez Escape Time, dernier né des escape games locaux… Mathias Perez

    20 h 30, rue de la Batardière, à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Sept agents « temporels » attendent dans le hall d’Escape Time, escape game qui a ouvert ses portes le 1er mai dernier. Les missions de ces individus : mener l’enquête dans un étrange cirque des années 30 et trouver l’agent Alpha parmi les membres de la troupe… « Pour cela, vous aurez 60 minutes, annonce Angèle – la game master – à ces explorateurs d’un jour. Vous n’aurez pas besoin d’utiliser la force pour résoudre les énigmes, et il n’y aura rien en hauteur. Seul votre cerveau vous sera utile ! »

    Une fois ce briefing terminé, les joueurs entrent enfin dans le cirque, tandis qu’Angèle regagne sa régie de game master. Elle attrape sa souris, lance le chronomètre et c’est parti ! Comme tout bon joueur d’escape game, les sept agents temporels commencent par fouiller la pièce de fond en comble. « Je ne donne jamais d’indice dans les cinq premières minutes, nous dévoile Angèle. C’est important de les laisser s’imprégner de l’ambiance… » La game master peut en effet, à tout moment, aider les joueurs en leur donnant des indices plus ou moins évidents. « C’est une part très importante de notre métier, explique-t-elle. Il faut savoir leur donner un coup de pouce quand on sent qu’ils piétinent, pour ne pas qu’ils s’ennuient ou qu’ils s’agacent. En revanche, il ne faut pas donner trop d’indices, sinon ils se sentent bêtes et ils n’ont plus le plaisir de se creuser les méninges… » Avec une trentaine d’escape games à son actif, Angèle est une véritable passionnée. « Pour faire ce métier, il faut avant tout aimer jouer, confirme-t-elle. On vit l’aventure avec les joueurs, et plus ils sont réceptifs, plus on s’amuse. Il faut aussi être sociable. Si tu n’aimes pas les gens, c’est impossible de faire ce job ! »

    « seul votre cerveau vous sera utile… »

    Effet « waouh » garanti !

    Énigmes, codes, coffres et cadenas : Escape Time fait dans le classique, mais le fait particulièrement bien ! Il a d’ailleurs été élu « meilleur escape game de la région Centre-Val de Loire » en 2017. Avec quatre autres escape games sur Orléans et ses environs (voir encadré), la concurrence est rude, et il n’est pas toujours évident de tirer son épingle du jeu. « Notre plus grande force, c’est nos décors, assure Charly Chevet, le gérant. Pour le cirque, nous avons fait appel à un décorateur et quand on entre dans la salle, l’effet « waouh » est garanti ! » Escape Time mise également beaucoup sur son ambiance sonore (en effet, très peu d’établissements de ce type sur Orléans ont une bande-son). Autre point fort : la taille des différentes salles. Le cirque fait 75 m2 et permet donc d’accueillir jusqu’à dix personnes.

    Far-west ou manoir hanté… ?

    Retour à la partie. À une minute de la fin, les sept agents temporels engagés dans l’Escape Time débusquent le traître et remportent donc la victoire (taux de réussite de cette aventure : 52 %). Et avec quatre indices donnés par Angèle, ils sont pile dans la moyenne !

    Ils repartiront en sachant que l’Escape Time propose deux autres scénarios : le Silver Express (dans un train américain en 1890), et le Manoir des sœurs Aubépine (dans un manoir hanté en 1928)… La prochaine salle ouvrira ses portes dans un an, une cinquième dans un an et demi, et une sixième dans deux ans ! 

    Escape Time, 50 rue de la Batardière - Saint-Jean-de-la-Ruelle

    Tél. 02 38 43 14 01

    www.escapetime-orleans.fr

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    • UN MARCHÉ DÉJÀ SATURÉ ?

      Après Get Out, Esc’ape, Team Exit et Mystery Escape, Escape Time est déjà le cinquième escape game à ouvrir sur Orléans et ses environs. « Nous sommes un peu au-dessus de nos objectifs de fréquentation, assure Charly Chevet, directeur chez Escape Time. Il y a un vrai public pour les escape games à Orléans, et je pense qu’il y a de la place pour tout le monde. » Même constat chez Get Out, premier lieu de ce genre à ouvrir sur Orléans, en novembre 2015. « Pour le moment, nous ne ressentons pas de saturation, confirme Astrid Chaumeton, sa responsable régionale. D’ailleurs, entre nous, nous ne parlons pas de concurrence. Nous sommes plutôt dans un échange intelligent. Il nous arrive même de conseiller d’autres agences quand nos clients ont déjà fait nos deux salles. » Selon elle, les thèmes des escape games doivent être suffisamment différents pour que le concept ne s’essouffle pas. Un point de vue partagé par Guillaume Gomez, gérant de la franchise Mystery Escape. « Un escape game ne doit pas ressembler aux autres, autant dans la forme que dans le fond, explique-t-il. Les énigmes doivent être inédites, car la découverte est essentielle. Selon moi, l’âme des escape games, c’est la réflexion et la logique. Ça ne doit pas être uniquement un jeu de manipulation, sinon ça devient un Fort Boyard où il suffit de tirer sur des cordes… »

      Fin juillet, un sixième escape game verra le jour boulevard Rocheplatte, à Orléans. Son nom : Escape yourself. « Actuellement, nous sommes en pleine transformation, estime Aurélien Largeas, son directeur général. Nous allons d’ailleurs ouvrir une salle nouvelle génération, avec aucun cadenas. Ça n’existe pas encore sur Orléans. » Mystery Escape regarde également vers l’avenir. « La mode retombera très vite, et il n’y aura peut-être plus assez de clients pour tout le monde, analyse son gérant. Dans quatre ou cinq ans, qui sera capable de se renouveler ? Il faudra inévitablement un second souffle, et nous y travaillons déjà… »