Les Brèves

  • Après le calcaire... l’argile

    Si les anciennes carrières ou les cavités naturelles dues à l’érosion sont un problème, les sols argileux qui se situent principalement au nord de la Loire sont aussi dévastateurs pour les constructions. Et ce de façon plus insidieuse car il peut se passer des années, peut-être même des décennies pour en déceler les effets.

    Cela concerne environ près de 50 % du territoire dont 25 % classé en zone d’aléa fort.

    La particularité des sols argileux est qu’ils gonflent en cas de pluie et se tassent en période de sécheresse. Ces mouvements du sol successifs peuvent fragiliser, fissurer et, finalement, aller jusqu’à l’effondrement. Mais les signes avant-coureurs sont suffisamment évidents pour que les occupants aient largement le temps d’identifier le problème et éviter ainsi de se mettre en danger.

    À la lecture de ces informations, on pourrait estimer que la métropole est le territoire de tous les dangers. Ce n’est pas le cas... notamment pour les risques sismiques qui sont au niveau 1, soit le plus faible. Et pour la construction d’une maison ou d’un édifice quel qu’il soit, aucune réglementation parasismique particulière n’est à appliquer. Bonne nouvelle non ?

La métropole est-elle un gruyère ?

Risques géologiques

Dans le cadre de ce plan de déplacement, de nombreux sujets sont abordés et notamment les risques liés aux mouvements de terrain, d’affaissement ou d’effondrement en relation avec les cavités souterraines. Un phénomène connu sur notre territoire mais qui montre là l’étendue du problème à prendre en considération.

philippe hadef

Les risques d’effondrement ou de glissement sont-ils véritablement un problème majeur sur la métropole ? Oui et il suffit pour s’en rendre compte de consulter l’analyse des risques pour en avoir le cœur net.

À ce jour, 730 cas de mouvements de terrain ont été recensés par La base de Gestion Assistée des Procédures Administratives relatives aux Risques (GASPAR).

C’est un volume plus que conséquent qui touche toutes les communes à l’exception de Fleury-les-Aubrais et Semoy. Et sur l’ensemble du territoire, à l’exception de trois cas de glissements de terrain, tous les autres ont eu comme conséquence des effondrements. Les plus touchées sont les communes de Saint-Denis-en-Val (130), Saint-Cyr-en-Val (87) et Orléans (74). Au total ce sont 726 cas d’effondrement qui ont eu lieu.

Pour l’heure, aucun plan de prévention des risques spécifique n’a été élaboré. Pour autant, les différentes zones de fragilité sont peu à peu recensées. Orléans, à elle seule, a identifié 703 cavités pour un total – d’après la base nationale des cavités souterraines – de 1 175 sur l’ensemble de la métropole (500 000 au plan national selon le BRGM).

Comment expliquer une telle situation ?

On estime que depuis des siècles, et peut-être même dès que l’homme a identifié les matériaux qui pouvaient assurer sa protection, le calcaire a été largement utilisé. Le volume est devenu de plus en plus conséquent au fur et à mesure que les constructions se faisaient massives et la population imposante.

Mais le calcaire à la différence d’autres roches est très sensible à l’érosion. Il peut notamment se dissoudre peu à peu en fonction des différents niveaux de montée des eaux de la Loire et accélérer un effondrement. Il peut en être de même avec une rupture de canalisation d’eau qui aura les mêmes effets. Dans tous les cas, les infiltrations d’eau sont souvent l’élément déclencheur ou aggravant comme en 2016, à la fin du mois de mai, lors de fortes précipitations près d’une centaine d’effondrements sont recensés dans le département.

Reste qu’il faut dissocier les anciennes carrières et les cavités naturelles qui se sont formées par dissolution progressive du calcaire liée à la circulation des eaux souterraines.

Qui est responsable de l’entretien de ces cavités ?

Et bien la réponse est assez simple : les propriétaires du terrain. Si vous achetez une maison et qu’une cavité se trouve sous celle-ci, vous avez la responsabilité de son entretien. La situation est d’autant plus complexe si ce sous-sol fragilisé s’étend sur plusieurs emprises.

Reste que si le site est connu, la loi oblige à prévenir le futur acquéreur s’il y a un changement de propriétaire.

Dans ce cas précis, une fois avoir pris connaissance de ce risque, il suffit de prendre contact avec les services municipaux qui sont en contact permanent avec le BRGM afin d’identifier l’ampleur du risque. Une cavité humide, fissurée, avec des blocs au sol ou ayant un plafond très haut – rendant donc aléatoire l’assise de la construction qui se trouve au-dessus – sont autant de signes de fragilisation.

Évidemment, il existe une façon simple de réduire le risque à zéro c’est de combler la cavité totalement par du béton. Mais en fonction de son importance, la note peut être salée...

Les Brèves

  • 726

    Au total, dans le périmètre de la métropole, c’est le nombre d’effondrements qui ont eu lieu.