Les Brèves

  • Qu’est-ce que la Moutonte ?

    L’association La Moutonte a été créée en 2015 par Nathalie Fourage à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin. Elle promeut l’éco-pâturage dans les entreprises, les collectivités locales mais aussi auprès des particuliers ayant assez de terrains. Son objectif est de réduire la tonte mécanique et de préserver la biodiversité des hautes herbes. Lors du lancement de l’association, trois sites ont d’abord accueilli des cheptels de chèvres : les quais de Saint-Denis-de-l’Hôtel, l’entreprise Hitachi et un particulier ayant un grand terrain. Depuis, le concept s’est étendu et la Moutonte est présente sur une vingtaine de sites à travers la métropole orléanaise dont 32 ha au CNRS, à Orléans-La Source, un site qui possède même une bergerie. 

Des chèvres en bord de Loire

Métropole d’Orléans

L’association La Moutonte a installé un éco-pâturage à Orléans. Une vingtaine de chèvres et de boucs y tondent naturellement les hautes herbes et taillent les arbres. Cette initiative s’ancre dans une démarche écologique et sociale. À terme, l’association souhaite produire un lait de chèvre local et éthique.

claire seznec

Entre le pont Royal et le pont Joffre, à Orléans, on peut entendre bêler une vingtaine de boucs et de chèvres. Sous l’impulsion d’Orléans Métropole, le cheptel a été installé en bord de Loire depuis le mois d’avril par l’association pryvétaine La Moutonte. Il broute toutes les herbes hautes et taille même les arbres, progressivement et naturellement.

« Ce qui a sans doute amené la collectivité à faire appel à nous, c’est l’avènement de la mouvance du “faire autrement” que le tout mécanique, suggère Nathalie Fourage, la présidente et créatrice de l’association. C’est plus agréable pour les agents qui peuvent faire des choses plus intéressantes que tondre de l’herbe. » L’éco-pâturage en bord de Loire apporte également une notion écologique, puisque les chèvres ne mangent pas les fleurs et préservent ainsi la biodiversité (faune et flore). Néanmoins, pour éviter que les chèvres « ravinent tout le terrain » et/ou qu’elles tombent malades, elles changeront de parcelle en novembre.

Un animal social

Le long du grillage derrière lequel se trouve le cheptel, les Orléanais s’arrêtent quelques secondes voire plusieurs minutes. Certains sont même des habitués et s’inquiètent s’ils ne les voient pas. « L’animal amène l’humain, affirme Nathalie Fourage. Une fois, une personne âgée racontait à des enfants que lorsqu’elle était petite, elle avait une chèvre, mais qu’avec la guerre, elle a dû s’en séparer. Et les petits buvaient ses paroles ! » Selon l’animatrice de l’association, amener le rural en ville sert de lien social entre les générations. Elle met en avant la nécessaire coopération de l’Homme avec l’animal pour que ce dernier « soit heureux ». Certes, la qualité de l’herbe est primordiale, d’autant que les chèvres de la Moutonte ne mangent que ça, sauf en hiver, lorsqu’il neige ; de l’eau fraîche doit être à leur disposition, même si les chèvres ne boivent pas beaucoup. Mais surtout, ces animaux à cornes sont des animaux sociaux. En groupe, ils doivent s’entendre avec les autres. Afin d’éviter les conflits, Nathalie Fourage repère ceux qui ont des affinités et les regroupe. En bord de Loire, les deux chefs du troupeau, des boucs, sont d’ailleurs copains depuis longtemps. Ces derniers mois, des chevreaux sont nés et vivent aux côtés de leurs mères, dans l’éco-pâturage.

Vers un lait éthique ?

Les chèvres sont tellement sociales qu’elles peuvent déprimer, comme les Hommes. La responsable de la Moutonte se souvient de l’histoire d’un spécimen en particulier : sauvée de l’abattoir, une chèvre laitière vivait parquée dans un espaces clos et n’avait jamais vu la lumière du jour. « Lorsqu’elle est sortie, la première chose qu’elle a faite a été de regarder le ciel…, raconte Nathalie Fourage. Malheureusement, elle n’est pas parvenue à apprendre à manger seule ni à se lier avec ses congénères. » L’animal a arrêté de s’alimenter et s’est isolé, jusqu’à son décès. Un coup dur pour l’animatrice. Mais malgré cette expérience, elle souhaite sortir d’autres chèvres de leurs box et les aider à vivre une « vie normale » d’animal.

« L’animal amène l’humain »
Nathalie Fourage, de l’association La Moutonte. 

Pour aller plus loin, Nathalie Fourage réfléchit à produire du lait de chèvre directement à la Moutonte dans une démarche éthique : les chèvres vivront à l’extérieur, brouteront de l’herbe saine, ne seront pas séparées de leurs petits comme c’est généralement le cas dans les élevages laitiers. « Les chèvres allaitantes garderont la moitié de leur lait pour les chevreaux, c’est important, précise la responsable. Quand les animaux sont heureux et bien traités par les Hommes, ils nous le rendent bien. Et ça, il ne faut pas l’oublier. »

Les Brèves

  • 220

    moutons et chèvres de La Moutonte sont dispatchés dans les communes de la métropole d’Orléans.