Les Brèves

    Conserver l’histoire d’Orléans

    Au cœur des archives

    Depuis plus de 800 ans, la Ville d’Orléans conserve ses documents officiels. Aujourd’hui, des millions d’entre eux sont triés et entreposés dans les archives municipales et communautaires, si bien que l’espace pourrait commencer à manquer dans les années à venir.

    claire seznec

    Sous les arcades du bâtiment municipal où se trouve le Musée orléanais des Beaux-Arts, les Archives municipales et communautaires d’Orléans se font discrètes. La porte vitrée donne sur une salle de lecture trop peu souvent remplie. La faute, en grande partie, au numérique : depuis la création du site Internet des archives en 2011 puis de son compte Twitter en 2015, le public peut découvrir une partie des fonds archivés d’Orléans sans avoir à se déplacer. On compte d’ailleurs environ 250 visiteurs uniques par jour sur le site des archives. « Mais seulement 1 % des archives (soit un peu plus d’un million de documents) sont numérisées… Même nous, on ne pourra jamais voir ni lire tout ce qu’il y a », précise Christelle Bruant, la responsable des archives modernes et de la valorisation des Archives municipales et communautaires d’Orléans.

    Des millions d’archives

    Le sous-sol des archives, étalé sur deux niveaux, regorge de millions de documents, rangés dans des boîtes sur des étagères coulissantes. Le plus ancien date de 1183 ; le plus récent, de 2017. Outre les quelques archives privées (associations, entreprises, particuliers), des bulletins de conseils municipaux, des factures, des budgets détaillés, des informations sur les voiries, l’éducation, l’urbanisme, la culture et encore l’action sociale s’empilent chaque année. Ces documents créés par la mairie et la Métropole sont publics et arrivent tous aux archives. Parfois, il faut respecter un temps légal de conservation, par exemple, les archives doivent garder ce qui a trait aux finances pendant dix ans ; a contrario, les permis de construire sont conservés ad vitam æternam ; d’autres encore restent aux archives pour souci historique, comme les marchés de la 1re édition du Festival de Loire et celle des fêtes johanniques. « Aux Archives, on est dans le passé tout en étant à l’affût des mouvements de la société actuelle : certains documents d’aujourd’hui pourront intéressés la société de demain, explique Christel Duris, la responsable du service archives. Finalement, les archivistes s’occupent de la population en gardant des informations potentiellement utiles pour eux. » Surtout, ces informations, inintéressantes au premier abord, se transforment en éléments culturels à l’instar d’un appel d’offre pour un feu d’artifice en 1914 métamorphosé en une reproduction picturale dudit événement pour une exposition sur la grande guerre. D’ailleurs, les missions prioritaires des huit archivistes orléanais sont les suivantes : collecte, classement, conservation et communication. « La casquette de récupération de données et la casquette d’utilisation des archives vont ensemble, c’est notre raison d’être », précisent les archives orléanais.

    Bientôt la saturation ?

    Si certains documents sont jetés à la fin du délai légal de conservation, d’autres sont donc conservés pendant des dizaines voire des centaines d’années. Les archives d’Orléans et d’Orléans Métropole sont stockées dans plusieurs bâtiments. Aujourd’hui, on trouve 3,9 km d’archives (rangés dans des boîtes, sur des étagères de deux mètres de haut) dans les sous-sols, en centre-ville ainsi que 2,2 km sous la place Saint-Marc et dans un bâtiment de La Chapelle Saint-Mesmin. Il faut ajouter 600 mètres linéaires de documents à éliminer, stockés chez un prestataire extérieur. « Tous les ans, on reçoit de nombreux documents des collectivités : l’année dernière sur les 200 mètres linéaires donnés par la Ville, on en a gardé la moitié, soit 2 000 boîtes environ, ajoute Christel Duris. Pour Orléans Métropole, on en a conservé 1 000 pour l’an passé, mais à l’avenir la tendance va s’inverser et il y aura plus d’archives métropolitaines que d’archives communales. » Problème : lorsque les archives arrivent, il faut les stocker ; et plus il y a d’archives, moins il y a d’espace de stockage. Il en reste actuellement environ 20 % mais l’espace se remplit rapidement.

    D’autres soucis, ponctuels et « récurrents dans les services d’archives en sous-sol », se manifestent parfois. Il faut savoir que l’hygrométrie (taux d’humidité relative dans l’air) doit être parfaite afin d’éviter l’assèchement du papier et la moisissure. Mais souvent des tuyaux et conduits d’eau parcourent les sous-sols. Et ils peuvent se percer ou avoir une fuite. « Ça arrive et c’est normal… Le bâtiment des archives d’Orléans date des années 50-60, il a vécu, explique Christel Duris. Pour surveiller, chaque pièce est équipée d’un hygromètre et même si on ne descend pas tous les jours dans le sous-sol, on essaie d’avoir un œil dessus. » Un œil sur l’eau, un œil sur l’espace de stockage, et encore un autre sur l’évolution de notre ville : les archivistes sont des passionnés et ils ne semblent pas prêts de s’arrêter.

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    • 79 %

      de la surface disponible pour les Archives municipales et communautaires d’Orléans est pleine.