Les Brèves

  • Michelle et Maurice Doisneau : Une « candidature » spontanée

    Ils ont respectivement 72 et 78 ans et ont décidé de tester les capteurs de Janasense. Une façon pour eux de participer à la mise au point de ce produit et de donner leur sentiment sur l’intérêt d’un tel outil.

    « Nous avons reçu un courrier de notre bailleur, Logem Loiret, expliquant que, dans le cadre de l’amélioration de la sécurité des locataires, un projet allait nous être présenté ». Ce projet c’est évidemment celui développé par la société Janasense. « Nous avons rencontré un représentant de Logem Loiret et de la start-up orlénaise et, sans même vraiment y réfléchir, nous avons spontanément accepté de tester le produit » explique Michelle Doisneau.

    Le couple ne manque pas d’autonomie et c’est d’abord par volonté d’accompagner l’initiative qu’ils ont répondu présent tout en sachant l’intérêt d’un tel outil, notamment pour les familles et les accompagnants : « À partir du 22 mai – date de l’installation des capteurs à leur domicile, nous allons entrer dans la phase d’expérimentation qui durera environ un an. Nous n’avons pas réellement d’idées sur la façon dont les données pourront être exploitées, mais nous n’avons aucune inquiétude sur leur utilisation. Si cela peut faire avancer le projet... ».

    Dès les premières minutes ils ont néanmoins compris tout l’intérêt de ces capteurs : « Nous avons une fille qui nous appelle tous les jours. Pour l’entourage, la famille, je pense que ce produit peut être rassurant. De la même manière il peut y avoir des alertes pour eux si, par exemple, nous sommes à la maison et que le frigo n’a pas été ouvert de la journée ».

    Et de conclure par une anecdote dramatique : « dans notre voisinage, un homme a été découvert dix jours après son décès à son domicile ». Qu’en aurait-il été si les capteurs avaient décelé des changements d’habitude notoires chez cette personne en amont de son décès ?

Des capteurs pour réagir à temps

Retraités connectés

Janasense, la start-up orléanaise a obtenu le soutien de la conférence des financeurs du département et un accompagnement sans faille de ses partenaires dans le cadre de cette politique d’innovation à destination des seniors pour un meilleur confort et un maintien plus performant à domicile en toute sérénité pour les familles.

philippe hadef

Quand on parle nouveau service et nouvelle technologie, rien n’est jamais en lien avec le hasard. Michaël Alves, après vingt ans dans l’univers du web, est un de ces entrepreneurs qui confrontés à une réalité vécue, a tenté d’apporter, par son savoir-faire et sa créativité, une réponse adaptée au problème de lien existant entre les personnes âgées et leur famille.

Car si l’on anticipe assez facilement certaines étapes de notre vie, il est assez rare de voir, sauf événement exceptionnel ou maladie dégénérative déclarée, ses parents ou grands-parents perdre peu à peu leur autonomie. D’autant plus quand la mobilité est encore bien au rendez-vous et que le seul contact que l’on peut avoir est un coup de téléphone ou un passage régulier pour vérifier que tout va au mieux.

Ces petits riens qui ne passent plus inaperçus

Mais qu’en est-il de ces petits signes avant-coureurs ? De ces petits riens qui doivent néanmoins alertés l’entourage. Pour cela Michaël Alves a imaginé toute une série de capteurs qui permettent d’identifier les failles dans la routine quotidienne de nos aînés.

« C’est aussi une façon de ne pas rompre le lien en faisant de ce coup de téléphone quotidien une forme de communication quasi « professionnelle ». En sortant de cette obligation on ne dégrade pas le lien familial ».

Mais si l’entreprise Janasense, qu’il a créée à Orléans et installée au Lab'O depuis juin 2016, est encore dans une phase de test de ses produits, notamment en relation avec les résidents (lire par ailleurs) de Logem Loiret – autre partenaire au même titre que le Crédit Agricole Centre Loire – la phase de commercialisation est néanmoins programmée pour la fin de l’année 2018 ou, au plus tard, premier trimestre 2019.

Mais quelle est la valeur ajoutée de ce produit qui s’adresse d’abord à des personnes non-dépendantes : « Quand on parle vieillissement, on est très peu dans la prévention et l’accompagnement. Et c’est de ce constat qu’est parti le projet. Le « bien vieillir », c’est considérer qu’on est bien et qu’on va le rester le plus longtemps possible. Et on a créé ce service dans ce sens-là ». Aucune dramatisation à l’horizon donc mais au contraire une posture qui se veut positive afin d’identifier le plus tôt possible une lassitude, un laisser-aller ou des soubresauts dans le quotidien qui peuvent être autant d’alertes qui, bien anticipées, pourraient permettre un maintien au domicile dans les meilleures conditions possibles.

Des capteurs pour identifier les évolutions

Mais ces capteurs qui peuvent à la fois identifier si le frigo a été ouvert, si la température est bonne, si le bruit n’est pas une cause de mal être, si l’hydrométrie est cohérente, notamment avec la toilette quotidienne... sont autant d’éléments qui, analysés, permettent d’identifier rapidement des évolutions comportementales qu’un simple coup de téléphone, fusse-t-il quotidien, ne saurait mettre au jour.

« Le principe de la prise de conscience grâce à ces capteurs d’une évolution dans le rythme quotidien des personnes âgées au cœur de leur logement est aussi une façon d’anticiper les difficultés » avant qu’elles ne deviennent une réelle pathologie. Les utilisateurs, eux-mêmes, peuvent être partie prenante de l’installation de ces capteurs, « ce n’est pas fait seulement pour rassurer les proches, c’est une responsabilité partagée », ajoute Michaël Alves.

La phase de test qui s’ouvre maintenant pour plusieurs mois auprès d’une vingtaine de personnes âgées autonomes aura également son importance. « Ce que nous visons avec ces tests c’est l’acceptabilité de notre système, son ajustement avant la phase d’industrialisation ».

Ce qui est certain en revanche c’est que le département ainsi que l’ensemble des membres de la conférence des financeurs ont trouvé le projet suffisamment pertinent pour apporter un soutien financier à cette start-up à hauteur de 100 000 euros. Jonasense a, en moins de deux ans, cinq salariés à plein temps, plusieurs stagiaires et contrats de professionnalisation sans compter les personnes qui sont prestataires de l’entreprise. Le Lab’O vecteur d’innovation et d’emploi, en voilà une brillante démonstration.

Les Brèves

  • L’accélérateur, un plus

    Ce n’est pas totalement par hasard si Jonasense a souhaité s’installer au Lab’O dès sa création même si depuis elle a pris plus d’espace pour intégrer les nouveaux personnels. « Même si j’ai suivi une formation avec la CCI lors du parcours de création d’entreprise, le Lab’O permet de partager, de confronter les expériences et aussi, parfois de se rassurer. Mais la logique veut aussi, à partir d’un certain stade de développement, qu’on en sorte un jour ».