Les Brèves

    Amin Mehr Mimines d’or

    Ce magicien orléanais a été jusqu’à présenter ses tours dans les pays du Golfe. Il lorgne aussi du côté du mentalisme et a même fait intervenir des… hologrammes dans quelques-uns de ses spectacles. Jean-Luc Mélenchon n’a qu’à bien se tenir. benjamin vasset


    Dans ce métier, on n’a pas souvent l’occasion de réaliser une interview avec un cacatoès rosalbin arrimé sur son genou gauche. Ajoutez à cela que le perroquet en question s’appelle Rocky, et vous vous ferez une petite idée de l’incongruité du décor. Ça tombe bien : l’ambiance et le décorum, c’est, paraît-il, ce qui fait « 70 % » d’un tour de magie. Et côté tour, le garçon à qui nous avons affaire en connaît un rayon. Amin Mehr en a un gros millier dans son sac, dont il nous offre un échantillon particulièrement subjuguant. On n’y pige rien, c’est là l’essentiel, surtout lorsqu'il nous fait profiter de ses talents de mentaliste ou quand il use de sa tablette numérique pour ajouter de l'exceptionnel à un tour déjà bien ficelé... On bisque, il s’en amuse, sans jamais nous livrer, bien sûr, quelques-uns de ses « trucs ». Car où serait le plaisir sans mystère ?

    Chez l’émir du Qatar

    Amin Mehr est un magicien professionnel, l’un des seuls sur la métropole, où leur nombre se compte sur les doigts d’une demi-main. Il ne fait pas de spectacles en public mais réserve ses arabesques pour des soirées de gala. À l’Open d’Orléans, certains partenaires l’ont déjà vu leur embrouiller le cerveau, mais sa dextérité a aussi dépassé les frontières du Loiret. L’Italie, l’Afrique, les Émirats Arabes Unis et le Qatar sont, par exemple, quelques-uns de ses scènes de jeu. Mais pas encore le Pakistan, pays qui l’a vu naître il y a quarante ans, et où il est retourné, pour la première fois, en janvier dernier. « Cela rend humble. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais », raconte-t-il en faisant défiler sur son smartphone quelques photos de son périple en terre natale.

    « la clé, c’est l’humour et le fun »

    De la chance, Amin Mehr en a peut-être eu, mais surtout du talent, bien qu’il mette quelques secondes à reconnaître que son patrimoine génétique devait abriter une forme de don. Comment expliquer sinon que dès ses huit ans, il réalisa son premier tour de magie à l’aide une pièce de 5 francs ? « Le déclic, c’est quand j’ai vu à la télé Gérard Majax faire disparaître un dé à coudre… », se rappelle-t-il. Au lycée, un ami « l’initia » à d’autres dissimulations. « On s’est beaucoup amusé… », revient-il, l’œil qui frise et le sourire en coin. Amin passa ensuite son bac, s’inscrivit en fac mais n’y fit pas de vieux os puisque la magie devint rapidement son gagne-pain, grâce à l’entregent d’un sonorisateur local puis d’un agent artistique, Jean-Pierre Pousse. Celui-ci lui fit alors prendre l’avion pour aller épater l’émir du Qatar et d’autres prestigieux clients à Dubaï. « Dans ma vie, je n’ai dû faire que trois semaines d’intérim et je n’ai pas fait d’autres boulots », se réjouit-il a posteriori.

    Et merci Pierre Richard !

    « Réservé » quand il était môme, Amin Mehr a petit à petit dépassé sa discrétion originelle en se formant notamment à l’art du théâtre, bien utile quand il s’agit d’empapaouter un auditoire lors d’un tour de magie. Son épanouissement fut aussi à mettre au crédit – indirect – d’un certain… Pierre Richard, dont l’un des films, Je suis timide mais je me soigne, agit comme un autre « déclic » pour le futur prestidigitateur. Depuis, le garçon a su mener sa barque, s’adaptant à tous les publics, les « crédules » comme les « taquins ». Il a ainsi la chance, souligne-t-il, de se frotter à « toutes les classes sociales possibles ». « Je me rappelle d’une semaine où, le mardi, je faisais une animation à la maison d’arrêt d’Orléans et le lendemain, je me trouvais à Dubaï dans une suite présidentielle… » On lui proposa d’être embauché à l’année dans la capitale du petit émirat, mais il refusa, préférant rester à Orléans, qu’il désigne comme le « centre de (son) monde ». Il n’avait alors pas demandé à Rocky son autorisation : à l’époque, le cacatoès n’était pas encore sorti de son chapeau... 

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    • CV

      07/05/1977 :  naissance à Jhelum (Pakistan)

      05/1998 : premier spectacle de magie

      2003 : premier spectacle donné à Dubaï (EAU)