Les Brèves

  • CV

    24/06/1947 : naissance à L’Isle-Jourdain (86)

    2008 : court son premier Marathon, au Mont Saint-Michel

    2011 : retraité de l’Éducation nationale

Daniel Koch Deux hautes luttes

À 71 ans, cet habitant de Boigny-sur-Bionne va courir ce week-end son 14e marathon à Boston, Massachussetts. Une expérience qu’il souhaite faire partager au plus grand nombre, alors qu’un cancer lui a été diagnostiqué en décembre dernier. benjamin vasset


Depuis le temps, on a pris l’habitude de se méfier des bonnes âmes qui nous contactent directement pour se faire tirer le portrait. Car parfois, le rendez-vous qui suit met en avant, chez l’invité, un narcissisme quelque peu surfait. Aussi, quand Daniel Koch nous a sollicité la semaine dernière, nous avons pris sa requête avec un brin de distance. Sentiment vite effacé par un aveu rapidement fait par l’intéressé au bout de quelques minutes de conversation : « si j’ai fait appel à vous, c’est que, forcément, je suis un peu cabot… » La franchise plutôt que la fausse modestie : c’était l’augure d’un entretien qui partait bien. La suite fut du même acabit. Daniel Koch nous a raconté beaucoup de choses de sa vie de prof (à Benjam’ notamment), puis de sa longue carrière dans l’Éducation nationale. Il eut d’ailleurs fallu une carte de France, Métropole et DOM-TOM réunis, pour tracer le fil de ses pérégrinations, de Poitiers à Nantes, de Lille à Rennes, et d’Orléans jusqu’à Wallis-et-Futuna. « Heureusement que, dans la vie, il n’y a pas que des gens comme moi, a-t-il glissé malicieusement. Cela créerait des sociétés trop instables… »

En six majeurs

Et puis, au moment où nous nous apprêtions à plier bagage, il nous a rattrapé par la manche. « Je veux vraiment faire comprendre que les seniors peuvent avoir des choses à apporter dans la vie. Qu’il faut aussi se bouger, ne serait-ce qu’un doigt ou qu’un orteil… Et qu’il est bon, parfois, d’oublier son âge... » C’était là le sens de son message, le mobile du mail préliminaire qu’il nous avait envoyé deux jours plus tôt. « Si vous pensez que mon exemple puisse encourager l’activité physique des seniors et aider à leur bien-être pour eux-mêmes et dans la société, je me tiens à votre disposition… », nous avait-il suggéré.

« quand on n’a plus d’objectif… »

Son exemple parle au futur proche : ce week-end, dans les rues de Boston, Daniel Koch tentera de boucler une boucle qu’il a lui-même dessinée : courir – et terminer – les six marathons majeurs de la planète (Londres, Berlin, Chicago, New York, Tokyo et Boston, donc). « Faire tout ça, c’est une façon de dire : « j’existe, je vis », a-t-il amené sur la table. À 71 ans, je pense que ce n’est pas donné à tout le monde... » Rassurons-le, ça ne l’est pas plus à vingt, trente ou quarante… Lui s’y est ainsi mis progressivement, commençant par se frotter aux 10 km, puis montant en semi pour terminer sur la distance mythique des 42,195 bornes, à base de « deux-trois entraînements par semaine. » Ces dernières années, à côté de ces foulées cadencées, Daniel Koch a aussi grimpé le Kilimandjaro et emprunté les 1 600 km de voies menant du Puy-en-Velay jusqu’à Compostelle. À l’heure où certains de ses compagnons de génération remplissent leur temps libre de jardinage et de lecture, lui avale, baskets aux pieds, des hectomètres de caillasse et de bitume. Chacun sa route, chacun ses chemins. « Quand on n’a plus d’objectif, on a presque un pied dans la tombe », soulève-t-il.

Au pas de course

En décembre dernier, un coup en vache, sous forme de cancer de la prostate, l’a pourtant percuté au menton. « Il ne me pose pour l’instant aucun problème pour courir », rassure-t-il. La course à pied à haute dose lui offre aujourd’hui plus un exutoire qu’une échappatoire et, même si ses « performances ont chuté », il confie vouloir continuer de courir « pour garder la forme et le moral ». Nul doute qu’il profitera à fond, ce week-end, de l’atmosphère incomparable du marathon de Boston, lui qui aime tant se sentir « porté par la foule » lorsqu’il avance, « grisé », tout au long du macadam. Sans doute ne battra-t-il pas son record personnel (4 h 12), mais maintenant, l’important est ailleurs. Depuis cet hiver, Daniel Koch a entamé la course la plus rude de son existence. 

Les Brèves

  • Allez, volez !

    Pendant que la France part peu à peu en vacances (scolaires) et que les actifs de la France entière sont devenus des professionnels de l’anticipation grâce à la grève perlée des agents de la SNCF, un autre mouvement est venu compléter le tableau : celui des pilotes d’Air France. Alors qu’au sol, l’embolie est acquise, dans l’air, les heureux vacanciers qui espéraient découvrir de nouveaux horizons en sont quittes pour attendre dans les aéroports, comme leurs concitoyens dans les gares.

    Les revendications des pilotes touchent-elles à la sécurité ? Au nombre d’heures de vol ? Aux risques d’attentat ? À l’état des appareils ? Vous n’y êtes pas. À l’heure où nous écrivons ces lignes, Ils entameront une sixième journée de mouvement parce qu’ils revendiquent une augmentation de… 10 % de leur rémunération. Alors, c’est vrai, ces personnels ont probablement dû faire des efforts lorsque la compagnie française était au bord du précipice. Mais quand on gagne en moyenne 12 000 € par mois (5 200 € bruts à l’embauche hors primes, tout de même), que le climat national est aussi tendu, le timing est-il judicieux ?

    Personnellement, même si je peux comprendre toutes les revendications, y compris celle-ci, j’ai beaucoup de mal à trouver légitime que l’on perturbe plus encore les transports. Il y aurait même une forme d’indécence. En tout cas, compte tenu du niveau de salaires et de l’évolution permanente du trafic aérien, ces informations pourraient faire des émules au sein des lycéens – ou de leurs parents – qui nous lisent. Car, dans les années à venir, on embauchera dans ce métier. Et vous l’aurez compris, on est loin du salaire minimum. Encore que toutes les compagnies ne sont pas aussi généreuses…