Les Brèves

    « Notre objectif est politique, mais pas électoral »

    Que veut le Think Tank « Tous Orléans » ?

    Tout neuf dans la vie politique locale, le Think Tank « Tous différents, tous Orléans » veut insuffler un vent de fraîcheur et amener quelques idées « innovantes » dans le fonctionnement de la cité. Ses adhérents assurent aussi que leur association n’est pas un marchepied vers les municipales de 2020. Mais…

    benjamin vasset

    Ce « Think Tank », c’est quoi ?

    Dans sa définition générale, un « Think Tank » est un « groupe de réflexions ou un laboratoire d’idées, dont l’activité est en général de produire des études et d’élaborer des propositions, le plus souvent dans le domaine des politiques publiques et de l’économie. » Le Think Tank « Tous différents, tous Orléans », dont la première AG s’est tenue en janvier dernier, s’est fixé pour mission de « produire des éléments de réflexion et des propositions ». Ceux-ci devraient être remis « aux décideurs » d’ici le début de l’année 2018. « Nous aimons Orléans et nous défendrons notre image, notre culture et notre histoire », a signifié le Think Tank dans sa charte de valeurs, signée en décembre dernier. « Progressiste » et européaniste, ce collectif explique également vouloir défendre une « ambition sociale et environnementale forte ».

    Quelle forme prend-il ?

    « Juridiquement, il s’agit d’une association », assurent les membres de ce Think Tank présidé par Yann Chaillou, ancien animateur des Jeunes Socialistes du Loiret (voir encadré). Celui-ci est entouré de plusieurs vice-présidents, dont Joëlle Gellert, qui s’occupe de la communication (notre photo). Le Think Tank revendique aujourd’hui une soixantaine d’adhérents, mais déclare ne pas avoir d’objectif chiffré. Deux ateliers ou assemblées thématiques se sont mis en place pour le moment pour débattre de deux grands thèmes : « Être fier d’Orléans et faire rayonner notre ville » et « Vivre Orléans au quotidien et améliorer notre qualité de vie. »

    Qui rassemble-t-il ?

    Environ la moitié des membres de ce Think Tank sont issus des rangs du PS. Mais le groupe explique avoir pour ambition d’agréger toutes les bonnes volontés et certifie d’une composition variée sur le plan des sensibilités politiques. « Nous sommes un groupe en mouvement, précisent Yann Chaillou et Joëlle Gellert. La politique, à Orléans, c’est un peu un entre-soi. Nous, on veut aller chercher des gens dans les quartiers populaires. Pour l’instant, c’est vrai, on en a peu. Mais on n’a pas encore fait de réunions à La Source, à l’Argonne ou aux Blossières, par exemple. » L’idée de ce Think Tank est, selon l’expression consacrée, de faire de la politique « autrement ». « Les partis sont de bons outils pour les élections, mais beaucoup moins bons en dehors, analyse Yann Chaillou. Aujourd’hui, ils n’arrivent plus à produire des idées. »

    « les partis n’arrivent plus à produire d’idées »

    Que propose-t-il ?

    Pour l’instant, aucune proposition concrète n’est sortie du chapeau du Think Tank. Aucun retard à l’allumage cependant, puisque ses membres répètent qu’aujourd’hui est le temps de la réflexion, de l’élaboration de constats et de l’échange d’idées. Ses membres concèdent cependant que les problématiques de la gratuité des transports en commun et des « lieux non-investis », comme « les friches industrielles, le Campo Santo ou l’ancien hôpital Madeleine » sont deux grands sujets de réflexion au sein du groupe. Autre piste : « lors de nos réunions, on s’est rendu compte que la ville était clivée. On veut donc réfléchir à la façon dont on pourrait aménager des lieux de mixité et de rencontres. » Le collectif dit vouloir penser le développement d’Orléans « à l’horizon 2050. »

    Une liste en 2020 ?

    Aucunement, disent les membres de ce Think Tank : « notre objectif est politique, mais pas électoral. » Yann Chaillou justifie cette posture : « préparer des élections municipales, ça ne se fait pas trois ans à l’avance. Travailler sur un projet cohérent prend beaucoup plus de temps : il faut même 10-15 ans ! En 2020, au moment des élections, on fera un barbecue… » Pour autant, il n’y aura pas d’oukase : des membres du Think Tank pourront se présenter sur les listes qui se formeront lors des municipales de 2020.

    Un collectif « En Marche » ?

    Ringardiser les partis, faire venir à la politique des gens qui ne se sont jamais investis, « travailler sur la transversalité »… Tout cela fleure bon le macronisme, non ? « Si vous voulez, répond Yann Chaillou. Et si vous allez par là, je crois que Macron répond à une attente des gens et qu’il faut arrêter avec les positions de principe. »

    En pleine période « d’infusion », ce collectif évite pour le moment les prises de positions tranchées. Pas facile sur la plan de la comm’, ses membres le reconnaissent aisément. Une proposition forte et marquante sur le plan du territoire devrait cependant bientôt émerger. S’inscrira-t-elle contre le maire actuel, qui pourrait avoir les faveurs d’En Marche en 2020 ? Pour le moment, le collectif se garde d’écorner la politique de la majorité municipale.

    Plus d'infos

    Prochaines réunions : 24 mars et 14 avril, 24 rue Emile Zola, à 14h30.

    Les Brèves

    • Itinéraire d’un Jeune Socialiste

      Président du Think Tank « Tous différents, tous Orléans », Yann Chaillou est l’ancien animateur du Mouvement des Jeunes Socialistes du Loiret. Un parti qu’il a quitté l’an dernier après avoir ardemment milité pour Manuel Valls lors des primaires de janvier 2017. Désormais assistant parlementaire du président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, il travaille à Nantes mais dit revenir une à deux fois par mois à Orléans.

      S’il ne s’est pas encore mis en marche, Yann Chaillou laisse peu d’incertitude quant à son positionnement actuel. Dimanche dernier, il réagissait sur Twitter à la large avance prise par Jean-Pierre Door (LR) sur Mélusine Harlé (LREM) dans la 4e circonscription du Loiret : « il faut rassembler toutes les forces progressistes pour mettre fin au clientélisme, au populisme et aux conservatismes. »

      De son ancienne famille politique, Yann Chaillou ne garde aucune nostalgie. « En 2014, après les municipales, j’avais déjà envie de partir, s’autorise-t-il. Avec les MJS, on avait quand même failli quitter la liste trois jours avant les élections… » Enfin, de l’élection d’Olivier Faure à la tête du PS, il dit ainsi : « j’aurais bien envie de reprendre une expression de Jacques Chirac (« ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », ndlr), mais je dirais que ceux qui soutiennent Olivier Faure sont aussi ceux qu’on voit ici depuis longtemps. C’est "on prend les mêmes et on recommence"… » Les intéressés apprécieront.