Les Brèves

    Adélaïde Hautval, l’« amie des Juifs »

    Exposition au CERCIL

    Psychiatre ayant défendue une famille juive à Bourges en 1942, Adelaïde Hautval a été déportée dans le camp de Birkenau, en Pologne. Là-bas, elle a exercé en tant que médecin, mais a été confrontée à des expériences inhumaines… qu’elle a refusé de pratiquer. claire seznec


    Née en 1906 en Alsace, Adélaïde Hautval a suivi des études de médecine, se spécialisant en psychiatrie, avant de travailler dans le sud de la France. Un jour d’avril 1942, sa mère décède à Paris, alors sous occupation nazie. Souhaitant assister à ses funérailles, elle demande aux autorités allemandes l’autorisation d’entrer en Zone occupée. Se heurtant à un refus, elle prend le risque de traverser la ligne de démarcation mais est arrêtée et transférée dans une prison de Bourges. Un mois plus tard, alors qu’elle prend la défense de prisonniers juifs, elle doit épingler un bout de papier jaune avec la mention « amie des Juifs ».

    Puis, après être passée par Pithiviers, Beaune-la-Rolande, Orléans et Compiègne, elle est envoyée en janvier 1943 dans le camp d’extermination de Birkenau, en Pologne. C’est alors « par une succession de circonstances plutôt curieuses » qu’Adélaïde Hautval est employée comme médecin dans les camps nazis. Elle y soigne les patients avec un dévouement sans borne, leur évitant parfois une mort prématurée. « Ici, disait-t-elle, nous avons tous été condamnés à mort. Comportons-nous en êtres humains aussi longtemps que nous serons en vie. » Mais un jour où elle est transférée au block 10 d’Auschwitz, elle découvre des expériences médicales inhumaines pratiquées sans anesthésie sur des détenues juives. Celles-ci consistaient notamment à brûler les organes génitaux avec des produits toxiques afin de stériliser les femmes. Adélaïde Hautval refuse de participer à ces abominables expérimentations et, plus tard, dit également « non » à Mengele qui lui demande de prendre part à des expérimentations sur des jumeaux. Elle est alors renvoyée à Birkenau et réussit à survivre jusqu’à la Libération. Lorsqu’elle revient en France, en 1945, Adélaïde Hautval reçoit la Légion d’Honneur et, en 1965, la médaille des Justes. 

    Les Brèves

    • Jusqu’au 1er avril

      Après avoir organisé, en février, un cycle de conférences sur l’engagement des femmes protestantes pendant la Seconde Guerre mondiale, le CERCIL – Musée mémorial des Enfants du Vel d’Hiv propose cette exposition temporaire sur la psychiatre Adélaïde Hautval, déportée en Pologne en 1943 et qui a continué, là-bas, à être au service des détenus avec humilité et humanité. Samedi 24 mars, une visite commentée sera organisée à 15 h. L’exposition, elle, restera visible jusqu’au 1er avril.