Les Brèves

    La fièvre brune

    Nous avons une nouvelle jeune fille métropolitaine qui a été désignée, comme chaque année, pour figurer Jeanne d’Arc. Oui mais voilà, après des propos quelques peu déplacés sur une précédente Jeanne qui avait de belles formes généreuses, c’est maintenant la couleur de peau qui met les réseaux sociaux en émoi.

    Et oui, en 2018, Mathilde Edey Gamassou présentera un grain de peau qui ressemblera trait pour trait aux millions de personnes qui, faisant fi des risques de cancer de la peau, se jettent sur les plages ensoleillées pour avoir ce teint hâlé…

    Jeanne est pourtant universelle aujourd’hui. Il ne s’agit pas de la grimer en blonde aux yeux pétillants, laissant croire à la France qu’il s’agit d’un modèle génétique qui a marqué son histoire tout au long des siècles. Car si l’on devait remonter quelques centaines d’années en arrière, on découvrirait que les blondes aux yeux bleus ne couraient pas les rues et les caniveaux. Il serait même probablement intéressant qu’un chercheur, un jour, se penche sur le faciès de nos ancêtres et nous ramène face à une réalité. Le rêve d’une race pure, cauchemar de tous les peuples, n’a pas le droit de citer dans cette commémoration orléanaise où nous devons tous nous rassembler.

    Je suis heureux et fier de voir que dans cette ville, au sein de cette association marquée par une croyance réelle – et pour d’autres moins fervents – on puisse offrir cette chance à quiconque réponde aux critères de figurer Jeanne. Alors, pour paraphraser la « vraie » Jeanne s’adressant aux Échevins, lesquels doutaient de l’efficacité de sa présence : « qui l’aime la suive… »

    Et j’ajouterais, pour les autres : allez au diable !

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