Les Brèves

    Roger Toulouse, le contemporain novateur

    Exposition

    À l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance, l’artiste orléanais Roger Toulouse (1914-1994) est mis à l’honneur. Une multitude de peintures, de dessins et de sculptures aux influences différentes raconte une histoire particulière du XXe siècle.

    claire seznec

    Orléans a vu naître de nombreux artistes, dont Roger Toulouse en 1918. Ce dernier commence la peinture très tôt en suivant les cours de l’École des Beaux-Arts. La peinture à l’huile lui permet d’extérioriser son inquiétude devant un monde en perpétuelle et rapide mutation. Son premier tableau connu s’intitule L’Église de Semoy, à la composition solide, aux influences de Cézanne, sans mièvrerie. À cette époque, Roger Toulouse se cherche, farfouille dans le cubisme, le surréalisme, le fauvisme. Ses toiles se teintent de bleu, de rouge ; au fil du temps, les couleurs se multiplient et chatoient de plus en plus, les formes deviennent géométriques. « Je crois atteindre le rivage où l’on pourrait peindre avec moins de détresse », confie-t-il en 1942, alors qu’il entre dans cette nouvelle phase artistique.

    Puis viennent les thématiques plus spirituelles, les œuvres s’assombrissent, tirant sur le rouge sang, le gris, le bleu presque noir. Quelques années plus tard, le jaune et les éléments triangulaires apparaissent : « mes compositions étaient étayées par le triangle comme une cathédrale était étayée… Le triangle donnait une force et un appui à la composition centrale », décrit-il au début des années 1960. Son œuvre se tourne aussi vers la question de l’impact de l’Homme sur la nature, comme La Tour nucléaire, réalisée en 1969, et celle du futur : on pense ici à L’Engin volant, de 1964, qui représente une sorte de soucoupe volante toute en triangles.

    Les deux dernières périodes artistiques de Roger Toulouse tranchent totalement : le figuratif, agrémenté d’éléments architecturaux comme figés, invite à réfléchir au progrès et au sens de l’existence. À la fin de sa vie, le blanc domine dans ses tableaux, les formes y sont d’une grande diversité mais le fond, lui, demeure : qu’en sera-t-il de l’avenir de l’Homme contemporain ?

    Les Brèves

    • À la Galerie du Théâtre

      Jusqu’au 18 mars, près de 80 peintures, une cinquantaine de dessins et une dizaine de sculptures de l’Orléanais Roger Toulouse (1918-1994) sont dévoilées dans la Galerie du Théâtre d’Orléans. Organisée conjointement par l’association de Amis de Roger Toulouse et la Ville d’Orléans, l’exposition « Roger Toulouse : une création novatrice inscrite dans son siècle » retrace les grandes périodes de la vie de l’artiste.

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      Entrée libre.