Les Brèves

  • Ambitions déçues

    Ce devait être chronique d’un triomphe annoncé : sans le moindre doute, ou presque, l’OLB devait remporter dimanche dernier son premier titre depuis la Coupe de France en 2010. Las : à Disneyland, Denain a privé Orléans de la Leaders Cup de Pro B. La déception était grande, c’est un euphémisme, chez les supporters orléanais. Olivier Carré, qui avait pris la parole l’avant-veille dans les colonnes de La Rep’ (voir ci-contre) s’est même fendu après le match d’un communiqué volontariste où il a certes « remercié les joueurs et le staff pour la qualité du jeu », mais aussi rappelé que « le vrai challenge restait le retour en Pro A ». Les hommes de Germain Castano auront l’occasion de le rappeler à tout le monde dès ce vendredi contre Blois, pour un derby qui promet beaucoup.

Alex Vagner : « oui, je souhaite m'inscrire dans le projet OLB »

interview

Après les propos d’Olivier Carré ouvrant la voie à une privatisation d’Orléans Loiret Basket, Alex Vagner, l'un des personnages clés de la sphère OLB, se positionne publiquement sur le futur du club. Il souhaite, dit-il, accompagner « humblement » son développement, sans« ambition personnelle ». Entretien.

benjamin vasset

Vendredi, le maire d’Orléans a déclaré dans une interview à La République du Centre qu’il ouvrait la porte à un « changement de modèle » pour l’OLB. Qu’en avez-vous pensé ? Considérez-vous que la Ville doit se désengager ?

Alex Vagner : Non. Mais je pense qu’elle doit préparer un projet de privatisation avec certains partenaires passionnés, dans un style peut-être comparable à ce qu’a récemment fait Strasbourg.

Faites-vous effectivement partie de « l’équipe de grands amateurs du sport qui travaille sur le sujet et doit fournir des solutions » à Olivier Carré ?

Oui. Quand il y a eu le choix de construire une grande salle, j’ai envoyé un texto au maire d’Orléans. Ce projet me fait « kiffer », je veux m’inscrire dedans. Et Olivier Carré m’a appelé pour que l’on puisse se voir et en discuter.

Et ?

On s'est vu. On a discuté de la façon dont je voyais les choses. À cette époque, professionnellement, je ne pouvais pas m’engager. Aujourd’hui, j’ai envie. Mais collectivement, et main dans la main avec Olivier Carré, Philippe Pezet et Michel Martin.

La position d’Olivier Carré répond à quel objectif, selon vous ?

Olivier, c’est un économiste. Il a un projet de 100 M€ à mener (le CO'MET, ndlr), et il a compris que le club devait passer un stade. Il a donc ciblé des personnes qui pourraient l’aider. C’est une position intelligente, qui tient compte de modèles économiques à reconstruire. Le président de Strasbourg, Martial Bellon, a dit que dans dix ans, il ne compterait plus sur les subventions municipales. Il faut donc accompagner le club vers la privatisation.

Est-ce à dire que vous avez un projet pour l’OLB ?

Oui, j’ai bâti les contours d’un projet que je dois désormais présenter à Philippe Pezet et Michel Martin sous quinze jours. C’est un projet d’équipe, dont je fais partie avec d’autres personnes. Je ne peux pas les dévoiler aujourd’hui ; à eux de le faire s’ils en ont envie. Je précise que je ne fais rien « contre », je fais tout « avec ». J’ai mûri. J’étais un peu saltimbanque, un peu tête de cochon… Mais là, une professionnalisation est nécessaire. On va avoir l’une des plus belles salles de France, mais on doit aussi penser à la formation, qui devra être un véritable axe de développement dy club.

À quelle échéance comptez-vous vous « investir » ?

Je propose de faire mes preuves, humblement, sur une durée de trois ans minimum. J’espère que le club montera en fin de saison, et j’estime qu’il faudra monter avec un budget raisonnable. J’ai envie de m’inscrire dans ce projet rapidement, en fonction de mes disponibilités et des besoins du club.

Cela veut dire que vous comptez vous investir financièrement ?

À terme, oui. Mais là, il s’agit plutôt d’apporter une pierre à l’édifice pour acter une reconstruction. J’ai envie d’adhérer à ce projet. Et si un jour je suis plus disponible…

C’est une place dans l’organigramme que vous demandez ?

Non, non. Je propose un coup de main. Et après, je ne grandis (sic) que si je fais mes preuves. Je n’ai pas d’ambition personnelle, je veux juste savourer ma passion pour le basket et pour ma ville, rien de plus. J’ai la chance de bien m’entendre avec le maire, avec qui j’étais en fac d’économie, alors…

Mais que pensez-vous, alors, pouvoir apporter ?

Je peux apporter en marketing, en recherche de partenaires… J’ai des idées. Et je veux travailler sur un projet de formation solide, je l’ai dit à Philippe Pezet et Olivier Carré.

« je veux faire mes preuves »

« Pas être le patron »

Selon vous, comment sera reçue cette prise de parole par l’équipe dirigeante actuelle et les supporters du club ?

J’ai des contacts parmi les supporters. Je sais que je ne fais pas l’unanimité, mais je ne vois pas comment cette proposition pourrait être mal reçue. Je veux juste, je le répète, assumer ma passion pour ce club. J’ai été à l’origine de la création de l’Entente et son premier partenaire privé. Je ne veux plus faire comme avant et dire : « je veux être le patron ». J’insiste sur la nécessité d’un travail en équipe.

Pourquoi maintenant ?

Parce qu’avant, je n’avais pas l’ouverture de la mairie. J’ai gagné en crédibilité et en maturité. Et puis, comme je vous le disais, j’ai un vrai dialogue avec Olivier Carré. C’est lui qui m’a dit : « il faut qu’on se voie pour l’OLB ». Je ne veux pas apparaître comme le mec qui arrive en chamboule-tout. Je m’entends très bien avec l’actuel président, Didier Nourault, tout est clair. On est par exemple en osmose sur la formation.

Quelle doit être selon vous la place de l’OLB sur l’échiquier du basket français, voire européen ?

L’OLB doit s’inscrire dans les dix premiers clubs français. On pourrait avoir une dimension européenne avec la nouvelle salle, mais en France, les plus gros budgets restent deux fois inférieurs par rapport aux cadors européens.

Et pour viser cet objectif national, de quel budget le club devrait-il se doter, selon vous ?

Il faudrait un premier « step » à cinq millions, et un deuxième à six. Avec un outil comme le CO’MET, c’est possible, même s’il faut aussi rassembler des partenaires financiers.

Que vous pourriez amener... ?

Je dois avoir une discussion à ce sujet avec Michel Martin. Aujourd’hui, à titre personnel, je n’ai pas « les ronds » pour. Mais je suis en contact avec des fonds d’investissement. J’aime bien aussi le modèle strasbourgeois, où les supporters détiennent 10-15 % des parts du club. C’est important si l’on veut fédérer.

Étiez-vous associés au projet de reprise présenté en fin de saison dernière par Jean-Christophe Pacaud et Laurent Lhomme ?

Non. Je suis toujours en bons contacts avec Jean-Christophe Pacaud, qui est un pote, mais je n’étais pas dans ce projet. Le duo Sciarra-Prat, je ne le cautionnais pas. Laurent, c’est un pote également, même je pense que le départ de Pierre Vincent a été mal emmanché et réalisé à contretemps. L’an dernier, il y avait trop de scissions. Laurent a eu sa part de responsabilités, mais il n’était pas tout seul.

Les Brèves