Les Brèves

  • Les grands départs et les incontournables

    Dans la liste des partants probables, nous avons déjà évoqué Martine Grivot. On pourrait aussi ajouter le grand argentier et l’homme des budgets, le fidèle Michel Martin. Soufiane Sankhon devrait probablement se positionner pour être reconduit aux Sports. François Foussier sera-t-il encore dans une dynamique suffisante pour en reprendre pour six ans ? Seul lui a la réponse. Béatrice Odunlami, quant à elle, se montre beaucoup. Elle est omniprésente. Ce n’est pas nécessairement un signe de volonté de maintien dans l’exécutif actuel, mais peut-être une recherche de notoriété, si LREM se décidait à positionner une liste en face de la majorité actuelle. Mathieu Langlois ne fait pas de vagues, mais son engagement de la première heure au sein de LREM pose aussi question, même s’il fut préalablement attaché parlementaire d’Olivier Carré. Muriel Sauvegrain, première maire adjointe en charge notamment des relations humaines, sera probablement l’une des incontournables. Elle fut, rappelons-le, la directrice de campagne des municipales de 2014. Si on l’a souvent taxée de « Grouard Girl », elle est surtout fidèle en politique. Cette fidélité, elle l’a dédite à Olivier Carré aujourd’hui. Alors, peu de chances que l’exécutif se sépare d’une élue de l’ombre aussi efficace dans un rôle aussi complexe...

L’équation hasardeuse d’un scrutin

Municipales 2020

Ne croyez pas que le simple fait que les prochaines échéances municipales soient programmées en 2020 ne suscitent pas déjà des stratégies et des préparatifs... Dans la majorité notamment, l’équation n’aura jamais été aussi complexe. Quant à l’opposition, le chemin est encore plus long, et nous y reviendrons une prochaine fois...

philippe hadef

Hier, la situation était simple. On retrouvait les partis traditionnels de la droite et du centre et quelques membres de la société civile. Le changement d’écharpe entre Serge Grouard et Olivier Carré semble avoir été plus une source de sérénité que de crispation.

D’ailleurs, stratégie ou pas, l’éloignement du maire du giron des LR le met, de fait, dans une position plus favorable pour 2020, car il n’aura pas à porter les errances des dirigeants républicains.

Mais l’élection à venir sera une alchimie difficile. Certes, Olivier Carré a beau répéter que la recomposition politique n’a pas eu d’incidence sur le travail municipal et n’a en rien déstabilisé le groupe de la majorité ; on pressent néanmoins que des opportunités sont ouvertes pour des groupes constitués ou émergents. « Il y a aujourd’hui, dans notre majorité, des LR, des UDI, des Modem, des LREM, des non-inscrits, et cela se passe très bien, confirme le maire. Pour l’avenir, il n’y a aucune raison de ne pas être dans cette même configuration. Une élection municipale, c’est d’abord un projet. » Il y aura cependant des places à prendre en 2020. Martine Grivot, après un excellent travail au sport et au tourisme, devrait tirer sa révérence. Jean-Pierre Gabelle, lui, affirme d'abord attendre qu'on lui « propose de rester ». Mais ce sera pour être dans la liste et permettre à de nouveaux de monter dans la hiérarchie municipale. Jean-Luc Poisson pourrait aussi décider que son heure est venue de tourner la page. On imagine que d’autres prendront aussi congés car, quoi qu’on en dise, le travail d’élu est exigeant.

L’UDI prendrait-il du poids ?

Ce qui est certain, c’est qu’avec l’association « Orléans 2020 », Olivier Carré prépare le terrain. « C’est pour nous l’occasion d’être encore plus en contact avec les Orléanais. Ce sont des relais qui permettent d’encore mieux appréhender leurs attentes. » Pour Florent Montillot, le « patron » de l’UDI, « la campagne a débuté dès le lendemain de l’élection. Car l’action municipale et son bilan, c’est l’élément de preuve incontournable. » Mais Florent Montillot, s’il « roule » pour la majorité, pense aussi à l’avenir de son parti, d’autant que quelques « têtes couronnées » vont quitter l’assemblée. Évidemment, quant à sa présence, il élude : « c’est prématuré. J’ai une mission qui m’occupe énormément : l’éducation, la prévention de la délinquance et aussi, à la région, l’enseignement supérieur et la défense d’un CHU unique Orléans-Tours. »

Il semble cependant clair que le maire souhaite un renouvellement de l’équipe. « Il a d’ailleurs été toujours réalisé depuis 2001 avec l’arrivée de jeunes dans divers secteurs de responsabilité », dit-on dans la majorité. Mais une chose est sûre pour Florent Montillot : « l’UDI jouera un rôle central ». Comprenez que les strapontins ne seront pas pour les membres de l’UDI.

« je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui sont dans l’opposition »
Nathalie Kerrien, adjointe (LREM) à la culture

En 2020, il faudra pour autant compter avec l’équipe d’En Marche déjà présente dans l’hémicycle, comme l’adjointe à la culture, Nathalie Kerrien. Quand on lui parle de son avenir, celle-ci répond : « pour 2020, je ne vois pas encore les choses de manière hyper précise. Je fais mon boulot avec Olivier Carré, on a des choses en commun sur le plan politique, on est assez proche, parce qu’il est constructif (faut-il y voir un jeu de mots ?, ndlr). Il faudra savoir comment l’équipe sera reconstituée… »

C’est bien là que la situation peut se tendre. Car comme l’a rappelé le responsable départemental LREM, certains LR, par leur positionnement, ne sont pas des alliés souhaitables. Nathalie Kerrien ajoute : « c’est l’appareil politique qui décidera. Je suis, moi, dans l’attente. L’échiquier politique est très large aujourd’hui dans la majorité, et il y a des postures au sein de LR qui sont sur des lignes différentes, ce qui est compliqué pour des personnes comme moi. Moi, je suis dans la majorité présidentielle et je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui sont dans l’opposition. Les gens constructifs, cela va très bien. » S’il y a un exemple qui compte pour Nathalie Kerrien, ce sont les positions, ou plutôt « l’absence de positions de certains LR lors du second tour des élections présidentielles ». On peut donc légitimement supposer que la composition de la future équipe définira – ou non – la présence des LREM dans cette majorité sortante. D’ailleurs, sur le cas précis de l’adjointe à la culture, sa décision personnelle n’est pas encore arrêtée.

Olivier Carré, le rassembleur ?

Ce qui, en revanche, risque de jouer en faveur d’Olivier Carré, c’est tout d’abord l’attitude de Christophe Castaner, secrétaire national LREM, qui ne veut pas d’une catastrophe électorale et a déjà poussé ses troupes à s’immiscer dans les équipes « Macron-compatibles ». Et puis, rappelons aussi qu’une liste ne se construit pas en un jour. Mais si LREM veut attendre de connaître les décisions d’Olivier Carré sur l’avenir de certains LR, les « macronistes » auront raté le train. Il va donc y avoir un timing très serré à gérer du côté de la fédération départementale LREM, surtout qu’il faudra aussi compter avec les élections européennes qui pourraient servir de pseudo-tour de chauffe, même si l’on connaît le peu d’appétence des Français pour cette élection. Seule certitude à ce jour : Olivier Carré sera tête de liste et fera tout pour rassembler un puzzle le plus homogène possible en mettant en avant son programme.

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