Les Brèves

  • Paris est magique

    J’ai toujours une vraie passion pour la télévision… et plus encore pour les chaînes d’information continue. Il est vrai que l’intérêt est de faire, en 20 minutes, un tour des grands pans de l’actualité du jour. Une fois que l’on a passé la liste des élus, ministres et autres édiles soupçonnés de choses diverses – suscitant parfois des débats irréels –, et la liste des faits divers les plus horribles, on en arrive souvent au sujet du jour.

    Et récemment, le sujet n’était autre que la neige. Ces héroïques aventuriers parisiens abandonnés à leur propre sort sont entourés de caméras. Et l’on sait tout, minute après minute sur l’état de la capitale française et de ces naufragés.

    Et l’information est ainsi traitée durant de longues heures, laissant à penser à tout étranger qui arriverait pas hasard sur cet écran que la France c’est Paris ! Car oui, le plus amusant était bien de voir l’attention portée par ces médias sur les horaires de trains, de RER, les conditions de circulation et la météo des jours qui suivaient.

    À croire vraiment qu’il ne se passait plus rien ailleurs et que la France tout entière se devait d’avoir les yeux braqués sur les Parisiens. On imagine d’ailleurs que dans certains secteurs de la France, on devait regarder cela avec une pointe d’humour…

    Alors pourquoi Paris a-t-il toujours droit à cette ridicule série de reportages dans ce genre de circonstances. Deux réponses possibles. La première serait que les rédactions sont persuadées que la France entière s’inquiète pour le sort de Paris et de ses habitants. La seconde pourrait aussi être pratique. Compte tenu des conditions météorologiques les journalistes ne pouvaient pas sortir de Paris ! Quant aux équipes en région… Elles étaient peut-être toutes en congés…

Clément Huchet L’art de partager

Tombé follement amoureux d’Orléans, Clément Huchet s’est lancé dans la conception de planches apéritives gravées d’une fresque représentant la cité johannique. Un bel hommage qui pourrait ne pas s’arrêter là. claire seznec 


Un café ou une bière ? L’heure de l’apéro a sonné, ce sera une (petite) bière blonde pression, au chaud, sur la banquette rouge d’une brasserie d’Orléans. Après avoir posé smartphone et lunettes de soleil sur la table, Clément Huchet sort de son sac une planche de bois. Dessus, il a fait graver un dessin qu’il a fait le 31 juillet dernier précisément. « C’était le soir, un ami photographe, J-B, m’envoyait des photos en noir et blanc qu’il avait prises d’Orléans et j’ai commencé à dessiner les contours des monuments que j’y voyais », se souvient le jeune homme. D’abord la cathédrale, « symbole de la ville », puis la forme de la gare, l’église Saint-Donatien, le pont Royal et pont de l’Europe, les arcades de la rue Royale. Les vieilles pierres côtoient parfaitement les lignes modernes. En y réfléchissant bien, cette vue, c’est celle des cartes postales, celle que l’on admire du côté sud de la Loire, sur le quai de Prague. En plus des clichés de son compère photographe, le fait que Clément traverse chaque jour le fleuve pour se rendre au boulot – monsieur est comptable depuis quelques années, participe sans aucun doute à son inspiration. « Orléans, c’est quand même super beau », souligne celui qui s’y est installé il y a tout juste un an. Auparavant, il y venait pour aller au restau, pour aller boire un verre entre copains dans la rue de Bourgogne. Mais pour lui, « y vivre, c’est différent » : il y a les balades avec son chien au bord de la Loire, les virées au cinéma, et les rencontres, évidemment.

Loin du business de l’art

Présent sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram qui permet de partager des photos par centaines, Clément a tissé des liens avec des Orléanais. Parmi ses contacts, on compte donc le photographe J-B Sans Nom, les deux blogueurs (entre autres) Monsieur l’amoureux et Madame l’amoureuse, mais aussi la créatrice Didoux, installée au Moule à Gaufres. « Passer du virtuel à la rencontre réelle est important, affirme-t-il. J’essaie de conserver des liens avec chaque personne que je rencontre. » D’ailleurs, il faudra bientôt qu’il se rende à Saint-Jean-de-Braye afin de voir un couple qui lui a acheté un meuble. Oui, car il est aussi connu pour ses créations de meubles en métal poncé. Une passion qui l’a étreint il y a deux ans, alors qu’il dut créer ses propres objets en en transformant d’anciens. « Ça me change les idées », confie-t-il. Dans le garage de ses parents, ou dans la petite cabane, à côté de chez lui, la poussière de métal et de bois devient la maîtresse des lieux. Pendant des heures – parfois jusqu’à une soixantaine, Clément mêle les deux matériaux, l’un froid l’autre chaud, au gré de ses envies, sans pour autant se forcer à créer. « C’est pas un business ni mon métier, précise-t-il. Si c’était le cas, ça n’aurait plus de charme. » Comme pour attester ses dires, aujourd’hui, il a une idée de lampe en tête. Elle est dessinée mais pour le moment, l’artiste créateur n’a pas envie de la réaliser.

Investi en ville

Il faut dire que sa fameuse fresque d’Orléans lui prend une bonne partie de son temps libre. Depuis qu’il l’a gravée sur bois à l’aide de Didoux, il a lancé un financement participatif sur la plateforme Ulule pour en faire des « planches apéro », un objet synonyme de partage pour lui. Partage avec les autres, mais aussi partage artistique puisqu’il a décidé de faire travailler les artisans locaux sur ce projet. Doucement, Clément en parle autour de lui, se rend dans les commerces, les restaurants et les bars d’Orléans pour leur proposer d’en pré-commander. Soutenu par Make in Loire Valley, il espère que sa planche fera son bout de chemin sur les tables. Car, à l’avenir, pourquoi ne pas décliner le dessin en mugs et autres souvenirs touristiques ? Déjà, une gamme de vêtements pourrait voir le jour avec une enseigne orléanaise...

« orléans, c’est quand même super beau »

En attendant la concrétisation du projet, Clément s’investit dans l’organisation du TedX 2018, « une initiative qui m’inspire vachement » lance-t-il enjoué. Il prépare aussi une exposition de ses lampes et meubles en métal au château de Saint-Jean-le-Blanc aux côtés de J-B, de Bout de Zinc et de Colette Machard-Sevestre pour le mois de mars. Rien que ça. 

Les Brèves

  • CV

    09/11/90 : naissance dans le Loir-et-Cher

    Janvier 2017 : arrivée à Orléans

    Février 2018 : crowdfunding pour son projet