Les Brèves

    Un autre stade est-il possible ?

    Équipement sportif

    L’USO Foot veut ouvrir un Centre de Formation au stade de La Source, en lieu et place de l’actuelle Auberge de Jeunesse. Au-delà de cette évolution, le territoire peut-il faire l’économie d’un nouveau stade dans les années qui viennent ?

    benjamin vasset

    Le stade de La Source, un vendredi soir de janvier : cinq degrés au thermomètre et à peine 3 500 personnes pour soutenir l’USO qui accueille Reims, leader de Ligue 2. L’affiche est belle, l’issue incertaine et en outre, cette saison, l’USO joue plutôt bien au foot. Mais voilà : « c’est vide… », comme le lance un internaute sur Facebook en voyant apparaître une photo des gradins clairsemés. Depuis août 2014, Orléans a retrouvé la Ligue 2 (entrecoupé d’une redescente d’un an en National), mais un engouement populaire sur la durée peine à se dessiner autour du plus gros club de foot du Loiret. Le constat est là : la métropole orléanaise, où habite plus de 300 000 habitants, n’arrive pas à remplir un stade de 7 439 places. Ce dernier est d’ailleurs souvent désigné coupable pour expliquer ce manque d’entrain. Ouvert aux quatre vents, avec sa buvette derrière les buts et sa tribune en tubulaire, le stade de La Source a des allures certes champêtres et sympathiques, mais n’est pas tout à fait en adéquation avec les ambitions d’un club de foot professionnel. Si, rêvons un peu, l’USO venait un jour à monter en Ligue 1, l’enceinte orléanaise pourrait en l’état être retoquée par les instances, puisque la Ligue de Football Professionnel recommande, pour ce niveau de la compétition, une capacité d’accueil d’au moins 20 000 places assises… et couvertes. Alors certes, il y a eu des contre-exemples dans l’histoire récente : en 2015-2016, le Gazélec Ajaccio a bien passé une saison en Ligue 2 dans un « stade » de 4 000 places qui ressemblait à un aimable jardin public...

    « Ce serait un super projet »

    Mais gouverner c'est prévoir : clairement, le football orléanais et son club fanion peineront à franchir des paliers s’ils ne disposent pas, à long terme, d’un outil neuf et fonctionnel. C’est en tout cas la position que défend Soufiane Sankhon. « Cela fait longtemps que je milite pour un nouveau stade, affirme l'adjoint aux Sports. J’en avais parlé à Serge Grouard, j’en reparle à Olivier Carré. J’ai son oreille. Cela serait structurant pour le territoire. » L’élu imagine même qu’un stade avec une jauge comprise entre 12 et 15 000 spectateurs pourrait faire l’affaire. Il dit aussi visiter régulièrement d’autres stades en France et s’imprégner de ces expériences. Du côté de l’USO, Philippe Boutron, le président de la SASP, convient que « ce serait un super projet », mais tempère : « quand je vois l’inertie de certaines prises de décision avec l’exemple du POCL… »

    Que les fans de foot et/ou les contribuables ne s’emballent pourtant pas, dans un sens comme dans l’autre : un tel chantier n’est pas pour demain. D’abord parce qu’en 2020 doit être livré CO’Met, une infrastructure qui va coûter plus de 100 M€ à la collectivité. Pas tout à fait le prix d’une saucisse-frites à la buvette de La Source. Soufiane Sankon estime cependant qu’à 30-40 M€, la construction d’un stade est jouable. À titre de comparaison, le MMA Arena du Mans, construite en 2011 et d’une capacité de 25 000 places, avait coûté 104 M€. Dans un dossier de ce type, à la fois financier et politique, des « arbitrages » et des prospections sont évidemment à faire. La calculette pourrait donc chauffer, mais dans les deux sens : la Ville d’Orléans a en effet investi depuis l’été 2014 près de 4 M€ pour mettre le stade de La Source aux normes. Cette année, 1,7 M€ sont remis au pot pour bâtir un nouveau terrain sur le site, destiné à la réserve et à l’équipe féminine de l’USO. 900 000 € (dont 400 000 € pour l’entretien des terrains) sont en outre fléchés chaque année par la municipalité pour le fonctionnement du complexe. La question est donc simple : un nouveau stade ne coûterait-il pas moins cher, sur la durée, que des opérations régulières de « rustinage » ?

    « Je milite pour un nouveau stade »
    Soufiane Santon, adjoint orléanais aux sports

    Olivier Carré devait se rendre prochainement au stade de La Source pour évoquer avec l’USO le futur proche de l’enceinte, lequel est aujourd’hui lié à la stratégie de développement du club. Depuis des mois, celui-ci réclamait l’aménagement d’un espace réceptif dans la Tribune d’honneur, en lieu et place de l’actuelle Auberge de Jeunesse. La Ville s’était fixé comme deadline le mois de mars pour la « déménager ». La semaine dernière, Soufiane Sankhon affirmait avoir « trouvé un endroit », situé « au nord de la Loire ». Il manquerait encore l’aval d’Olivier Carré, mais le lieu « conviendrait » déjà, selon l’adjoint aux Sports, aux personnels de l’Auberge.

    Un centre de formation pour 2019 ?

    Ce dossier en passe d’être réglé, cela signifierait-il que les travaux concernant l’espace réceptif commenceraient dans la foulée ? Non, parce que l’USO « a changé son fusil d’épaule », déclare Philippe Boutron. En effet, le club veut désormais implanter dans la... Tribune d’honneur ce Centre de Formation qui lui manque aujourd’hui cruellement, tant du point de vue sportif que financier. Grâce à cette infrastructure, de jeunes pousses garniraient les rangs de l’équipe première et pourraient ensuite rapporter des revenus en cas de transferts. Un Centre de Formation permettrait aussi à l’USO d’engranger potentiellement 2 000 points dans le cadre de la « licence club » délivrée par la Ligue de Football Professionnel, laquelle débloque des droits TV supplémentaires. Le président de l’USO se dit optimiste sur une ouverture de ce centre à l’été 2019.

    En contrepartie, Philippe Boutron indique que le chapiteau qui accueille les partenaires les soirs de matchs sera étendu. Des partenaires qui couinent d'ailleurs régulièrement quand il s'agit de se garer sur le parking qui leur est réservé en face du stade les soirs de match. Par temps de pluie, l’endroit se transforme en mare aux canards et l'on y patauge gaiement dans une grosse bouillasse. En 2014, l’endroit avait pourtant été aménagé avec du « calcaire renforcé » et l’opération avait coûté 30 000 €. « C’est une question qu’on va devoir se reposer prochainement », répond Soufiane Sankhon, qui sait que ces conditions d’accueil inconfortables ne participent pas tout à fait à la renommée du stade de La Source…

    Les Brèves

    • « Je ne bougerai pas d’un millimètre »

      Depuis le début de la saison, les Drouguis, supporters les plus bruyants de l’USO, demandent à la Ville de construire une nouvelle tribune couverte à La Source (derrière le but le plus proche de l’entrée du stade) où ils pourraient se regrouper et chanter à leur guise. Mais Soufiane Sankhon ne veut pas en entendre parler en l’état, car il juge les Drouguis responsables de dégradations commises à La Source. Il demande avant toute discussion le paiement d’une « ardoise » qu’il estimait à l’automne à « 1 000 € ». La semaine dernière, après un « nouveau chiffrage », il a relevé le montant de celle-ci « à 2 400 € ». « Sur ce dossier, je ne bougerai pas d’un millimètre », affirme Soufiane Sankhon. Les Drouguis ont indiqué pour leur part avoir envoyé la semaine dernière à la Ville le projet de nouvelle tribune qu’ils envisagent.