Les Brèves

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    C’est le nombre de nouvelles formations – pour 376 places disponibles – qui seront ouvertes dans les CFA à la rentrée prochaine.

La Région met le paquet… mais craint pour l'avenir

Formation et avenir

Si la Région Centre-Val de Loire dit clairement se mobiliser pour la formation, elle souffre aussi d’un manque d’accompagnement de l’État. Cela a d’ailleurs été le constat du président François Bonneau au moment de dévoiler la carte des nouvelles formations sur le territoire régional. 

Philippe Hadef

Oui, le président de la Région Centre-Val de Loire le concède, l’État fait des efforts au niveau de l’école primaire en termes de formation des jeunes générations. Mais François Bonneau comprend aussi que les budgets n’évoluant pas considérablement, cette mobilisation sur l’enseignement des plus jeunes a quelques répercussions sur les équilibres. D’autant que, avec les nouvelles compétences de la Région -qui ne se soldent pas pour autant par une augmentation de son budget dans les proportions espérées- il a fallu faire des arbitrages.

26 millions de plus pour la formation

Avec bien évidemment l’emploi et l’économie au nombre des grandes priorités, c’est un budget supplémentaire de 26 M€ qui a été posé sur la table pour continuer à produire des formations réactives aux besoins du territoire. « Ce fut un budget sous haute tension, précise François Bonneau, mais il faut aussi répondre à l’attente des habitants. »

D’ailleurs, le président de la Région Centre-Val de Loire le précise : « 80 % des nouvelles places disponibles dans le cadre de l’apprentissage sont portées par notre seule collectivité, 20 % seulement par l’Éducation nationale. ». Il sait également que dans le courant du mois de janvier, des discussions interviendront entre le Gouvernement et les organisations patronales pour « revenir à une politique centralisatrice ou à une forme de privatisation de l’apprentissage ». Et cette option, François Bonneau la refuse en bloc.

478 places nouvelles pour la rentrée 2018

Et ce d’autant que le dialogue existe déjà avec les différents acteurs économiques régionaux, notamment quand il s’agit de préparer la carte des nouvelles formations. Celle de 2018 est dorénavant validée (voir ci-contre). Elle s’est particulièrement focalisée sur les métiers d’avenir et en tension. Ce sont ainsi 478 places nouvelles qui seront proposées dans les lycées et les CFA.

« L’accès de tous les jeunes et adultes à une qualification est un véritable enjeu sociétal, et l’élévation des niveaux de qualification est une réponse aux besoins en compétence tant des entreprises que des publics dans le cadre de leur parcours de formation tout au long de la vie », indique ainsi François Bonneau.

« accueillir 23 000 apprentis en 2022 »

Mais, et parce qu’il l’a toujours clamé, le président de la Région rappelle qu’il est nécessaire « de faire de l’apprentissage une voie de formation à égalité avec les autres voies, en créant des conditions d’accès adaptées pour tous les publics, y compris jusqu’à 30 ans. » Si l’on évoque là des publics divers, l’objectif est chiffré pour 2022 : accueillir 23 000 apprentis. Actuellement, les CFA ont enregistré un chiffre en hausse pour 2017 puisque, à la date du 1er janvier 2017, ces 41 centres de formation par l’apprentissage accueillent aujourd’hui 18 639 apprentis, contre 17 902 en novembre 2016.

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  • EN BREF / RÉGION

    Moyens : 308 millions pour l’éducation

    308 millions d’euros : c’est la somme que consacrera la Région Centre-Val de Loire dans son budget récemment adopté à destination de l’éducation et à l’enseignement supérieur. Le budget de la collectivité pour l’année 2018 s’équilibre à 1,441 milliard d’euros (968 M€ pour le fonctionnement, 463 pour l’investissement).


    Finances : « On nous a fait les poches ! »

    François Bonneau a du mal à garder son sang-froid lorsque l’on évoque les relations financières existantes entre l’État et la Région : « On nous a fait les poches de 19 millions d’euros cette année. De fait, il est évident que ce n’est pas un budget " pépère " qu’il a fallu préparer… » Le chef de l’exécutif régional est d’autant plus remonté qu’il estime aujourd’hui impossible de continuer « à faire la trésorerie de l’État sur le ferroviaire ou l’enseignement supérieur » en venant compléter des enveloppes gouvernementales qui manquent parfois de contenu.


    Mobilité : La SNCF épinglée

    La mobilité est évidemment un enjeu stratégique pour un territoire, et notamment pour la Région Centre-Val de Loire, qui en a dorénavant la responsabilité. Le ferroviaire justement… C’est évidemment un budget conséquent, qui doit aussi compenser des recettes manquantes : « cette année, la fraude est de 11,8 % sur les trains régionaux, explique François Bonneau. C’est un vrai manque à gagner. Quand on prend un service public on le paye, sinon on ne le prend pas. »

    Sur le dossier du train, les relations sont également tendues avec la SNCF, car la Région attend un service de qualité « qui n’est pas au rendez-vous ». Et François Bonneau, sauf à avoir des assurances complémentaires, assure qu’il ne « signera pas la convention avec la SNCF ».